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mardi 11 juin 2019

La tentation de la rupture par Dov ZERAH



LA TENTATION DE LA RUPTURE

Le point de  Dov ZERAH



Avant de vous parler du Brexit, je vous invite à vous souvenir de deux épisodes historiques. Il y a 75 ans, le 6 juin 1944, c’était le D-Day. Souvenons–vous du courage de ces jeunes venus d’outre-Manche, d’Australie, du Canada, des États-Unis, de Nouvelle-Zélande, et d’autres contrées lointaines pour libérer l’Europe du joug nazi. Souvenons-nous d’«Omaha la sanglante» où plus de 2.500 américains ont été tués, ont disparu ou se sont noyés, et près de 2.200 ont été blessés. Souvenons-nous du courage des hommes de la première vague d’assaut dont 90% ont été tués ou blessés.




Il y a 75 ans, le 10 juin 1944, c’était le massacre d’Oradour-sur-Glane. Souvenons-nous du massacre des 642 habitants d’Oradour-sur-Glane par les hommes de la division Das Reich de la Waffen SS, et en particulier les 350 femmes et enfants enfermés et brûlés dans l’église mise à feu par les Nazis.
Que serions-nous devenus sans la résistance du peuple britannique sous la direction de l’inébranlable Sir Winston Churchill ? Les Britanniques ont été seuls face aux Nazis, entre le 16 juin 1940, avec la signature de l’armistice par Philippe Pétain, et le 22 juin 1941 avec la rupture par Hitler du pacte germano-soviétique et l’invasion de l’URSS. C’est la première erreur cardinale d’Hitler, la seconde étant, le 11 décembre 1941 avec la déclaration de guerre de l’Allemagne aux États-Unis.
En réfléchissant sur l’Europe et le Brexit, souvenons-nous de cette tragique histoire européenne. Theresa May a fini, en larmes, par donner sa démission. Elle a fait preuve d’une ténacité toute britannique et d’un exceptionnel sens du devoir. Elle a réussi à tenir un peu moins de trois ans (du 11 juillet 2016 au 7 juin 2019) face à un parlement insaisissable avec une opposition travailliste refusant tout compromis et une majorité conservatrice divisée entre des clans dont le seul objectif était le départ du Premier ministre. Depuis trois ans, le parlement britannique, temple de la démocratie parlementaire, nous offre un triste spectacle. Ce n’est qu’au troisième rejet du projet d’accord avec Bruxelles qu’elle a jeté l’éponge.


Incessamment sous peu, l’histoire de ces trois ans et de ce formidable gâchis sera écrite. A ce stade, il est possible de tirer quelques enseignements :
- Theresa May est entrée dans le sujet du Brexit avec la conviction que «pas d’accord est préférable à un mauvais accord…» A force de le répéter, elle a radicalisé les députés conservateurs.
Dans le même temps, elle a progressivement acquis la conviction qu’un accord était nécessaire. N’hésitant pas à dérouter certains de ses supporters, elle est allée jusqu’à prononcer cette phrase testamentaire selon laquelle «un compromis n’est pas un gros mot».
C’est un message important qu’elle adresse à son successeur à un moment où la tentation de la rupture radicale est forte, où l’envie de «jeter le bébé avec l’eau du bain» semble submerger tout le monde.
        - Le report de la date de sortie de l’Union européenne à fin octobre 2019 a entraîné une diminution de ses soutiens.
    - Ses tentatives infructueuses de négociation avec les Travaillistes de Jérémy Corbin ont accentué l’acrimonie des Conservateurs qui n’ont pas compris qu’elle ne cherche pas à rassembler et convaincre son camp avant d’essayer de s’entendre avant l’opposition.
La dernière tentative avec la proposition d’un second référendum a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Maintenant que Theresa May partie, son successeur aura un sacré défi à relever surtout après la défaite historique des Conservateurs aux dernières Européennes et la victoire de l’extrémiste Nigel Farage. Tout cela n’est pas de bon augure.
C’est plus facile de détruire que de construire. Il faut y prendre garde ! Dans notre monde globalisé, il n’y a que des stratégies d’alliance, de partenariat. Il est difficile de conduire une démarche de cavalier seul. Nous avons pu le constater au cours des trois dernières années. Theresa May a sillonné le monde pour négocier des accords commerciaux bilatéraux, en remplacement des accords que le Royaume-Uni a via l’Union européenne.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Si on se réfère à la définition de monsieur Littré du mot TENTATION : "mouvement intérieur par lequel on et porté à des choses, soit indifférentes, soit mauvaises", cet article suggère que "la tentation de la rupture" d'avec l'UE, telle que voulue par les Britanniques, est mauvaise moralement.
Pour le prouver, l'article n'hésite pas à opposer les combattants qui se sont sacrifiés pour la liberté de l'Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale, à leurs descendants qui ont voté pour le Brexit, sous-entendant ainsi qu'ils étaient indignes de leurs pères et grand-pères !
En d'autres termes, l'Union européenne serait notre nouvelle Jérusalem céleste, y renoncer nous condamnerait à la géhenne.
Il faudrait demander aux Suisses et autres Norvégiens, ce qu'ils en pensent !