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dimanche 19 mai 2019

L'appel de Christchurch, véritable sursaut de l'Occident ? par Michèle MAZEL



L’APPEL DE CHRISTCHURCH, VÉRITABLE SURSAUT DE L’OCCIDENT ?

La chronique de Michèle MAZEL 



Le 16 mars, au lendemain de l’attentat, la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, coiffée d’un foulard noir, est allée à la rencontre des rescapés et des familles 
          
          Voilà des années que les lieux de culte, longtemps vénérés comme de véritables sanctuaires se transforment en pièges mortels pour les fidèles. Un phénomène hélas trop courant au Moyen-Orient. S’il y a deux catégories bien distinctes de victimes dans cette région du monde, les perpétrateurs sont les mêmes. Il s’agit en effet d’une part des églises chrétiennes et de l’autre des mosquées, visées par un même fanatisme musulman. En ce qui concerne les églises, ce ne sont plus seulement les édifices, comme ce fut le cas lors des destructions massives orchestrées par l’Etat islamique. Cette fois charges explosives et commandos suicides visent délibérément les hommes, les femmes et les enfants en prières. 



Eglise copte en feu


          C’est en Égypte que les attentats les plus sanglants se sont produits, endeuillant la forte minorité copte dont la présence au pays du Nil précède de plus de sept siècles l’arrivée de l’islam. Et les mosquées, direz-vous ? Les mosquées payent le prix des guerres de religion qui opposent aujourd’hui au nom d’un même Dieu compatissant et miséricordieux les tenants d’un islam sunnite et ceux de l’islam chiite. Tous les moyens sont bons dans cette lutte fratricide : explosifs, voitures bélier et militants fanatisés déclenchant leur charge de morts au milieu des fidèles. Morts et blessés se comptent par milliers. 
Attentat mosquée Al Rawda



          Faudrait-il croire que l’on s’habitue à tout ? En Occident ces atrocités ne font plus la Une des médias tant qu’elles restent confinées au Moyen-Orient. La sanglante offensive des Musulmans du Sri Lanka contre les églises le jour de Pâques a fait exception sans pourtant provoquer une crise de conscience. On n’a pas entendu d’appel à la lutte contre le terrorisme musulman ; les chefs d’État et de gouvernement ne se sont pas réunis en urgence pour discuter d’une politique commune visant les messages de haine véhiculés par les réseaux sociaux et par l’internet. 
Emmanuel Macron et la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern,



          Jusqu’à ce mercredi 15 mai où il a été enfin décidé de faire quelque chose. A l’initiative du président Macron, une réunion internationale s’est tenue à Paris. Parmi les participants un roi, trois présidents, un vice-président et cinq premiers ministres venus pour lancer un message fort. L’objectif, selon le Figaro du 15 mai ? Eliminer les contenus terroristes en ligne, «lutter contre les causes du terrorisme et de la violence extrémistes…appliquer les lois déjà existantes (!)… et garantir que les médias traitent de manière éthique les attentats». Ce programme ambitieux a reçu l’appui d’une formidable Taskforce : toujours selon Le Figaro pas moins de huit représentants de l’industrie des nouvelles technologies sont sur les rangs, et notamment Amazon, Google, Microsoft, Facebook et Twitter. 


          Une vingtaine de pays, poursuit le quotidien, ont déjà signé le texte. Petit bémol toutefois : les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils ne s’associeraient pas à cette louable entreprise. Au fait, pourquoi cette bienheureuse bien que tardive prise de conscience d’un fléau dont les victimes ne se comptent plus ? C’est que dans la ville de Christchurch en Nouvelle Zélande un suprémaciste blanc a massacré cinquante et un citoyens musulmans en prières dans deux mosquées. D’où le nom donné à cette importante initiative : «L’appel de Christchurch».


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