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dimanche 28 juillet 2019

Québec : Laïcité et intégration par BAZAK


QUÉBEC : LAÏCITÉ ET INTÉGRATION

Par BAZAK


Interdiction de tous les signes religieux dans la sphère publique. Finis la kippa, le voile, la croix. Premier gouvernement à prendre cette mesure en Amérique du nord. Qu’y a t- il derrière cette décision ? D’abord sa définition officielle : «un acte respectant la laïcité de l’État». 63% des Québécois approuvent cette loi du gouvernement de centre-droit, votée au terme d’un marathon parlementaire. Elle s’applique aux nouvelles embauches ainsi qu’à ceux changeant d’affectation, au sein d’une organisation gouvernementale, aux salariés détenteurs d’une autorité.



La loi est spécifique à la belle province et se réfère à ce qui a déjà été fait en Europe. À la différence du reste du Canada, elle répond aux difficultés rencontrées par le multi-racisme réel de la province et la crainte de la majorité de perdre son identité francophone sinon francophile.
Ce qui est intéressant dans cette loi, c’est sa référence à la laïcité française sur la séparation de l’Église et de l’État. Cette loi ne va cependant pas aussi loin au Québec. L’église catholique a longtemps essayé de repousser son vote, qui à terme entamera définitivement sa position et conduira à une séparation effective entre l’Église et l’État, ce que souhaite les habitants en majorité. Au passage, la très grande croix visible au parlement provincial a été décrochée.


Le débat est maintenant engagé entre les groupes défenseurs des libertés et les autorités. Les premiers arguent qu’il s’agit d’une loi xénophobe qui peut même empêcher certains recrutements, tandis que le gouvernement et ses partisans soulignent qu’au contraire, le port de signes religieux dans l’administration était de nature à influencer les décisions, voire d’être défavorable aux minorités. Le premier ministre François Legault s’est félicite qu’au terme de 11 ans d’échanges parfois conflictuels, la loi ait été votée, représentant un «accommodement raisonnable» en vue d’une meilleure intégration des immigrants dans la belle province et d’un équilibre cohérent entre libertés individuelles et collectives.
Le Conseil national des musulmans du Québec considère tout au contraire qu’il s’agit d’un point de départ et d’un acte islamophobe de nature à accroître les agressions anti musulmanes, se référant aux derniers incidents graves survenus. Malgré ce vote le problème est loin d’être réglé. Depuis juin, plusieurs manifestations ont eu lieu, des associations ont déposé plainte devant les tribunaux pour obtenir l’annulation de cette loi, avec peu de perspectives d’obtenir gain de cause.
De plus il reste au gouvernement à apporter des réponses précises à deux questions constituant les fondements de cette loi qui, à défaut, restera sans suite. Comment le gouvernement du Québec appliquera-t-il la loi et le gouvernement fédéral d’Ottawa l’adoptera-t-il pour l’ensemble du Canada ?


La partie est donc loin d’être gagnée. Depuis les actes anti musulmans se sont multipliés et les communautés se regardent avec suspicion. S’agit-il de l’émergence d’un conflit entre québécois de souche et immigrants, d’un rappel de la devise de la Belle Province, je me souviens ? Est-ce un remake de ce qui se passe en Europe ?  À suivre…

2 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

Des lois sont votées pour légaliser les divers produits avec du cannabis et d'autres lois interdisent les signes religieux dans certaines fonctions publiques ( enseignement,police, juges). Intolérance est tolérée et la tolerance peu tolérée

Anonyme a dit…

Votre intervention, M. Nataf, est difficilement compréhensible. Que vient faire le cannabis là-dedans, je ne vois pas le rapport. Soyez clair et dites exactement ce que vous pensez.
A part cela, le principe de laïcité est difficile à manier, tout le monde ne comprend pas ce qu'il veut dire, ce qu'il implique ou n'implique pas. L'idée de base est que la religion est une affaire personnelle, individuelle, qui ne doit pas interférer dans la vie publique qui est contractuelle. D'un autre côté, le mouvement Habad est autorisé à dresser des Hanoukkia géantes dans de nombreuses villes à travers le monde -- par exemple en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Russie, etc. C'est ça la tolérance.