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vendredi 9 août 2019

La burqa en Europe par Bazak



LA BURQA EN EUROPE

Par BAZAK




La question de la burqa est traitée de diverses manières en Europe avec différentes variations.
Pays Bas 
En 2005 une loi déposée par le député d’extrême droite Geert Wilders en vue d’une interdiction totale est votée, mais pas vraiment promulguée. En 2016 une nouvelle version moins coercitive est votée. Après 14 ans de tractations, la loi devient maintenant applicable dans les administrations, les hôpitaux, les écoles, les autobus, le train et là où la reconnaissance faciale est requise.



Une femme portant une burqa marche devant le palais de justice de La Haye

En cas de refus de se dévoiler, une amende de 150€ est applicable. Par voile on entend, burqa, niqab et balaclava. A ce jour il n’est toujours pas clair si la loi sera appliquée. Déjà plusieurs villes, hôpitaux, transports publics et même la police ont indiqué ne pas avoir l’intention d’appliquer les amendes. Beaucoup de Hollandais considèrent qu’il s’agit d’une mesure purement symbolique, car on estime entre 200 et 400 le nombre de femmes portant la burqa dans ce pays de 17 millions où la population musulmane est évaluée de l’ordre de 5%.

Belgique
La loi anti-burqa dans l’espace public existe depuis juillet 2011. Quiconque l’enfreint risque une peine de prison de 1 à 7 jours. Très peu de femmes sont réellement concernées. Il y en aurait environ 300 sur tout le territoire qui comporte près d’un million de musulmans. En décembre 2012, la Cour constitutionnelle a rejeté des demandes visant à l’annulation de l’interdiction, constatant qu’elle ne violait pas les Droits de l’homme ; on pourrait préciser et de la femme, en l’occurrence.
Allemagne
La chancelière Merkel dès 2016 déclarait que le visage devait toujours rester visible. Rien ne fut fait à cette date. Actuellement, le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel appelle au vote d’une loi anti-burka. On parle de définir «un code vestimentaire pour les femmes musulmanes afin de protéger leur dignité». Seize des Länder soit la moitié, souhaitent l’interdire aux enseignants. Un Etat souhaite l’étendre à l’administration. La Bavière envisage une interdiction dans les écoles, les bureaux de vote, l’université et l’administration.


Danemark
En mai 2018, le parlement a voté l’interdiction par 75 votes contre 30. Une amende de 135€ est applicable.  En cas de récidive, elle peut être encore plus importante.
Autriche
L’interdiction existe depuis octobre 2017. La loi interdit le port du voile dans l’espace public tel que tribunaux, écoles. Il est question de l’étendre à tous les fonctionnaires. La coalition au pouvoir à cette période s’est arrêtée là. Elle a estimé «qu’une interdiction totale serait contraire à une communication ouverte qui s’impose à une société ouverte».  Son non-respect entraîne une amende de 150€. On estime que moins de 150 femmes portent la burqa ou le niqab. De plus les autorités ont mis en avant le risque de voir les visiteurs des pays du Golfe éviter l’Autriche comme pays de sports d’hiver ! Ces mesures restent subordonnées à leur approbation par le parlement.
Bulgarie
La loi anti-burqa a été introduite en 2016. Les infractions peuvent entraîner une amende de 750€. Il y aurait quelques dérogations pour les sportifs, en activité professionnelle, où pendant l’exercice du culte.

La France est le premier pays européen à avoir voté une loi anti-burqa en avril 2011. Pour éviter d’être considérée comme une forme de discrimination, elle ne fait aucune référence explicite à la religion et reste assez vague dans sa terminologie qui précise que «personne n’est autorisé à être vêtu en public d’une telle manière que le visage reste couvert». On se rappellera aussi l’épisode de l’interdiction du burkini qui aura fait long feu, l’interdiction fut finalement levée.
L’interprétation reste cependant à géométrie variable. Dans les 2 grands aéroports parisiens Roissy-CDG et Orly, il n’y a aucune obligation pour les passagères voilée de se découvrir lors du passage en police ou au contrôle physique. Un responsable des services chargés des contrôles précise : «C’est à l’appréciation des personnels en charge, qui peuvent juger s’il y a un risque quelconque ( !?) auquel cas, la personne est conduite dans une cabine pour vérifications». On estime à environ 2.000 le nombre de femmes complétement voilées en France sur une population musulmane de plusieurs millions, la plus importante d’Europe. Depuis 2015 on aura relevé 1.546 amendes.
Royaume Uni
Il n’existe pas de loi nationale. Les écoles peuvent décider d’un code vestimentaire selon une directive existante depuis 2007. En 2014 l’UKIP, parti de l’ex-leader Nigel Farage, déclarait que le voile était «Un symbole de division, qui opprimait les femmes et représentait un danger sécuritaire». Bien qu’une majorité d’Anglais soit en faveur d’une interdiction, aucun gouvernement n’est allé dans cette direction, face à la contestation de la très grande communauté musulmane qui a déjà obtenu énormément d’accommodements avec les lois britanniques !
En Espagne il existe quelques interdictions locales, principalement en Catalogne, à Barcelone ainsi que dans quelques municipalités. En revanche, l’Italie n’a rien entrepris sur le plan national pour l’instant, disposant déjà d’une loi des années 1970 qui proscrit les vêtements qui cachent l’identité du porteur. Quelques villes interdisent le port du voile. En Lombardie, une loi anti-burqa a été votée en décembre 2015 et s’applique depuis janvier 2016. Quelques maires appartenant à la Ligue du nord appliquent localement l’interdiction.
Le débat fait rage dans la plupart des autres pays, qui n’ont pas encore trancher la question. Au terme de ce tour d’Europe, on doit se poser la question si cela sert. Les lois, les interdictions, les amendes ne changent rien fondamentalement. Le fait d’amplifier le phénomène à travers la médiatisation régulière est de nature à grossir le problème et à lui donner une importance qu’elle n’a pas. Le «Burqa Bashing» a comme conséquence d’augmenter le port de la burqa ou du niqab comme signe identitaire et protestataire, face à des institutions républicaines, qui ne savent pas comment faire respecter les règles établies ainsi que l’équilibre entre religion et espace public. 
La résignation des uns et la renonciation des autres, à appliquer la loi, à affronter certains médias et certaines communautés, font le reste. La loi n’est pas ou peu respectée. On l’a vu en France où nos politiciens et dirigeants se déploient cycliquement dans les médias audiovisuels avec force déclarations ; c’est réagir sans agir ! Pour autant, on n’a rien résolu. On peut se rappeler le dossier de la crèche Babigros, qui aura fait couler tant d’encre ; on rappellera aussi qu’au printemps 2020 se tiendront les élections municipales et comme le soulignait en son temps feu Nelson Mandela «One man, one vote». Cela reste vrai dans nos villes, une voix est une voix et que ne fait-on pas comme compromis, lorsqu’il s’agit de conserver son siège ! Le vivre ensemble ne peut pas se résoudre au vote de lois. L’imagination, la vision doivent être les piliers de la politique, pas uniquement des textes !

3 commentaires:

2 nids a dit…

on peut se demander pourquoi il n'y a pas d'expultion dans les pays d'origine,ici 150 personnes pour le Danemark, 300 pour les Pays Bas, 2000 en France etc...pourquoi se laisser envahir de manière sournoise par l'obscurantisme ..?

Véronique Allouche a dit…

Question : faut-il oui ou non s’astreindre à suivre les mœurs et les coutumes du pays dans lequel on vit?
Réponse : dans la mesure où chacun doit suivre la culture du pays dans lequel il vit il est normal d’en respecter les règles.
A condition bien sur de vouloir y participer pleinement. Si tel n’est pas le cas alors des lois et des décrets doivent être appliqués, comme en Corse où le maire de Sisco fit un arrêté pour interdire le burkini. Et l’arrêté fut respecté!
Quand on veut on peut.

ingrid Israël-Anderhuber a dit…

Si le gouvernement a tellement de mal à faire respecter ses lois relatives à l'islamisme, par contre il n'en a pas du tout quand il s'agit d'appliquer les lois financières. Là, pas de crainte, pas de timidité, pas de peur de faire du mal aux Français en les pressurant comme des citrons... : c'est application de la loi sans état d'âme !
C'est vraiment là qu'on se rend compte que le dieu de ce monde est vraiment MAMON, le dieu de l'Argent !