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vendredi 2 août 2019

Les gaîtés de l'UNRWA par Michèle MAZEL



LES GAÎTÉS DE L’UNRWA

La chronique de Michèle MAZEL


Cela ressemble fort à un réquisitoire sans appel, du genre qui se solde par une condamnation à une lourde peine. «Abus d’autorité, concentration de pouvoirs, népotisme, relations intimes avec des subordonnées, promotions indues des dites subordonnées, absences prolongées de son poste pour des périodes de près d’un mois durant lesquelles il touchait des indemnités de déplacement ; voyages en classe affaires pour lui et son amie ; recrutement de proches parents au mépris du règlement, soupçons d’irrégularité financière».


Pierre Krähenbül

Qui donc se livrerait à ces activités plus que douteuses ? Un certain Pierre Krähenbül, citoyen suisse de son état et commissaire général de l’UNRWA ou pour lui donner son nom complet, «Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient».  A vrai dire, la plupart de ces accusations ne sont pas nouvelles. Le plus souvent elles s’intègrent dans des critiques plus générales visant une organisation perpétuant de facto le statut de réfugiés en le faisant passer de père en fils ad infinitum, tant et si bien que le nombre de réfugiés palestiniens, estimé à environ 600.000 au départ, dépasserait aujourd’hui cinq millions. On lui reproche aussi des effectifs pléthoriques.

Tandis que le Haut-Commissariat aux Réfugiés emploie 6.400 personnes pour s’occuper de 60 millions de réfugiés dans le monde, l’UNRWA en emploie près de 28.000.  Par ailleurs elle diffuserait dans les écoles qu’elle finance et dirige des thèmes d’une violence extrême, dont l’apologie du terrorisme et de la violence, la haine des Juifs et l’antisémitisme. Pire, elle serait contrôlée et même infiltrée par le Hamas.
Seulement jusqu’ici, ces attaques contre l’organisation venaient essentiellement de détracteurs américains, israéliens ou pro-israéliens. Cette fois-ci c’est différent. Les rumeurs de corruption sont, semble-t-il, arrivées jusqu’aux augustes corridors du siège des Nations Unies à New York. Le comité d’éthique de l’UNRWA a reçu ordre de mener une enquête mais dans le   secret le plus absolu, sans doute pour ne pas donner de munitions aux détracteurs en tout genre. Dans un document circonstancié ne comptant pas moins de dix pages, le comité fait état de rapports crédibles et solidement étayés confirmant l’étendue de la corruption et la véracité des accusations. Ledit document devait lui aussi resté secret pour permettre aux autorités onusiennes de limiter les dégâts tout en prenant- éventuellement - les mesures nécessaires pour mettre fin aux «irrégularités» relevées.

L'Unrwa créé par les Nations Unies en 1949

Las, le document a fuité. Faudrait-il croire à un nouveau coup du Mossad israélien, pénétrant les défenses de l’organisation grâce à une taupe ou, plus dans l’air du temps, grâce à des hackers allant puiser, sans laisser de traces, des données stockées dans des ordinateurs pourtant protégés par des systèmes anti-virus sophistiqués ?
Il semble bien que non. Le fait est que ce n’est pas la presse israélienne qui a découvert le pot aux roses et en a informé le monde. Non, c’est grâce à Al Jazeera que le document a été diffusé dans son intégralité.  La chaîne d’information tentaculaire située à Doha, capitale du Qatar, à l’émir duquel elle appartient, n’est pourtant pas réputée pour sa sympathie avec l’État juif.

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