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mercredi 3 juillet 2019

La flambée des ors... or noir... et or jaune par Dov ZERAH



LA FLAMBÉE DES ORS…OR NOIR… ET OR JAUNE

Le point économique de  Dov ZERAH



  

       La semaine dernière, je concluais ma chronique sur la crise dans le détroit d’Ormuz en insistant sur l’engrenage dans lequel Américains et Iraniens étaient entrés et dont le premier effet était l’augmentation du prix du baril de pétrole. En effet, depuis plusieurs semaines, l’Iran n’a cessé de multiplier les attaques contre :
- Les intérêts américains au Yémen, par l’intermédiaire des tribus houthistes



Débris du drone

- Les troupes américaines basées en Irak, quotidiennement harcelées par des milices chiites
- Six tankers japonais, norvégiens, émiratis, depuis fin mai
- Et finalement, les Iraniens en sont arrivés à détruire un drone américain.
   Nous avons appris que les Américains étaient sur le point de frapper des cibles iraniennes. Ces bruits de bottes ont entraîné une nouvelle flambée du prix du baril de pétrole, conforté par l’accord conclu entre le Président Poutine et le prince héritier Mohamed Ben Salmane de ne pas augmenter les productions pour laisser les cours à un haut niveau.
   Le baril WTI (West Texas Intermediate) a ouvert la semaine avec une progression de 3%, au plus haut à 60$ ; il a pris 2$ durant le weekend, et enregistré le plus grand écart de 2$ depuis septembre 2018.
   Parallèlement, la perspective d’une guerre dans le golfe Persique pousse les investisseurs à se réfugier dans des placements en or jaune. L’or jaune a augmenté de 19% depuis octobre, et de 7% depuis le début de l’année. Il a cassé la barre des 1.400$, alors que les plus optimistes ne le voyaient pas aller au-delà des 1.350$ !
   L’or a commencé l’année 2018 à un peu plus de 1.200$ l’once, et a enregistré de très fortes variations :
-   Il a gagné plus de 10% sur le 1er trimestre.
- Mais ce mouvement de hausse va être contrarié par la perspective des taux d’intérêt américains. C’est un des premiers effets de la politique monétaire de la banque centrale américaine sur le cours de l’or.
- Il a ainsi plongé en dessous des 1.200$ l’once à fin août.
- Il a après amorcé une lente remontée pour atteindre les 1.300 à la fin de l’année.
      Au-delà de la situation critique dans le Golfe, cette remontée résulte de trois facteurs :
- Lorsque les opérateurs ont intégré la position de la Banque Centrale américaine de ne pas augmenter les taux, l’or est devenu un placement intéressant. A défaut de produire des intérêts, l’or permet de préserver son capital et éventuellement de faire à plus ou moins brève échéance une plus-value. Les faibles taux, voire les taux négatifs ont relativisé l’improductivité des placements en or.
- La Chine et la Russie achètent régulièrement de l’or pour éviter de placer leurs réserves en dollars. Ces deux pays cherchent à atténuer leur dépendance vis-à-vis du billet vert. En 2018, la Russie a acheté un montant record de 274 tonnes, en vendant ses bons du Trésor américain. Ces deux pays ont intégré le groupe très fermé des banques centrales détenant plus de 1.000 tonnes d’or : États-Unis, Allemagne, France, Italie et Suisse.
- Mais au-delà de la défiance à l’égard du dollar, s’est développée, depuis la «crise des subprimes» de 2008-2009, la crainte d’une crise systémique majeure. Cela a inversé l’attitude des banques centrales ; après avoir été vendeuses, elles se sont remises à acheter de l’or. De nouveaux acheteurs sont venus sur le marché : l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, le Thaïlande, la Turquie, mais également des pays européens comme la Hongrie et la Pologne.
      Tant ces hausses que les fortes volatilités qui les accompagnent sont les manifestations d’un monde qui a peur, d’opérateurs qui cherchent à préserver leurs avoirs. Cela est d’autant plus inquiétant qu’il s’agit d’opérateurs institutionnels de premier rang, avec les banques centrales. Il ne suffit pas que les dirigeants des 20 premières puissances économiques se réunissent comme la semaine dernière à Osaka. Encore faut-il qu’ils améliorent la gouvernance mondiale et qu’ils rassurent !

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