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mercredi 26 juin 2019

Baril de pétrole ... ou de poudre par Dov ZERAH



BARIL DE PÉTROLE …OU DE POUDRE

Le point de  Dov ZERAH



Trump signe des sanctions
Après être sorti de l’accord nucléaire avec l’Iran et édicté des sanctions contre ce pays, le Président Donald Trump a renforcé son dispositif militaire dans le Golfe Persique. La crise a marqué un tournant lorsque les Américains ont, dans la panoplie des sanctions, retiré les dérogations consenties à certains pays acheteurs de pétrole iranien, comme la Chine, la Grèce ou l’Italie, ce qui a considérablement accentué la crise économique en Iran. Parallèlement, les échanges verbaux entre les deux parties sont devenus de plus en plus acrimonieux.



Dans le même temps, l’Iran ne s’est pas rendu à la table des négociations, mais n’a cessé de multiplier les attaques contre :
- Les intérêts américains au Yémen, par l’intermédiaire des tribus houthistes
- Les troupes américaines basées en Irak, quotidiennement harcelées par des milices chiites
- Six tankers japonais, norvégiens, émiratis, depuis fin mai.
Jeudi dernier, l’escalade a franchi un degré supplémentaire avec la destruction d’un drone américain RQ-4A, d’une valeur de près de 130 millions$.
Le Président Donald Trump a immédiatement réagi, en déclarant sur Twitter que «l’Iran a fait une énorme erreur» … avant de se rétracter, en écrivant que «c’était une erreur faite par quelqu’un qui n’aurait pas dû tirer». Cette sur réactivité du Président américain est aujourd’hui problématique.
Et pourtant là n’était pas le sujet ! La question était de savoir si le drone a ou non pénétré l’espace aérien iranien, volontairement ou par inadvertance. Alors que les Iraniens ont publié les coordonnées du lieu de violation de leur espace aérien, les Américains ont affirmé, de leur côté, que le drone avait été abattu à 34 km des côtes iraniennes, au-dessus des eaux internationales.
Il y a quelques jours, le détroit d’Ormuz a failli s’enflammer. Nous avons appris dimanche, par une indiscrétion, peut-être organisée, que le président américain a arrêté au dernier moment une frappe sur trois sites iraniens. Il a personnellement relaté les faits «nous étions armés et prêts à riposter … quand j’ai demandé combien de personnes allaient mourir…» A la réponse «150 personnes», il a ajourné la réplique armée à la destruction du drone.
Étrange révélation ! Comment se fait-il que le Président Donald Trump ait attendu le dernier moment pour poser cette question ? Pensait-il que les frappes envisagées n’allaient pas causer des victimes ?
Gina Haspel

En plus, sort une information, ou une désinformation, selon laquelle le président américain affronterait «un clan de durs» composé notamment de son secrétaire d’État, Mike Pompeo, de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, ainsi que de la directrice de la CIA, Gina Haspel. Laisser transpirer de telles divisions au plus haut niveau de l’État interpelle !
A-t-il changé d’avis parce que les représentants démocrates lui ont clairement signifié leur opposition à la guerre, ou parce que les sondages d’opinion sont aussi contre toute action militaire ? En démocratie, c’est difficile de partir en guerre contre le Congrès et le peuple, et dans ces conditions, c’est difficile de conduire une guerre.
Dès lors, la tension est-elle un préliminaire à un affrontement ou une simple posture pour négocier ? Le précédent avec la Corée du Nord peut laisser croire que le bras de fer est une tactique de négociation pour arriver en position de force à la table des discussions. Il faut espérer qu’il en soit ainsi, car la situation peut dérailler à tout moment.
Néanmoins, la crédibilité américaine est écornée par ces péripéties d’autant que le Président Donald Trump a dès le début de la crise fait passer le message à Téhéran qu’il ne voulait pas la guerre ; il a même accepté que le premier ministre japonais, également président en exercice du G20, aille sur place rencontrer les autorités iraniennes pour examiner les conditions d’un retour à la table des négociations. Courageux Shinzo Abe en discussion avec ses homologues iraniens au moment où un de leurs tankers était attaqué.
Ne pouvant, momentanément ou durablement, faire usage de la force, les Américains ont annoncé de nouvelles mesures dans trois directions :
- Le lancement de cyberattaques contre les installations nucléaires
- Le harcèlement des bateaux iraniens
- Enfin, le soutien aux populations locales dans leur lutte contre la théocratie des mollahs.
   Le succès d’une telle stratégie risque de prendre du temps, alors que l’Iran n’hésite pas à attaquer, et à reprendre son programme nucléaire d’enrichissement de l’uranium. Pendant ce temps, courent des rumeurs de négociations directes ou indirectes, officieuses ou officielles. L’Iran souhaiterait pouvoir exporter un million de barils par jour contre 500.000 aujourd’hui.
    Le troc serait baril de poudre contre baril de pétrole ; cela peut intéresser le Président Donald Trump qui, depuis deux ans, a marqué son souci de ne pas laisser flamber le prix de l’or noir.
   En attendant, faisons attention. On ne joue pas impunément avec le feu !

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

J'ai cherché fébrilement les mots "Europe" ou "France" dans cet article qui auraient justifié que je mobilise mes quelques neurones pour comprendre de quoi il traitait.
Dieu soit loué, je ne les ai pas trouvés et en ai été extrêmement soulagée car en France, nous risquons d'être victimes d'une catastrophe sans commune mesure avec celles que vous évoquez.
Comme vous ne l'ignorez sans doute pas, ici c'est l'été, et nous avons chaud, très chaud ! Trop chaud ? Cela a un joli nom : "CANICULE" !
Nous sommes donc, pour l'heure, incapables de nous extraire mentalement de cette menace, incapables de réfléchir sereinement aux problèmes du monde qui, heureusement, n'a d'ailleurs nul besoin de notre concours pour tourner de travers.
Croyez bien que je suis désolée.

abraham a dit…

Quand c'est l'heure c'est l'heure