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samedi 24 août 2019

Russie, Otan, la guerre psychologique par BAZAK


RUSSIE, OTAN, LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE

Par BAZAK

Valery Gherassimov
Pour augmenter la dissuasion face à la Russie, l’OTAN, dans ses implantations en Europe de l’Est, en Pologne et dans les États baltes, y base des contingents en provenance des autres pays membres, face à l’armée russe et son éventuel aventurisme militaire. Ces contingents et leurs familles sont inévitablement devenus des cibles pour les services spéciaux russes. Pour le chef d’État-major russe, le général Valery Gherassimov, il n’existe aucune limite dans le choix des cibles, qu’elles soient militaires, non combattantes ou civiles. Pour lui, un élément clé de la guerre moderne, est la recherche de l’information simultanément dans toute la profondeur du territoire ennemi. Les contingents et leurs familles sont donc visés.


Pilotes F-16 des Pays-Bas dans les pays baltes

De récents incidents aux Pays-Bas, confirment que la Russie a recherché des informations sur les familles et résidences des troupes déployées dans les États Baltes, en vue de diffuser des informations personnelles, sous forme de désinformation ou d’intimidation. Ce qui s’est passé aux Pays-Bas est significatif et lourd de menaces. En 2017, les épouses et compagnes de pilotes néerlandais, en poste dans les pays Baltes, furent harcelés à leur domicile. Elles reçurent des appels téléphoniques répétés et désagréables de correspondants avec un fort accent russe, leur demandant si leurs époux ne feraient pas mieux de rentrer à la maison, avec d’autres sous-entendus.
Les services de la sécurité militaire déclarèrent être parfaitement informés de ces pratiques, toutefois sans autres commentaires. Selon les journaux qui interviewèrent les épouses et les compagnes, ces appels intervenaient la plupart du temps, après avoir reçu des appels directs de leur époux ou compagnon. La personne en ligne, avec un «accent russe» leur posait des questions : que fait votre compagnon là-bas, ne ferait-il pas mieux de rentrer, qu’en pensez-vous ?
À l’époque, les pilotes néerlandais de F-16 faisaient partie de la police de l’air, patrouillant l’espace aérien balte. Bien que ces pilotes ne soient plus sur place, les Pays-Bas conservent une large présence en Lituanie, un total de 270 soldats font partie du contingent de l’OTAN présent depuis 2017, pour signaler à la Russie que l’OTAN n’accepterait aucune attaque contre les pays baltes, après l’annexion de la Crimée.
Il y a encore quelques années, le service des renseignements militaires néerlandais MIVD publiait un rapport annuel sur les incidents impliquant les partenaires des membres des armées. Cette pratique a cessé, il s’agit d’un sujet délicat. C’est pour cette raison, qu’à l’exception des commandants, les noms des soldats ne figurent plus. On ne les connait que par leur rang et prénom. Cette pratique s’est imposée lors de la mission Uruzgan en Afghanistan, lorsque les autorités craignaient que les terroristes veuillent se venger sur les familles des soldats ayant combattu contre les Talibans. Apparemment, ça ne s’est jamais produit.

Une étude de l’OTAN de 2016 sur la guerre moderne, concluait déjà que ce ne seraient pas uniquement les troupes elles-mêmes qui seraient les cibles, mais bien leurs familles, leurs communautés, leur milieu familial au sens large, voire leur pays d’origine, quand bien même ils estimeraient être actuellement en sécurité, loin de la Russie. Actuellement, il n’y a officiellement aucun commentaire sur ce sujet de la part des pays concernés ou de l’OTAN, sur l’étendue de la menace russe, tant le sujet est sensible.
Pour la Russie, certains conflits pourront se résoudre par la mise en œuvre de mesures militaires, civiles et non-violentes au moyen de diverses méthodes adaptées à l’environnement, de nature politique, économique, sciences de l’information, mesures environnementales, en prenant avantage sur sa supériorité en matière de renseignement. La guerre du renseignement deviendra le point de départ de chaque nouvelle action ou de type hybride, combinant, l’utilisation massive des médias, ainsi que celle des réseaux sociaux, chaque fois que cela s’avèrera possible. On a eu une démonstration durant les dernières élections américaines.
On peut également s’interroger sur diverses pannes subies en France ces derniers mois dans des stations du réseau ferré et les explications assez vagues fournies. La dénonciation du traité sur les missiles de moyenne portée et le dernier incident nucléaire consécutif à la mise au point d’un nouveau missile, illustrent parfaitement le concept de guerre hybride. Pour les Russes la «guerre du renseignement » recouvre un très large spectre, incluant de multiples activités, utilisant le renseignement comme un outil, comme un objectif, ou comme un domaine d’opérations. Le terme cyber guerre, englobe tous les concepts et activités étrangères qui font la distinction entre les activités de renseignement par ordinateurs ou réseaux sociaux et celles de la vraie vie. De sorte que la recherche du concept cyber dans les sources russes, nous renvoie au mode de pensée et à la doctrine occidentale.
En conséquence, toutes les recherches effectuées auprès de ces sources conduisent à des erreurs d’interprétation. C’est l’occasion de constater que peu de pays sont véritablement en phase avec cette stratégie hybride. Les États-Unis et Israël le sont ; la France de son propre aveu doit rattraper son retard.
Devant de telles intentions affichées et les moyens utilisés, face à la puissance russe, on ne peut que s’interroger sur la démarche singulière française qui consiste à vouloir en même temps maintenir des sanctions contre la Russie, en feignant d’ignorer les réalités économiques : 35% des besoins européens, 15% de la consommation française dépendent de Gazprom détenue majoritairement par la Russie qui contrôle 17% des réserves mondiales. Ces besoins sont en progression constante.
Le Driant au Qatar

La volonté d’entretenir un dialogue bilatéral, sans que l’Europe issue des dernières élections soit présente ne peut que servir Poutine qui discute également avec Salvini en Italie, Kurz en Autriche, Orban en Hongrie. Ce qui correspond bien à l’objectif russe d’une Europe fragmentée. En écho à la déclaration du président Trump, on a bien entendu le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves le Driant, déclarer «la France parle en son propre nom». Alors une Europe polyphonique saura-t-elle se faire entendre ?
Depuis l’annexion de la Crimée, la Russie est écartée du G7, mais on était prêt à inviter l’iranien Rouhani. On aurait pu aussi inviter Poutine. Après les ors de Versailles, les murailles de Brégançon, datcha à la française, ce déplacement servira Poutine en politique intérieure. Il faut accepter la réalité que le France, seule, est devenue une puissance secondaire et ne peut, seule, avoir des prétentions planétaires, quand bien même serions-nous les héritiers de la révolution française. D’ailleurs, le sommes-nous réellement et cela nous donnerait-il une quelconque supériorité ?

5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Dans cet article assez obtus dont je ne saurais rien dire de très pertinent (mais suis-je la seule ?), je relève cependant une phrase que j'ai prise comme une gifle : "Il faut accepter la réalité que la France seule, est devenue une puissance secondaire, et ne peut, seule, avoir des prétentions planétaires...".
Mais où donc avez-vous pris que la France avait des "prétentions planétaires ?
Où est d'ailleurs, cette "Europe issue des dernières élections", en Afrique où, la "France seule", contrôle une zone de 80 millions d'habitants de la Mauritanie au Tchad ?
Les Britanniques se font porter pâles, épuisés qu'ils sont par leurs interventions en Afghanistan et en Irak ! Les Allemands attendent l'autorisation du Bundestag en priant qu'elle n'arrive jamais !
Souffrez donc que je cite ici les mots du général François Lecointre, chef d'état-major des armées françaises :
"Nous ne sommes pas là-bas pour maintenir notre influence, encore moins pour dominer qui que ce soit, mais pour empêcher les vents de sable de déplacer les collines."

AMMONRUSQ a dit…

Je suis assez de l'avis de Marianne ARNAUD !

Bazak a dit…

Je vous remercie pour votre lecture attentive. Je m’en tiens aux faits uniquement. Quand le ministre des A.E. déclare que la France s’exprime en son nom, on ne peut pas comprendre et en déduire qu’il s’exprime au nom de l’Europe des 27 hors le Royaume Uni. L’engagement Français au Sahel est d’abord l’objet d’un accord militaire avec le Mali, où la France dispose de bases, comme ancienne puissance coloniale. Elle y a aussi un mandat de l’Europe. En revanche, vouloir dicter leur politique à Trump ou à Poutine, voire à la Chine est sans objet quand on parle justement au nom d’un seul pays dans une Europe de 535 millions et de 27 ministres des affaires étrangères.
Ce sont les réalités. La France et l’Europe sont totalement absents du moyen orient. C’est aussi une réalité. Il ne s’agit pas de nier le rôle que la France peut jouer, mais de constater que tres rapidement sur l'échiquier mondial, les limites sont vite atteintes. Enfin, il faut prendre en compte la réalité des équipements de l’armée, qui selon ses propres généraux est exsangue. La ministre ne dit pas autre chose et constate le retard pris. Les faits sont les faits. Bien sur le commentaire est libre.

Marianne ARNAUD a dit…


Monsieur Bazak,

Puisque vous semblez si attaché aux faits, permettez-moi de vous rappeler que ce que appelez : "Europe", n'est autre que l'UE qui a été imposée aux peuples européens à leur corps défendant. Souvenez-vous de ce référendum qui, dans plusieurs pays - dont la France - s'est soldé par un NON franc et massif, qui aurait donc dû, selon les textes, interrompre la procédure d'union, si la forfaiture de certains gouvernements - dont celui de la France - n'avaient pas passé outre au vote des peuples.
L'Europe, pour la majorité des Français, c'est celle du général De Gaulle pour qui l'Europe s'étendait "de l'Atlantique à l'Oural". Cette définition a été reprise par le Président Macron qui, lui, l'appelle : "l'Europe de Lisbonne à Vladivostock" ! Vous constaterez que dans les deux cas, et ne vous en déplaise, il se trouve que la Russie a toute sa place.

Cordialement.

ingrid Israël-Anderhuber a dit…

Dans l’ensemble, votre article reflète bien la position de la France face au reste du monde : Elle ne fait effectivement plus le poids. En effet, les gouvernements qui se sont succédés durant ces dernières décennies et, contre l’avis du peuple, fait entrer la France dans l’Union Européenne, sont responsables en grande partie de cet état des choses, qui comprend notamment la situation déplorable et plus que désastreuse des forces armées et des forces de l’ordre : matériel obsolète, à l’agonie, en pénurie etc., équipements des militaires dans un état lamentable, usagés (par exemple, chaussures trouées - témoignages de jeunes soldats sur des terrains à l’étranger !) que l’État ne fournit pas comme il le devrait, ce qui oblige les militaires et aussi les forces de l’ordre à s’acheter eux-mêmes leurs équipements de protection (documentaires télévisés à l’appui) !!! Et preuve du moral des troupes : près de 50 policiers suicidés à ce jour !!! Sans parler des militaires qui se suicident également mais dans le silence des rouages de l’État...
Quand le gouvernement préfère faire bombance, sous couvert d’un G7 en grandes pompes, dont les frais sont évalués à environ 25 millions d’euros (! où trouve-t-il autant d’argent ?! Quand il n’en a pas pour les couches les plus fragilisées de la population française sous constante perfusion fiscale et financière !) alors que ce même gouvernement n’a pas encore payé toutes les heures supplémentaires qu’il doit à ses fonctionnaires (notamment aux policiers), et que certaines primes des militaires en opérations extérieures tardent à être virées sur les comptes bancaires de ces derniers.
Pauvre France !!!
Ce sont effectivement DES FAITS dont les familles des personnels en question peuvent généreusement témoigner. Il fut d’ailleurs un temps où les femmes de gendarmes en étaient même venues à manifester leur colère dans la rue, leurs maris étant MUETS. D’où la grogne qui monte dans les rangs et les chaumières. Et d’où aussi l’arrivée de la 5G qui sert à mettre en place le futur contrôle total des populations par les gouvernements qui, lorsqu’ils sont au sommet de la pyramide, veulent y rester à tout prix...
Ce sont bien nos gouvernements qui mènent la France au bord du gouffre car au lieu de servir la population, comme de vocation, ne pensent qu’à se servir eux-mêmes et leurs propres intérêts, notamment financiers. Ah ! Mammon, quand tu nous tiens, tu nous tiens bien.
Voilà ce qui arrive quand tout un peuple, mieux tout un monde, préfère élever l’Homme, ce qu’on appelle l’Humanisme, et le servir, plutôt qu’élever Dieu et Le servir, selon le modèle du Messie, Jésus, qui a fait DON de sa vie à la Croix de Golgotha pour le pardon de nos péchés, pour notre Salut...