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vendredi 30 août 2019

La Hongrie et la Pologne ont perdu la mémoire par BAZAK


LA HONGRIE ET LA POLOGNE ONT PERDU LA MÉMOIRE !

Par  BAZAK

Viktor Orban

          L’Histoire officielle est par nature structurante pour forger l’identité nationale mais quand on n’en est pas satisfait, alors on décide de la reconstruire. En d’autres temps cela s’appelait le révisionnisme. Viktor Orban en Hongrie et Jaroslaw Kaczynski en Pologne sont devenus conteurs d’histoires, les griots d’Europe de l’Est, plus précisément de l’histoire nationale de leur pays. Ces nouveaux populistes autoritaires considèrent que leur mission essentielle est de bâtir une ère nouvelle. C’est ce que proclamait Viktor Orban dès juillet 2018 : «une ère nouvelle est plus qu’un système politique. Une nouvelle ère comporte une réalité culturelle spécifique. Nous devons incorporer le système politique dans cette nouvelle ère culturelle».


Siège du Fidesz à Budapest


Cette déclaration intervenait trois mois après le succès national du parti Fidesz aux élections. Viktor Orban n’était pas satisfait de l’histoire nationale hongroise et fort de son succès politique, il a décidé de remplacer l’existant pour refonder l’identité nationale et réactiver le nationalisme omni présent. Il faut se référer à l’histoire de son pays pour mieux apprécier les références en question.
La Hongrie a été sous domination ottomane, puis au sein de l’empire Austro-hongrois, et enfin sous le communisme après 20 ans de dictature. Dans ce nouveau narratif dont il est l’auteur et le héros, Orban devient le sauveur national investi des valeurs chrétiennes face aux menaces que représentent les migrants, les musulmans, les idéologues libéraux, les minorités, au sein desquelles se trouvent les Juifs. Autant de dangers présumés qu’il affronte pour défendre son peuple ! Pour que ce narratif nouveau soit plausible, les systèmes éducatifs, universitaires, culturels ont été mobilisés.
On peut s’interroger sur le distinguo subtil qui est fait entre les Juifs et Israël dont il affirme parfois s’inspirer. Dans un cas, il s’agit d’une minorité dont une majorité de citoyens se méfie au nom de siècles d’antisémitisme, de frustrations et de ressentiments portés également par l’Église ; ce qui explique largement la référence aux valeurs chrétiennes. Dans l’autre cas, il s’agit d’un pays dont il admire le premier ministre : deux notions différentes pour Orban. A telle enseigne que le musée du souvenir de Budapest, construit à son initiative depuis 2013, a pour finalité de laver le pays de toute responsabilité durant l’Holocauste. Orban a annoncé que le rôle du nouveau parlement serait de se charger, avant tout, de ce nouveau narratif. En clair, il s’agit de mettre les institutions en charge du savoir, sous contrôle.
Chaque pays possède un récit national, mais peu de gouvernements en Europe sont allés aussi loin que la Hongrie. Seul, le parti polonais de la Loi et la Justice, le PIS, semble suivre le même chemin et la même méthode.
En Hongrie, l’exemple le plus révélateur est la décision de placer l’académie des sciences sous tutelle du premier ministre, sous prétexte d’améliorer la recherche et son développement. Or malgré quelques progrès, la Hongrie reste aux dernières places de l’UE en matière d’innovation.
Ces changements heurtent de front les scientifiques sur place et à l’étranger. L’académie, soumise à des pressions politiques de nature à menacer la liberté des scientifiques, met en garde contre une fuite des cerveaux. L’Opéra national pour sa saison 2019/2020 a pris la peine de préciser que son programme serait issu des valeurs chrétiennes. On ne saurait être plus précis !
Cette mise sous contrôle est perçue comme une démarche systématique pour s’assurer qu’écoles, scientifiques, théâtres, musées adoptent et propagent la thèse que la Hongrie est menacée. En toile de fond de cette volonté politique, se trouve toujours le spectre du traité du Trianon qui força la Hongrie à des concessions territoriales sur ses frontières. Dans le scénario du Fidesz, cette menace perdure et seul un homme fort comme Orban peut s’opposer aux forces libérales et globales qui menacent le pays.
En Pologne, hormis quelques paramètres purement locaux, le scripte promu par le PIS et largement comparable. Le PIS s’évertue à ancrer l’idée que la Pologne est sous une menace constante, en prétextant que la nation polonaise authentique, on évite l‘appellation «de souche», n’a obtenu qu’un répit temporaire devant les attaques et menaces du «cosmopolitisme libéral» On a du mal à savoir à qui il se réfère ?
Jaroslaw Kaczynski 

Alors qu’Orban s’approprie les blessures infligées à la Hongrie, le nouveau récit polonais s’appuie «sur les horreurs subie par la nation polonaise pendant la deuxième guerre mondiale». C’est l’élément-clé de sa réécriture ! Le leader du PIS, Jaroslaw Kaczynski, a longtemps soutenu ce qui s’est appelé «une politique de la mémoire» qui a consisté à alimenter le pays de récits mettant en avant l’héroïsme et le sacrifice du peuple polonais. Comme en Hongrie, la Pologne a également mis sous contrôle l’ensemble du monde médiatique, télévisuel, universitaire, scolaire et culturel.
De nouveaux responsables, fidèles au régime, ont la tache de mener à bien cette refondation de l’Histoire.  L’institut polonais de la «Mémoire nationale» a proposé une loi controversée dénommée «loi de l’holocauste» qui caractériserait comme acte criminel, toute suggestion d’une quelconque complicité polonaise dans les crimes de l’ère nazie. Le message diffusé est simple à comprendre pour chaque citoyen, déjà enclin à en accepter son contenu «La Pologne est en état de siège et un seul parti peu défendre son identité purement polonaise, le PIS» qui est parfaitement en phase avec celui diffusé depuis des siècles, sous diverses formes, par l’Église polonaise, omni présente aussi par sa forte présence dans les médias et très prompte à se manifester, avec la bénédiction des autorités. Pour les Polonais de souche, l’Église est l’autorité morale, le PIS en est l’expression politique.  Le leader polonais s’est également inventé un ennemi de l’intérieur «libéral, global, allié des forces qui veulent soumettre la nation». La messe est dite ! Alors s’agit-il des derniers défenseurs des fondamentaux de l’Europe chrétienne, comme ils le répètent ou s’agit-il d’une nouvelle forme de dictature éclairée nourrie par la religion ?  Ont-ils réellement leur place dans l’UE ?

4 commentaires:

bliahphilippe a dit…

Curieux article qui minimise l'islamisation à grands pas des pays de l'UE avec son cortége de drames sociaux en comparaison de la Hongrie, de la Pologne-tiens l'auteur a omis d'y inclure l'Itaile -qui ont des raisons de s'y opposer au regard de la situation vécue par ses citoyens..Pourquoi accepter sans réagir de voir son pays se faire gratuitement le receptacle du deversement par milliers de populations etrangéres ne partageant ni les moeurs ni les coutumes de l'autochtone. Ce refus légitime suffit-il a les disqualifier hors de l'Europe au nom "de valeurs" dévoyées maquillées hypocritement sous le vocable du bien vivre ensemble avec les" chances", une terminologie ressemblant au bonheur futur de "l'homme nouveau toujours à attendre." Les uns piégés par leurs collabos doivent subir la transformation d'un environnement et s'y adapter, les autres ceux de l'anti UE tiennent à sauvegarder leur identité hors Islam , ce qui fait d'eux des parias indignes de rentrer dans" le camp des Saints". En second lieu l'auteur analyse de facon erronnée la situation juive historique Quel est l'antisémitisme le plus dangereux actuellement ? Celui distillé par antisionisme virulent dans les instances internationales ayant des répercusssions sur les juifs dans les pays de l'UE.Ex :juifs chassés de Malmo, du 93 et autres meurtres racistes) ou celui du vieil antisemitisme chretien sévissant encore en Hongrie ou en Polgne qui n'a a ma connaissance tue aucun juif depuis la guerre? Un juif lambda est il plus mal à l'aise en se promenant dans les rue de la douce France ,en y lisant sa presse propalestinienne dans un environnement malsain ou celui qui ne se fait pas agresser à Prague? Des officiels israeliens courent-ils le risque de se faire arreter pour crime contre l'humanité en Espagne de l'UE ou en Pologne, ou en Hongrie ou en Italie? Pour conclure en réplique de la phrase finale de cet article superficiel et un tantinet proagandiste pro-UE ,la question est posée "cetteUEa t'elle encore sa place en Europe?

Marianne ARNAUD a dit…

Ne connaissant à peu près rien de la politique de la Hongrie ou de la Pologne, j'aurais été incapable de commenter cet article, ce que bliah philippe a fait avec brio, ce dont je le remercie !
Mais pour ce qui est de la réécriture de l'Histoire, la France devrait être sacrée championne toutes catégories, puisqu'elle n'hésite pas très souvent, à professer que son origine remonte à la Révolution française et à ses sacro-saintes Lumières !

Bazak a dit…

Bonjour Mr Bliah et Mme Arnaud, je vous remercie pour votre lecture. Cependant, cet article a UNIQUEMENT pour objet de mettre en lumière, le chemin suivi par ces 2 pays pour réécrire leur récit national et les exonérer de toute participation à l’holocauste. Je n’ai donc pas du tout abordé le problème spécifique des flux migratoires et donc je n’en minimise pas l’importance. Sur la place de l’antisémitisme en Hongrie, pays de dix millions d’habitants, des analyses récentes montrent que la communauté juive qu’on évalue entre 70.000 à 100.000 personnes soit 1% du total , perd environ 2.000 membres chaque 5 ans. Il y avait plus de 700.000 juifs en 1940. On se rappellera aussi la campagne d’affichage contre Georges Soros. Enfin les responsables de la communauté juive considèrent que l’antisémitisme reste pour eux un grave problème. Pour plus de détails sur la participation hongroise à l’holocauste tous les détails sont disponibles. Pour la Pologne, Varsovie était en 1939 la plus grande ville juive d’Europe avec 380.000 habitats soit trente pourcents de sa population. Il y a quelques communautés peu nombreuses Les actes antisémites sont permanents, l’église est virulente, d’autant qu’elle dispose de médias télévisuels. Toutes les infos sont disponibles. Donc essayer d’évaluer s’il est plus ou moins confortable d’y vivre que dans d’autres lieux en fonction des degrés d’antisémitisme, que chacun mesurera différemment, me paraît une démarche vaine. Concernant la réécriture en France, vaste sujet également que je n’ai pas abordé. D’autres on déjà largement écrit sur ce sujet. On se souviendra entre autres, qu’il aura fallu attendre vingt ans pour que le Chagrin et la pitié passe à la télé, après avoir été décommandé !
Chaque fois que la dignité de l’homme est menacé quelle que soit sa race, sa religion, sa couleur de peau alors nous sommes tous concernés, et nous devons nous interroger. Aucune justificatif ou propagande pro-UE ne figure dans mon propos. Je fais un constat qui me heurte et me pose problème.

Avraham NATAF a dit…

Le nationalisme devient un combat contre l'Islamisme avant de colporter l'antisémitisme traditionnel ( Espagne, Allemagne ). Les liberaux traditionnels s'affirment encore liberaux et ferment les yeux devant cette haine quotidienne de l'Islam militant et commencent a trouver Israël comme une erreur de l'histoire. L'antisémitisme precede d'autres formes de haine.