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vendredi 26 juillet 2019

La vengeance froide d'Ayelet Shaked



Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            

          Benjamin Netanyahou est connu pour avoir un sens politique aigu mais il semble qu’avec Ayelet Shaked il ait mal mesuré son impact réel sur les résultats des élections. En mettant son veto sur son entrée sur la liste du Likoud, il lui a offert un boulevard qui risque de lui coûter la première place aux élections de septembre 2019. Il aurait mieux valu qu’elle soit à ses côtés, pour mieux la neutraliser comme il avait écarté Gideon Saar et Israël Katz. 


Union des droites

      Or, elle est sur le point de réaliser l’irréalisable, à savoir la fusion de tous les partis à la droite du Likoud dans une sorte de groupement anti-Bibi. C’est la vengeance de la passionaria.  
Le premier ministre n'a pas évalué le risque qu'il prenait en la laissant agir à sa guise auprès de ceux qui sont ses alliés putatifs dans une prochaine coalition. Ayelet Shaked peut certes puiser dans les voix de l’extrême-droite et des Kahanistes mais elle compte sur certains militants du Likoud, prêts à la suivre pour se défaire d’un Netanyahou encombrant. Dans une sorte de vases communicants, elle ne peut prendre que des voix au Likoud avec le danger évident de placer le parti en deuxième position aux élections.

Bien que les sondages soient douteux et peu scientifiques, il est certain que Netanyahou et Gantz sont au coude à coude. Les problèmes de suspicion qui touchent Ehud Barak qui risque de ne pas dépasser le seuil électoral et le refus d’Amir Peretz de se lier à Meretz consolident fortement la position du parti Bleu-Blanc qui certes n’évolue pas beaucoup mais qui se maintient au sommet avec au moins 29 sièges. 

Cependant l’union de la droite sous la férule d’Ayelet ferait passer le Likoud à 27 sièges, insuffisamment pour être désigné par le chef de l’État pour constituer un gouvernement. Benjamin Netanyahou sait à présent qu’il est menacé sur sa droite par l’ancienne ministre de la justice qui veut en découdre, d’une part pour avoir été empêchée par les manigances du Likoud d’être élue à la Knesset du 9 avril 2019 mais aussi pour avoir été rejetée par son ancien parti par un veto venant de Sarah Netanyahou. L’épouse du premier ministre ne désarme pas et fait pression sur Rafi Peretz pour qu’il refuse de se joindre à la passionaria de la droite.  

  
Jusqu’à présent, la campagne était terne car on ne voyait pas les électeurs se déjuger à trois mois d’intervalle. Aucun parti ne se distinguait pour atteindre la majorité de 61 voix nécessaires à une nouvelle coalition. La lutte va donc être féroce et elle nous réserve de sérieuses surprises. Benny Gantz se frotte déjà les mains alors que sa campagne stagne et qu’il est attaqué par ses amis du centre et de la gauche. Il ramassera seul les marrons du feu avec peu de mérite car il est consensuel dans ses interventions. En revanche, Netanyahou sera trahi par les siens : «Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge !».

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…



Cher monsieur Benillouche,

Ainsi, à un croire ce que j'ai lu, il existerait un pays où on peut écrire : "union de la droite", sans déclencher un cataclysme, et ce pays serait Israël ?

Très cordialement.