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samedi 7 septembre 2019

Spirale infernale de Hong Kong par Dov ZERAH



SPIRALE INFERNALE DE HONG KONG

Le point de  Dov ZERAH





Nous y sommes. C’est la rentrée.
Les sujets ne manquent pas : la guerre commerciale, les perspectives de récession, l’inversion des taux d’intérêt, la flambée de l’or, de l’argent, de tous les métaux, la prolifération des crypto-monnaies, la crise argentine, le Venezuela qui continue de s’enfoncer dans la crise, la tragédie de la forêt amazonienne, le BREXIT, la nouvelle coalition italienne avec l’exclusion de la droite extrême de Mattéo Salvini, la montée de l’extrême droite allemande, les perspectives tunisiennes avec la future élection présidentielle, l’Algérie dont plus personne ne parle, la guerre civile libyenne, l’Occident et la Russie, les négociations entre les États-Unis et le Talibans, la crise avec l’Iran avec tous ses effets collatéraux, et enfin, sans prétendre à l’exhaustivité de cette liste, la crise politique à Hong Kong.



Nous aurons l’occasion de revenir au cours des prochaines semaines sur certains de ces sujets chauds. En attendant, ce qui frappe, c’est la poursuite de la crise politique à Hong Kong, un vrai grain de sable, pardon de riz pour Pékin.
Après avoir bloqué le processus législatif d’adoption d’une loi d’extradition, les manifestants n’ont pas hésité à envahir le conseil législatif, à bloquer les accès à l’aéroport, à déployer l’ancien drapeau de l’ex-colonie britannique et même à brûler le drapeau chinois, à faire usage de cocktails Molotov.
Faute de solution depuis trois mois, la crise s’est radicalisée. Alors que le mouvement était fondamentalement non violent au départ, le recours à la violence semble devenir monnaie courante, une sorte de spirale alimentée par la mise sur la toile de vidéos présentant les exactions de la police qui semble recourir aux triades inféodées à Pékin. Les plus radicaux ont maintenant un nom, les «frontliners» ; quant aux hommes en noir des forces spéciales, ce sont «les raptors».
Rien ne semble arrêter les manifestants. La sévère répression policière ne les décourage pas, et semble même renforcer leur détermination malgré le millier d’interpellations et l’arrestation de trois députés démocrates. Rappelons qu’il y a eu jusqu’à deux millions de personnes dans les rues. Sur une population totale de près de 7,5 millions d’habitants, cela représente un quart de la population totale. Pour mesurer l’ampleur de la contestation, imaginez 15 millions de gilets jaunes dans la rue.
Il semble que le mouvement va se poursuivre et que l’exceptionnel courage des manifestants va aller jusqu’au bout pour contrarier la volonté pékinoise d’assujettir Hong Kong à la loi chinoise. L’impasse est totale.
Comme je vous l’indiquais dans ma chronique du 18 juin, Xi Jinping n’a cessé depuis cinq ans de renforcer son pouvoir sur la Chine. Au cas particulier de Hong Kong, cela se traduit par un grignotage systématique et régulier des libertés. Or, en récupérant l’île en 1999, les Chinois s’étaient engagés à préserver jusqu’en 2049, le statut spécial de l’ancienne colonie britannique, d’où la formule «un pays, deux systèmes». Avec cette crise, les Chinois ne respectent pas un engagement international pris avec les Britanniques, et plus généralement avec la communauté internationale. Elle ne peut se désintéresser. Ce n’est pas une crise interne à l’Empire du Milieu !

Tien An Men

Pékin est placé face à trois possibilités :
- Le parti communiste chinois (PCC) ne peut donner satisfaction à la rue de Hong Kong, car il aura alors du mal à contenir l’effet de contagion sur le continent. Le PCC se trouverait confronté à sa hantise, la réédition de l’effondrement du système soviétique comme un château de cartes…Il peut en aller de la survie du régime !
- Laisser pourrir la situation avec tous les inconvénients en termes d’image, et le risque d’une grave détérioration de la situation économique, la généralisation de l’attentisme des opérateurs économiques, voire leur départ… 
- Intervenir militairement, et c’est la réédition de Tien An Men. Ce scénario déboucherait sur une crise internationale avec, comme en 1990, l’édiction de sanctions contre la Chine, une véritable déflagration aux inéluctables conséquences surtout en cette période de guerre commerciale…
   Aucun des scénarii n’est satisfaisant pour les Chinois, mais ce dernier serait une catastrophe internationale.

1 commentaire:

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Une erreur de calcul de Pékin pourrait surtout lui coûter terriblement en terme d'image, vu que ce qu'avaient fait les JO et la période d'ouverture à l'Occident, qui était encore assez fragile, pourrait se réduire à néant et le régime deviendrait alors aussi détestable aux yeux des acteurs économiques et culturels que la Corée du Nord. Toute la stratégie de conquête de sa place au soleil de la Chine à l'international pourrait en pâtir irrémédiablement pour les années à venir.

Je ne suis pas tout à fait un robot...