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lundi 8 juillet 2019

Billet d'humeur : L'éthique et la vie d'un jeune israélien


L’ÉTHIQUE ET LA VIE D’UN JEUNE ISRAÉLIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            
Le père de Solomon Teka

          L’enquête sur la mort du jeune éthiopien Solomon Teka, âgé de 18 ans, tarde à se conclure mais comme toujours dans ces cas, les extrémistes de droite sont vent debout pour défendre le meurtrier. Hier déjà, on glorifiait un jeune appelé qui avait tiré sur un terroriste blessé, à terre et désarmé, dans une action que les gens de son bord avaient qualifié d’héroïque. Le chef d’État-major de l’époque, Gadi Eizenkot, avait été ferme au nom de l’éthique de Tsahal pour condamner ce qui n’était rien de moins qu’un meurtre.




En janvier 2019, Yéhouda Baidaga, 24 ans, de Bat Yam, a été abattu par un policier. Selon la police, le jeune éthiopien courait dans la rue avec un couteau vers les deux policiers. Cela était bien sûr une faute mais qui ne méritait pas la mort d’un israélien. Si le policier avait mesuré la réalité de la situation, il aurait pu le neutraliser en tirant sur ses jambes sachant que son collègue était à ses côtés pour le protéger d'un adolescent. L’enquête avait conclu que le policier avait agi conformément aux procédures de tir.
Ces dernières années 11 éthiopiens ont été abattus par la police dans le silence pesant de l’opinion publique. La police israélienne a toujours été digne et a toujours fait son travail avec efficacité. Mais il est indispensable qu’elle soit sanctionnée lorsqu’une brebis galeuse agit en son sein.
Mais ce qui est sujet d’inquiétude c’est la prise de position systématique des éléments d’extrême-droite pour défendre l’indéfendable. Dans une interview à la télévision française j’avais volontairement utilisé le terme d’attentat (selon le Larousse : Tentative criminelle contre une personne, surtout dans un contexte politique). Je trouvais lourde de conséquence l’expression meurtre ou assassinat pour un membre des forces de l’ordre. 
Une des passionarias des extrémistes, religieuse de surcroît donc attachée à la vie humaine, s’est élevée contre mon intervention qui appelait un chat un chat. Elle aurait voulu que j’utilise un terme alambiqué pour justifier le tir contre un jeune désarmé ; pour elle il s’agissait seulement d’une «main trop légère sur la gâchette» mais le résultat est le même puisque les parents pleurent celui qu’ils ont élevé pendant dix-huit ans. Si le ridicule tuait ! 
Pourquoi le policier qui n'était pas en service a sorti son arme ? Il était face à quel danger ? La vidéo fait foi et elle démontre qu'il fallait être prudent avec une main "trop légère". Pour cette inconditionnelle de la police : «En utilisant le terme attentat, non seulement tu faillis a ton boulot de journaliste mais tu dresses un tableau erroné d'une situation déjà dramatique». Quelle leçon!
Photo Slate.fr

L’aveuglement politique de ces extrémistes est tel qu’il faut défendre les institutions de l’État, quelles que soient les conditions, pour éviter que cela ne rejaillisse sur le gouvernement, sur Benjamin Netanyahou en particulier, surtout en période électorale. Certains policiers ont tendance à réagir de manière inconsidérée contre les minorités surtout dans le cadre d’une infraction mineure et à perdre le contrôle de la situation. 
Les policiers ne sont pas au-dessus de tout soupçon et ne possèdent pas une licence pour enfreindre les lois. Il doivent tenir compte de l’éthique et de la déontologie policières. Tout autre jugement politique dénature la fonction des forces de l’ordre et jette un voile de suspicion sur ceux qui ont pour mission de nous protéger et de nous défendre alors qu'à part quelques exceptions minimes, la police est respectueuse des droits des citoyens.

Le combat contre le racisme éthiopien devrait être le combat de toute la population. Les jeunes éthiopiens se battent seuls et paradoxalement ils ne sont pas soutenus par l’intelligentsia israélienne, les politiciens et les artistes. Ils sont parfois attaqués par certains sites francophones de caniveau qui, comme d'habitude, sont prêts à tout pour défendre leurs convictions racistes.

3 commentaires:

airdularge a dit…

Même s'il n'est pas facile d'être policier dans le contexte de violence auquel est confronté Israël, doit-on parler, peut-on parler de bavure ?
Qu'en aurait-il été si ce jeune israélien n'avait pas été d'origine éthiopienne ?
Un clivage s'est instauré semble-t-il, autour de la notion d'éthique.
Pour Israël, dont ce devrait être là raison d'être, c'est devenu dramatique.
Souhaitons qu'une prise de conscience s'installe rapidement avant que celà devienne irrespirable,
Irréversible.

2 nids a dit…

Un jeune Juif est mort...encore une injustice..Pourquoi une certaine partie de la population Juive est elle laissée de coté..?
Pourquoi des rescapés de la Shoah vivent ils dans la misère en ISRAEL..?
Pourquoi une telle indifférence..?
Alors qu'ISRAEL devrait faire son possible pour unir les "12 tribus d'ISRAEL", on ne voit ,à ce jour, que des tiraillements sans fin..
ISRAEL devrait être un phare de la "démocratie", de l'unité, au contraire, chacun tire dans les pattes pour un profit qu'ils n'emporteront pas dans la tombe, alors..? on se réveille..? ou on copie son voisin..?
La vie sur cette planète nous est comptée, il serait temps de s'en apercevoir à temps!

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Vous avez le cas Salomon Teka, nous avons le cas Zineb Redouane.
Salomon Teka est un jeune homme, Zineb Redouane est une vieille femme.
Vous, vous savez qui a tué Salomon Teka, mais nous, nous ne saurons sans doute jamais qui a tué Zineb Redouane !
Qui, de votre police ou de la nôtre, a la meilleure éthique ?

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Très cordialement.