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vendredi 26 juillet 2019

Répercussions en Israël de l'affaire Epstein



Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps



Jeffrey Epstein

L’homme d’affaires américain Jeffrey Epstein est accusé d’être à la tête d’un réseau d'exploitation sexuelle avec des mineures. Un juge fédéral de New-York vient de refuser sa libération sous caution jusqu’à son procès. Il avait été arrêté il y a deux semaines. L’acte d’accusation précise qu’il aurait fait venir des mineures dans ses résidences de Manhattan et de Palm Beach (Floride), entre 2002 et 2005, «pour se livrer à des actes sexuels avec lui en échange de centaines de dollars en espèces». 



Trump avec le procureur Alexander Acosta

Lors de la perquisition menée au domicile new-yorkais de Jeffrey Epstein, le Procureur a révélé qu’il disposait dans son coffre de «dizaines de diamants, de piles de liasses de billets ainsi que d’un passeport autrichien périmé, avec la photo du financier sous un autre nom avec comme adresse une résidence en Arabie saoudite».
Cette enquête n’aurait intéressé que la presse people car elle concerne le milieu des vedettes et des puissants, mais des personnalités politiques semblent impliquées dans le scandale. En 2008, Jeffrey Epstein avait été arrêté pour exploitation sexuelle de mineures et risquait 45 ans de prison. Cependant le procureur fédéral de Floride, Alexander Acosta, avait conclu un marché avec la défense d'Epstein en 2008 dans lequel l'accusé acceptait de plaider coupable seulement pour «racolage de mineur» en échange d’une peine de prison de 13 mois, aménagée pour qu’il puisse passer six jours sur sept dans son bureau. Certains politiques ont rapproché l’affaire à la nomination du procureur comme ministre du Travail de Donald Trump. Accusé de complaisance, Alexander Acosta a été contraint à la démission le 12 juillet 2019.

La victime C.W

Certaines victimes, à l’instar de C.W. ont accepté de témoigner à visage découvert pour révéler qu’elles avaient été violées à plusieurs reprises par Jeffrey Epstein, dans sa résidence de Floride, alors qu’elles étaient mineures. Dans chacune de ses résidences, Epstein avait des employés dont le seul travail était de recruter des lycéennes et des jeunes adultes vulnérables.
Le New York Times a décrit Ghislaine Maxwell, la «Lady of the House», la fille du magnat anglais des médias Robert Maxwell, comme la recruteuse. Ruinée, elle avait aidé Epstein à se faire des connaissances dans le milieu riche qu'elle connaissait. Pendant de nombreuses années, elle a géré les résidences de Jeffrey Epstein, l'a aidé à gérer son cercle social, et à recruter des «masseuses».
Epstein et Ghislaine Maxwell

De nombreuses photos montrent Donald Trump et celle qui deviendra sa femme aux côtés de Jeffrey Epstein. Il avait déclaré : «Je connais Jeff depuis 15 ans. Il est génial. C'est un plaisir de passer du temps avec lui. On dit même qu'il aime autant les jolies femmes que moi. Il les préfère plutôt jeunes». La chaine NBC a ressorti une vidéo de 1992 montrant Epstein faisant la fête avec Donald Trump en présence de plusieurs belles femmes blondes, toutes pom-pom girls de grandes équipes de football américain. 

Bill Clinton aurait voyagé plus de 20 fois à bord du jet privé de Jeffrey Epstein entre 2001 et 2003, en compagnie de nombreuses jeunes femmes, sans membre des services secrets, et sans sécurité.
Trump et Melania

Cette affaire a eu des répercussions graves en Israël car Ehud Barak est accusé d’avoir eu des liens avec le financier américain, ce qui plombe son retour dans la vie politique israélienne. La droite exploite cette affaire pour torpiller son projet de former une large coalition de centre-gauche avec Benny Gantz afin de faire tomber le régime de Netanyahou.  
Ehud Barak, qui ne nie pas ses liens professionnels et amicaux avec Epstein, se défend d’avoir participé aux «exploitations sexuelles de mineures».Mais depuis, Netanyahou n’a eu de cesse de soulever les questions des «énormes sommes» versées par Epstein en créant la suspicion : «Quoi d’autre le délinquant sexuel a-t-il offert à Barak ?». 
Le Daily Mail a pris le relais en publiant une photo de Barak, le visage à moitié masqué par une écharpe, à l’entrée de la demeure new-yorkaise d’Epstein en 2016 : «C'est moi sur la photo ... Il faisait si froid dehors que le Moyen-Orient a été contraint de porter un chapeau. Là pour la conversation, peut-être le déjeuner, rien d’autre». Les insinuations du tabloïd britannique sont telles qu’Ehud Barak a décidé de poursuivre en justice le journal. 
Dans une interview accordée au Daily Press, Barak a déclaré avoir rencontré Epstein au moins dix fois, ajoutant qu'il s'était rendu sur son île privée dans les Caraïbes «une seule fois, des années après les reportages sur le sexe et les orgies qui se sont déroulés sur l'île». Il a révélé que Shimon Pérès lui avait présenté le magnat juif, il y a 17 ans lors d'un événement aux États-Unis, ajoutant que Bill et Hillary Clinton figuraient, selon ses souvenirs, parmi les personnes présentes. L’homme d’affaires l’avait aidé à financer une de ses startups en 2015.
Cette affaire aura certainement des répercussions sur la campagne électorale d’Ehud Barak. D’ailleurs, Amir Peretz a immédiatement renoncé à faire équipe avec lui et a choisi une alliance avec Orly Levy-Abecassis du parti Gesher. De son côté, Ehud Barak a laissé entendre que son rival, l'actuel premier ministre Benjamin Netanyahou, visé dans trois affaires de corruption, pourrait être lié aux articles paraissant dans la presse à son sujet. Ils ont échangé mutuellement des noms d'oiseaux d'une violence rarement égalée dans une campagne électorale. À suivre….


2 commentaires:

Albert LEZMY a dit…

La campagne électorale bis s’annonce encore plus merdique que la première..
maintenant, les mêmes qui envoient à la potence Barak n’hésitent pas à traiter de Messie Trump et à inaugurer une place et des villes à son nom alors que ce dernier a eu bien plus de rapports avec Epstein que Barak..

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Le moins qu'on puisse en dire c'est que votre "affaire Epstein" nous renvoie à notre "affaire DSK" tristement célèbre !
Sans me prononcer sur le fond, mais en contemplant les portraits de ces deux hommes - Jeffrey Epstein et Dominique Strauss-Kahn - me revient à l'esprit la phrase du peintre Edgar Degas :
"A partir de quarante ans on a la gueule qu'on mérite."

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/faillite-de-lsk-dsk-mis-en-cause-dans-une-vaste-affaire-d-escroquerie_2089927.html

Très cordialement.