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lundi 30 septembre 2019

Irlande et Brexit, le gagnant inatendu par BAZAK


IRLANDE ET BREXIT, LE GAGNANT INATTENDU

Par BAZAK

Ce qui devait permettre au Royaume Uni de redevenir la puissante Albion d’avant 1914 se transforme en catastrophe annoncée, au moment où la Cour suprême de justice anglaise a déclaré illégale la suspension du Parlement par Boris Johnson. Plus on approche du 31 octobre, plus cette échéance laisse présager une sortie «dure» de la Grande Bretagne. Le no-deal, qui aurait pu et dû être une sortie apaisée de l’UE, semble maintenant se diriger tout droit vers une déroute.



Le premier ministre anglais a voulu redevenir un acteur incontournable sur la scène internationale, mais a largement surestimé sa capacité face aux institutions anglaises. On s’approche au plus prés du début d’une crise grave dans le royaume. Pourtant, un pays pourrait tirer les marrons du feu, l’Irlande. Certains responsables irlandais, un peu lyriques, voient dans le futur, leur pays comme une île au milieu d’un continent et pas comme une île que cacherait une autre île.
On s’attend évidemment à une crise en raison du différend sur la frontière avec l’Irlande du Nord où l’on peu craindre des remous qui pourraient réactiver les graves problèmes du passé, réglés par les accords du Vendredi Saint de 1998. On ne peut ignorer la renaissance d’un nouvel IRA, qui a déjà commis des attentats. Cependant la population rejette les violences et s’oppose à une nouvelle période de conflits. Les analystes pensent qu’à court terme, l’Irlande pourrait perdre jusqu’à 6 milliards d’euros. Dans cette perspective, l’UE a déjà prévu une aide de plusieurs milliards qui, combinée avec la politique menée par l’Irlande, pourraient probablement permettre de surmonter cette période.


A plus long terme, dans l’ère post-Brexit, le pays pourrait se transformer politiquement et jouer un rôle beaucoup plus important sur la scène internationale. Le Brexit a déjà mis en évidence une réalité, tous les Irlandais à plus de 80%, sud et nord, aspirent à l’unité. L’argument des Unionistes de l’Irlande du Nord, pour qui l’union avec la Grande Bretagne présentait plus d’avantage décline, à telle enseigne qu’on estime que 150.000 adhérents pourraient renoncer à leur allégeance. Ce qui constitue un tournant important. La très grande majorité des Irlandais sont très attachés à l’intégration européenne. Dans le même temps le parti nationaliste Sinn Fein plutôt de gauche, y trouve également son compte pour d’autres motifs.
Une Irlande post-Brexit entraînerait très probablement un aggiornamento des principaux partis : Fianna Fail, Fine Fail, Fine Gael, labour travailliste qui sont par nature plutôt centristes et libéraux. Le Sinn Fein se positionne plus à gauche et le seul à contester toutes les élections, dans les deux Irlande. Il bénéficie cependant d’une grande popularité et d’un large soutien au sein de la diaspora irlandaise et aux États-Unis.  
Il pourrait devenir le plus grand parti dans une Irlande réunifiée. En tout état de cause ce parti jouera un rôle important à l’avenir car cette réunification impliquera une coalition pour gouverner. En Irlande du nord, les forces politiques présentes devraient revoir leur positionnement, voire fusionner avec les partis existants et changer de programme. Les partis Unionistes, tel le Democratic Unionist Party qui bénéficie d’un large soutien des chrétiens évangélistes au nord, par ailleurs pro-israéliens, pourraient se reconvertir de façon à inclure également les catholiques traditionalistes, qui se considèrent désengagés en raison de la politique sociale progressiste durant la dernière décade dans la république.
Ces bouleversements pourraient conduire à la constitution d’un parti chrétien démocrate réunissant catholiques et protestants. Parallèlement, la social-démocratie et le parti travailliste, traditionnellement représentatifs des classes moyennes et supérieures irlandaises, pourraient renaître en fusionnant avec Flanna Fail ou Fine Gael. Ces changements se traduiraient par la création de trois forces représentatives des idéologies de gauche, du centre et de droite. Une Irlande réunifiée, pacifiée et prospère serait une excellente vitrine du succès de l’intégration dans l’UE. Elle pourrait devenir un lien fort entre l’UE, l’Amérique et l’Angleterre new look. Une réalité s’impose, la république d’Irlande est déjà un centre majeur pour les échanges entre les LGBT américaines et le continent. Les sociétés américaines y emploient actuellement 150.000 salariés et ont déversé 4,25 milliards dans l’économie en 2017.
Dans les suites du Brexit, les grandes banques américaines ont prévu de déménager à Dublin. L’Irlande absorbe 5% des exportations anglaises et y exporte 16 milliards par an. Ce chiffre ne pourrait que croître au bénéfice des deux Irlande qui bénéficieraient des investissements de l’UE et de l’Amérique, grâce auxquels, l’Irlande pourrait utilement développer les domaines sociaux et l’éducation. Elle affiche déjà un revenu par habitant au huitième rang mondial de l’ordre de 53.000$ par habitant et pourrait devenir une sorte de Singapour européen.
La nouvelle Irlande serait le seul pays de langue anglaise de l’UE ; ainsi, elle pourrait renforcer ses liens avec tous les grands pays de même langue et d’émigration irlandaise, elle serait un pont entre UE et l’Amérique, où le lobby américano-irlandais est une réalité. On peut aussi imaginer qu’un nouveau flux d’étudiants étrangers de langue anglaise pourrait choisir la nouvelle Irlande plutôt que Londres, devenue hors de prix ! Les universités s’y préparent.
Léo Varadkar

Sans boule de cristal, on s’attend à une longue période d’incertitude et de difficultés, on parle même d’une décade. Dans cette situation, il apparaît assez probable que l’Ecosse veuille à son tour quitter le Royaume Uni pour demander son adhésion à l’UE, donc un problème de plus. Autant d’éléments qui militeront en faveur de l’Irlande. La politique menée par son premier ministre Leo Varadkar, qui est un des rares à avoir affiché son homosexualité, est progressiste. Il a légalisé l’avortement, le mariage homo et poursuit la modernisation politique et sociale de son pays, auparavant très conservateur et figé. Il prône une constitution modernisée pour un pays moderne.
L’Europe de 2019 n’est pas la Deuxième Guerre mondiale, n’est pas Churchill qui veut. Boris Johnson a promis monts et merveilles à ses concitoyens. Jusqu’à maintenant, il les a surtout conduits sur une voie chaotique ; souhaitons que les simples citoyens ne subissent pas ce qui ressemble de plus en plus à un désastre annoncé.

2 commentaires:

2 nids a dit…

ça fait beaucoup de suppositions...et nous savons que nous ne devons pas en faire...En plus la Mairie de Dublin sent l'antisémitisme couplé avec un antisionisme flagrant,alors l'Irlande ceci , l'Irlande cela...vaudrait mieux regarder de plus près l'Ecosse, siège de la maçonnerie mondiale, mais là aussi le BDS a "pollué" le secteur..et grâce à qui..? franchement il y a des questions à poser parce qu'autrement ça sent la trahison...je préfère que ce soit "une supposition stupide"...
Et vous lecteurs,qu'en pensez vous..?

SHANA TOVA ISRAEL

Marianne ARNAUD a dit…

@2 nids

J'en pense que la "crise grave" menace à peu près partout, et pas seulement au Royaume Uni.
Que chacun s'occupe donc à essayer d'éviter la crise dans son propre pays, et les vaches seront bien gardées.

Cordialement.