Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE

 

dimanche 1 septembre 2019

Allemagne, sanctuaire antisémite et antisioniste par BAZAK



ALLEMAGNE, SANCTUAIRE ANTISÉMITE ET ANTISIONISTE

Par BAZAK

La République Fédérale, grande amie d’Israël, semble avoir opéré un changement sinon à 360 degrés, au moins à 180 degrés. Que s’est-il passé ? La vague migratoire de 2015 a manifestement impacté l’attitude du monde politique sur l’antisémitisme et envers Israël. Force est de constater que l’Allemagne de 2019 est devenue une sorte de sanctuaire pour les mouvements antisémites et anti-israéliens.



Steinmeier en Israël

Au plan diplomatique, en mai 2016, lors de l’assemblée générale de l’OMS, l’Allemagne a voté une résolution particulièrement scandaleuse présentée par les États arabes avec le soutien de la délégation palestinienne, qui désignait Israël «comme le seul état qui porte atteinte à la santé mentale, physique, et environnementale de la population palestinienne».   
En 2018 à l’ONU, sur 21 résolutions anti-israéliennes, l’Allemagne en a approuvé 16 et s’est abstenue sur quatre autres.  En mars 2019, son parlement a rejeté majoritairement par 408 voix contre 255 et 65 abstentions, une résolution du parti démocratique, le FDP qui demandait au gouvernement de cesser sa politique anti-israélienne.
En mai 2017, lors de sa première visite officielle en Israël, le président de l’État Frank-Walter Steinmeier avait publiquement critiqué le premier ministre, avant d’aller déposer une gerbe sur la tombe de Yasser Arafat. En septembre 2018, c’est uniquement sous une forte pression américaine que l’Allemagne a renoncé à débloquer 300 millions d’euros sur des comptes iraniens. Selon l’organisation ngo.monitor.org le gouvernement verse des millions à diverses organisations anti-israéliennes et pro BDS, tout en maintenant une certaine opacité sur ces subsides très importants. 
Steinmeier sur la tombe d'Arafat

En février 2019 le président allemand, qui fut ministre des affaires étrangères, a félicité l’Iran «au nom de ses compatriotes» à l’occasion du 40ième anniversaire du régime. Il avait refusé de féliciter le président Trump. On pratique une diplomatie à deux vitesses, selon ses inclinations et celles de l’État qu’on représente. En tant que ministre, Steinmeier avait déjà démontré ses préférences clairement anti-israéliennes.
En juin 2019, le parlement rejetait une résolution présentée par le parti d’extrême droite AFD proposant de mettre hors la loi le Hezbollah organisation terroriste. Le gouvernement a motivé son refus en établissant un très subtil distinguo entre la branche «politique» et la «branche armée». Ce qui en soi est une démonstration de mauvaise foi !  La branche politique collecte des fonds et a pignon sur rue. Cette décision lui permet de recevoir des fonds en provenance des pays de l’OCDE, où les transferts identifiés en Europe dont l’UE, sont autorisés.
Dans le même temps, d’autres pays n’ont pas la même délicatesse et considèrent qu’on ne peut pas séparer une branche de l’autre, s’agissant de toute évidence, d’une seule et même organisation. C’est ce qu’on appelle prendre une décision par omission. Le Hezbollah peut donc librement opérer. Les services allemands indiquent avoir dénombré plus de mille de ses agents. Le nombre de salafistes a triplé en trois an pour dépasser 11.000. Globalement on estime à plus de 26.000 le nombre d’islamistes présents en Allemagne. Les services de sécurité ne savent pas quel est le nombre de ceux posant un risque sécuritaire immédiat. La France connaît bien ce problème. Dans un pays de droit, on n’a pas d’action préventive. On attend que le crime ait eu lieu pour agir, semble-t-il. 
L’Allemagne-sanctuaire, tolère désormais de multiples organisations officielles ou pas. Les services de sécurité ont déjà averti les autorités que le retour des djihadistes aura un impact majeur sur la radicalisation des salafistes déjà présents dont la majorité est constituée par des immigrants à 90%, les autres 10% seraient des convertis. Le recrutement de djihadistes se fait essentiellement en milieu salafiste.  Il est même à craindre, qu’à plus long terme, ces djihadistes de retour n’acquièrent une influence grandissante dans la population musulmane en générale et salafiste en particulier, voire parviennent à des positions d’influence dans la vie locale.
Il se confirme que la poussée de l’antisémitisme, qui fait partie du socle idéologique de tous ces mouvements, est directement liée à l’augmentation de la présence islamiste. A côté du Hezbollah, on dénombre un millier de Frères musulmans et plus de 300 membres du Hamas, tous animés par la haine des Juifs et de l’État d’Israël .
Le mouvement chiite Hizb Allah (le parti d’Allah) également implanté, prône ouvertement la destruction d’Israël et on peut s’attendre à des projets d’attentats tous azimuts. 
       L’Iran est présent à travers ses services de renseignements ainsi que les services secrets de la Force autonome Qods, le bras armé des Gardiens de la révolution, responsable des opérations extérieures qui surveille leur opposition et s’intéresse aux intérêts israéliens. Le général Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire du leader Ali Khamenei, déclarait : «L’État d’Israël, ses représentants, ses soutiens, comptent parmi les ennemis déclarés de l’Iran. Ce qui peut inclure les dirigeants d’organisations juives dans la Diaspora. L’objectif de l’Iran n’a pas changé. C’est pourquoi, les activités d’espionnage des objectifs juifs et israéliens en Allemagne se poursuivront».
La dichotomie manifeste entre les services de sécurité et les politiques est inquiétante. S’agit-il d’une Allemagne nouvelle, qui considère que 75 ans après la Shoah elle peut s’affranchir de la dette éternelle contractée par l’Allemagne envers Israël et le peuple juif, contrairement à ce qu’aimait à déclarer la chancelière Merkel ? Ce pays n’est-il pas en train de devenir une base arrière, un nid de terroristes ?  Là encore, si l’UE se montre incapable de formuler une politique et des objectifs communs en matière de sécurité et d’immigration, alors en effet, nous nous préparons à d’autres mauvaises surprises.


5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Monsieur Bazak,

Ayant lu votre article, je me suis reportée à un autre article, paru il y a dix ans déjà, dans le "Dictionnaire amoureux du Judaïsme" de Jacques Attali qui, à la rubrique : "Palestine" écrit :
"...La région et en particulier Israël ne trouveront pas la paix aussi longtemps que la Palestine ne sera pas constituée en État indépendant pacifique et démocratique sur un territoire proche de celui des Territoires occupés en 1967..., avec Jérusalem comme capitale conjointe, ouverte aux uns et aux autres, ou à tout le moins, dans un premier temps comme capitale partagée....
Rien de cela n'aura peut-être jamais lieu. Tant de haine se sont cristallisées, tant de malheurs se sont succédé que la rupture est peut-être devenue irréversible.
Une nouvelle fois, comme si souvent depuis 3 000 ans, cette région risque de basculer dans le chaos. Nul n'y a pourtant intérêt. A chacun de comprendre que le bonheur de l'autre est dans son propre intérêt."
Vous comprendrez donc que - quelle qu'en soit la réalité - accuser l'antisémitisme de l'Allemagne d'aujourd'hui, des maux qui accablent Israël, pourrait bien être aussi "en soi une démonstration de mauvaise foi".

Cordialement.

Jean-Claude COHEN a dit…

La défaite n'a pas changé grand chose à la sympathie allemande pour les juifs.
Deux événements éclairent l'attitude des allemands après guerre :
- l'occupation du reich par les troupes alliées et (surtout) l'armée rouge.
-la fin de l'occupation, la réunification et le départ des vainqueurs.
l'Allemagne estime avoir "payé sa dette"
C'est désormais se faire des illusions que de parler de "repentance" !!!

Bazak a dit…

Je remercie Mme Arnaud et Mr Cohen pour leur lecture. J’aurai bien voulu reprendre à mon compte la formule d’Emile Zola, j’accuse ! Je ne l’ai pas fait. En revanche, la formule attribuée à Winston Churchill me conviendrait « Quand on n’a plus les rêves on s’en tient aux faits » La réalité est telle aujourd’hui qu’on confond et laisse prospérer la confusion entre antisémitisme et anti sionisme. Alors oui, j’accuse certains parmi les nouvelles élites politiques allemandes, de s’être résigné et par complaisance et opportunisme, qui est la première étape avant une franche complicité, de laisser à nouveau se développer cette hydre monstrueuse ! J’apprécie certainement votre référence à Jacques Attali. Soit dit en passant, ni lui, ni François Mitterrand n’avaient apporté de solution au moyen orient où il n’y a pas qu’Israël, tant s’en faut. Les chrétiens Yazidis survivants sont marqués à jamais. . Les déclarations ne suffisent pas. Faut il que ce soit en Allemagne, un parti d’extrême droite l’AFD qui demande au gouvernement d’arrêter sa politique anti israélienne ? Lors de l’attentat de la rue Copernic il y a 35 ans, on n’oubliera pas la déclaration de feu Raymond Barre «Cet attentat odieux qui a frappé des français innocents» le premier ministre de la France parlait des victimes non juives ! Jacques Attali dans son ouvrage sur l’antisémitisme écrit « L’Histoire, toute l’Histoire, nous apprend que l’antisémitisme fleurit, sous une forme ou une autre, dans une société qui n’est pas à l’aise avec elle-même, où la réussite est ressentie comme illégitime, et où bien des gens ont intérêt à inventer des boucs émissaires pour faire oublier leur responsabilité dans leur propre échec, ou dans celui de leur collectivité. Tel est à mon avis le vrai sens de l’antisémitisme d’aujourd’hui : dans une démocratie de marché pervertie, où il n’y a plus, à l’échelle mondiale, ni vraie démocratie ni vrai marché, mais quelque chose comme une ploutocratie soumise à quelques firmes géantes, et à des technologies aliénantes, la tentation est grande, pour des citoyens conscients de ne plus être maitres de leur destin, de chercher des coupables là où on peut les désigner ; et pas là où ils sont ; et ils sont dans des mécanismes, pas dans des personnes ».
Bien cordialement,

2 nids a dit…

Très bon commentaire Mr. Bazak, pour ma part, je rajouterais que quoi que fasse l' Allemagne, elle reste sous une étroite surveillance des grands services de renseignements dont évidemment le Mossad et donc; ce pays devra payer de génération en génération les monstruosités qui ne s'oublient pas !!! pour les siècles des siècles AMEN !

Gégé a dit…

"Chassez le naturel et il revient au galop"