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jeudi 31 octobre 2019

Les frondeurs du Likoud neutralisés


LES FRONDEURS DU LIKOUD NEUTRALISÉS

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
           
Remettre le Likoud au sein de l'Etat

          L’affiche qui met en avant quatre dirigeants du Likoud qui veulent remettre le Likoud, sans Netanyahou, au sein de la gouvernance d’Israël est un acte courageux mais qui n’est pas suivi d’effet probant pour l’instant. Ils prennent des risques limités car, tant que l’éventualité d’un nouveau scrutin n’est pas levée, ils peuvent être virés sans ménagement de la liste des prochains candidats comme ceux qui faisaient partie du «nouveau Likoud».



Nouveau Likoud : Nir Hirshman et Hadar Weisman

            En 2011 une tentative de rébellion au sein du Likoud a été vite matée. Les nouveaux likoudniks (militants du Likoud), comme ils se prénommaient alors, avaient constitué une fraction libérale dans le cadre des manifestations de justice sociale. L’objectif déclaré du groupe était d’amener à eux ceux qui croient dans les valeurs décrites dans la Constitution du Likoud et de les inciter à soutenir leurs candidats afin de pousser les intérêts de la classe moyenne au sein du parti.
            Le groupe a commencé à se développer fin 2016, passant d'environ 3.000 membres à plus de 12.000 sur un total de 100.000 membres du Likoud. La faction a tenté de promouvoir ses 14 candidats lors des primaires de 2019 mais le comité central a interdit leur candidature et la plupart d'entre eux ont été expulsés du Likoud sous accusation d’être des infiltrés de gauche. Seul Nir Hirschman a échappé à la purge. Pour Netanyahou : «Ce ne sont pas des Likudniks et ils ne sont pas nouveaux. Ce sont de vieux gauchistes». Nul n’a le droit de contester les décisions du Lider Maximo au sein du parti. On comprend ainsi pourquoi les frondeurs font actuellement profil bas en attendant d’être sûrs que des élections n’auront pas lieu en 2020. C'est pourquoi, au lendemain de la constitution d'un gouvernement minoritaire, ils seront les premiers à rejoindre Gantz.
            Mais cependant, les contestataires doivent aujourd’hui mesurer le danger qu’il y a à rester en retrait politique. S’ils ne prennent pas la décision de secouer le cocotier, ils pourraient se trouver sur les bancs de l’opposition face à une liste arabe ragaillardie par son soutien à Bleu-Blanc. On a qualifié Benny Gantz de «mou et d’incapable» mais en fait, il est ferme sur ses intentions et il ne se désistera jamais de son droit de constituer un gouvernement malgré les difficultés.  
         D'autre part ils vont malgré eux être victimes de "boules puantes" pour les décourager. Ainsi le fils de Netanyahou, dont on connait le niveau de son QI, a accusé à la télévision Gideon Saar de viol sur sa secrétaire. Si après cette accusation non étayée, Saar a toujours des scrupules pour quitter la famille, alors on ne comprend rien!
Est-ce une rediffusion ou un lancement de la prochaine saison ?

            Sauf à caractériser les militants du Likoud d’idéologues bornés ou intoxiqués, on ne comprend pas leur loyauté envers un leader démonétisé, qui a eu deux échecs législatifs successifs sans compter ses problèmes judiciaires, et qui joue la politique de «moi ou le chaos» en privilégiant un troisième tour de scrutin qui sera tout aussi stérile que les deux précédents. Il veut gagner du temps jusqu’en mars 2020 pour rester premier ministre de transition ce qui lui assure une immunité judiciaire. Pour lui, l’intérêt du pays compte peu.  L’entêtement des uns et des autres peut conduire à une solution bâtarde contraire aux intérêts immédiats du pays. Le danger rôde, l’économie trébuche après une année sans mesures économiques gouvernementales indispensables et la diplomatie souffre par l'absence d’un gouvernement respecté à l’étranger. Fait rare, toutes les ambassades israéliennes ont été fermées en raison d'une grève pour des questions financières car les diplomates s'estiment mal défendus. 
            Il appartient au Likoud de décider s’il ne veut pas retomber à 12 sièges comme en 2006 parce qu'à l'époque l’entêtement de Netanyahou avait poussé à la création de Kadima d'Ariel Sharon. La population est convaincue du besoin de changement. Le premier ministre a fait son temps après dix années au pouvoir mais, pour consolider sa coalition et sauver son poste, il a permis une mutation de son parti vers l’extrême-droite et une plus grande implication dans les affaires de l’Etat des partis religieux orthodoxes dont le seul objectif au sein du gouvernement est de pomper le maximum de subventions pour leurs écoles talmudiques. Les militants historiques du Likoud se sont largement exprimé à ce sujet de manière négative.
            Or l’alternance politique est bénéfique pour tous les pays car elle insuffle de nouvelles idées portées par de nouveaux hommes pour éviter de tomber dans la routine, et pour certains dans le désespoir quand ils sont abandonnés au bas de l’échelle.
            La droite en France s’est décomposée par la volonté d’un seul homme égoïste et a disparu du spectre politique. Le Likoud dans l’opposition pourrait suivre le même sort. L'ingratitude des électeurs est légendaire. C’est pourquoi, devant ce risque probable, Netanyahou se rehausserait en se retirant dignement pour laisser aux historiens le soin de juger ses dix années de service et au Likoud de rester aux affaires. 
Netanyahou et May Golan
                 
            Mais certains jeunes, à l’image de la courageuse May Golan, n’ont pas froid aux yeux. May Golan est née à Tel Aviv dans une famille juive orientale, d'une mère juive orthodoxe célibataire qui a fait son alyah d'Irak alors que May était âgée de 3 ans. Elle est entrée en politique active en 2011 à la tête d’une campagne de sensibilisation sur l'impact de l'immigration clandestine sur le sud de Tel-Aviv. Elle a fait ses premières classes aux élections du 22 janvier 2013 sur la liste du parti d’extrême-droite Otzma Le Israël, sans réussir. Lors des élections du 17 mars 2015, classée 32ème sur la liste Likoud, elle a été élue.  Mais 34ème aux élections du 17 septembre 2019, alors que 32 sièges étaient alloués, elle n’est pas revenue à la Knesset. Elle a été effectivement déçue d’avoir raté la Knesset, à deux sièges près, alors que le Likoud devait bénéficier de sa fusion avec Koulanou et Zehut qui regroupaient 6 sièges à eux deux.
May Golan à la télévision 
            Elle joue le rôle de passionaria anti-immigrants illégaux ce qui ne la rend pas suspecte de gauchisme. Et pourtant elle n’a pas hésité à contrer le premier ministre en lui disant que les jeunes Israéliens quitteraient le pays s'il reprenait son poste de premier ministre. Elle est une des rares à refuser ouvertement de faire preuve de loyauté à l’égard de son leader. Mais devant le tollé général, elle s’est reprise en modérant la phrase que «les gens ont mal interprétée». Il est difficile de contrer un premier ministre encore aux affaires, même s’il a un genou à terre.

            D’autres sont aussi prêts à s’affranchir du devoir de loyauté malgré le risque de ne pas être élus. Entre avril et septembre 2019, malgré l’apport de Koulanou et de Zehut, le Likoud a perdu 7 sièges et 179.509 voix. Le résultat de 2020 pourrait être pire car l’opinion publique est lasse de ces élections à répétition, qui coûtent très cher, pour le bon vouloir d’un seul dirigeant. Il est certain que le Likoud laissera encore plus de plumes au profit du centre et de la gauche  et même des Arabes, par dépit surtout.
            La balle est dans le cas des frondeurs, d’une dizaine d’entre eux qui pourraient faire le choix de rejoindre une coalition nationale lestée de ses extrémistes. Le pays a besoin d’eux. Sinon, ils rateront une mandature et tomberont dans l'oubli.

2 commentaires:

isaac a dit…

vous devriez completer le tableau de gauche de avril avec les votants des tous les partis arabe, afin de bien voir l'evolution sur le tableau de droite , celui des dernieres elections;

votre position es antiBIBI depuis longtemps , le likoud a perdu 3 sieges et bleu blanc 2, a part les extrapolations de Kahlon ou de Feiglin ;
ce qui es important cest que je compte 400 mil votants de plus, reparti comment ?
bibi il y a une dizaine de annees je crois a baisse les allocations des familles nombreuses dont beneficiaent surtout les partis dits religieux, et leconomie sest ameliore ainsi que les investissements etrangers etc et grace au Directeur Banque de Israel, Stanley Fisher, choisi par qui ???

Unknown a dit…

Bibi a été un grand leader et maintenant il est temps pour le bien de la nation, qu'il démissionne et donne la direction du likud a gideon Saar ou nir Barkat, les jeunes du likud ayant de l'experience ! Démissionner ferait de Bibi un grand homme politique qui pense avant tout a sa nation ! rester met en peril la nation, autres elections, gouvernement bleu blanc avec les arabes et les bobos gauchos qui ont un agenda suicidaire pour Israel !
Naomie