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samedi 3 août 2019

Boris le magnifique, Trump l'européen par BAZAK



BORIS LE MAGNIFIQUE, TRUMP L’EUROPÉEN

Par BAZAK




Couronné premier ministre, Boris Johnson affirme mener le Brexit à son terme du 31 octobre sans accord avec l’UE. Il devra toutefois compter avec le vote du parlement. Pour comprendre le nouveau premier ministre, il faut se rappeler ses articles dans les colonnes du Daily Telegraph : «Si nous sommes capables d’envoyer un homme sur la lune, nous pouvons également résoudre le problème de la frontière avec l’Irlande du Nord». Ce raccourci journalistique était de nature démagogique et sans réflexion. L’envoi sur la lune a demandé des années de préparation, rien à voir avec le problème d’Irlande du Nord qui fut réglé avec les accords du vendredi saint.


Ursula von der Leyen

Il se présente lui-même comme le sauveur de la Grande Bretagne, déjà adoubé par Donald Trump. Un journaliste du Guardian, John Grace écrit sans preuve factuelle mais peut être intuitivement : «Comme un homme au retour d’un mauvais trip avec de l’acide, qui découvre qu’il a tué son meilleur ami». Son bilan comme maire de Londres est plutôt maigre. Il n’a rien fait réellement pour obtenir les jeux olympiques, n’y a tenu aucun rôle dans leur déroulement. Il a pourtant su voler au secours de la victoire en se présentant comme son plus chaud partisan. Le public s’était trouvé un héros, qui n’a cessé de se mettre en scène avec beaucoup de libertés sur la relation des faits.
Certains médias le qualifient même de «menteur sans scrupules» si c’est nécessaire à son image ou à sa carrière, quand bien même ce serait dommageable à son pays. Un journaliste portugais le qualifie même de «bobo de l’élite pour les pauvres» ! Sur l’issue du Brexit on peut douter qu’il trouve un quelconque compromis avec Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la commission. Chacun est sur sa position et la commission ne bougera pas de la sienne. On s’achemine donc vers un Brexit dur, sauf si le parlement britannique l’y oblige.
Il n’a cessé d’affirmer qu’il rejetterait toutes les demandes de l’UE sur l’addition à régler avant de quitter la table commune européenne, à suivre. En Russie, on considère son élection comme positive. On vante sa carrière déjà longue, son expérience, son humour. On souligne que pour l’Europe, comme pour les Etats Unis, ce ne sera pas un partenaire commode. Pour la Russie ce sera bien pire. B. Johnson a été un critique virulent du Kremlin, dans l’affaire de l’empoisonnement d’un agent russe. Comme ministre des affaires étrangères il a considéré que la normalisation avec Moscou n’était pas une priorité.
Pour d’autre, c’est «Boris Johnson le Magnifique» citoyen du monde, né à New York avec des racines allemandes et turques, une arrière grand-mère juive. Ce qui le qualifierait pour gouverner. C’est certes lapidaire, mais certains considèrent que c’est suffisant. Il a d’ailleurs été élu et réélu maire de Londres. Sur le Moyen-Orient et Israël en particulier, sa position a varié en fonction des événements. Du passé, on retirera qu’il est plutôt un soutien d’Israël, mais pas toujours. Plus largement, il semble vouloir ajuster ses positions à celles de son opinion publique. Considérant que l’UE est sclérosée, son option se réduit à une alliance avec les États-Unis. Pour autant, avec la France, c’est le seul pays en Europe à réellement disposer d’une armée capable d’intervenir sur les théâtres extérieurs et à disposer de l’arme nucléaire, tout en étant membre de l’OTAN. Les accords de défense ne pourront pas être dénoncés d’un trait de plume !  
Dominic Raab

Il a composé une équipe de choc apte à soutenir et à promouvoir sa politique. Lors de sa première réunion, ses ministres ont souscrit à un pacte de fidélité, vaincre ou mourir. Si on considère que Margareth Thatcher était de droite, alors on appréciera que BJ est à sa droite ! La ministre de l’intérieur Priti Patel est une grande admiratrice de Benjamin Netanyahou dont elle partage les positions. Le ministre des affaires étrangères Dominic Raab avait négocié un accord avec l’UE, pour ensuite faire marche-arrière. La visite en Ecosse n’a pas été un grand succès et on peut déjà parier que l’opposition écossaise va lancer sans tarder une grande campagne, pour rester dans l’UE.
A la Chambre des Communes où il ne dispose que de 2 voix de majorité, qui pourrait d’ailleurs se réduire à une seule, il a répondu à 129 questions. Seule la question de savoir comment «Make America great again» pourrait devenir «Make UK great again»  n’a pas eu une réponse très précise. Les défis qu’il a devant lui sont de taille. L’UE des 27 refuse catégoriquement de changer sa position. Le faire serait créer un très fâcheux précédent et un mauvais signal aux membres eurosceptiques récemment élus. Même si l’UE et l’Irlande modifiaient la position actuelle, ce serait insuffisant pour permettre une sortie autre que dure (no deal).
Boris Johnson refuse catégoriquement les modalités applicables durant la période intermédiaire qui se terminera fin 2020, pendant laquelle le Royaume Uni bénéficierait encore des conditions actuelles sans toutefois participer à leur élaboration ou évolution. Au delà, la Grande Bretagne subira les conditions applicables à un pays extérieur à l’UE.  Mme May s’est déjà engagée à régler 30 milliards de livres comme le prévoit le traité. Ce que le premier ministre refuse aussi. La sortie avec un «no deal» mettra le pays immédiatement hors de l’UE et de ses règles. Boris Johnson essayera d’obtenir une période supplémentaire pour s’adapter à cette situation. Dans le même temps, le pays devra entamer de nouvelles négociations sur ses futures relations avec l’UE.
Nigel Farage

Si le parlement bloque la situation et que l’article 50 ne peut faire l’objet d’une extension, B.J pourrait provoquer de nouvelles élections et obtenir la majorité qui lui fait défaut. Son parti déjà très divisé et fatigué par les dernières séquences devra le soutenir pour éviter une éventuelle défaite électorale et au delà, la contrainte éventuelle en l’absence d’une majorité absolue, de conclure un accord avec Nick Farage le plus «brexiteur» des deux !  S’il s’avère capable de maintenir le rythme qu’il a impulsé depuis le début de sa campagne pour devenir premier ministre, il pourrait maîtriser son destin et obtenir un succès franc lors de nouvelles élections. Néanmoins, la signature de nouveaux accords commerciaux demandera plusieurs années et de multiples négociations avant d’être opérationnels. Pendant ce temps, le pays importe énormément du continent, pendant que le taux de la livre continue de baisser. Ce qui pose déjà de nombreux problèmes tant à l’import qu’à l’export. Le seul adoubement américain est loin d’être suffisant.
Boris le magnifique se trouve maintenant au pied du mur et devra démontrer dans les faits que ses déclarations et ses promesses peuvent être suivies d’effet. Il lui reste maintenant à accomplir les 12 travaux d’Hercule, pour devenir Boris super star made in UK !


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