LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

jeudi 30 mai 2019

L'affirmation indienne par Dov ZERAH



L’AFFIRMATION INDIENNE

Le point économique de  Dov ZERAH



Modi

Un événement est largement passé inaperçu dans une Europe travaillée par ses vieux démons nationalistes et xénophobes, l’exceptionnelle victoire aux dernières législatives indiennes du premier ministre Narendra Modi et de son parti nationaliste hindou du Bharatiya Janata (BJP). Sa première victoire de 2014 s’appuyait sur deux ressorts :



- Casser la domination du Parti du Congrès et des dynasties Nehru et Gandhi, en pointant du doigt le népotisme et la corruption du système politique mis en place depuis l’indépendance de 1947.
- Défendre l’idéologie nationaliste religieuse du hindutva, avec le mot d’ordre simpliste «l’Inde aux Hindous». Narendra Modi a ouvert la boîte de Pandore des oppositions communautaires, ce qui a entraîné des attaques contre les musulmans.
Au-delà de ces orientations politiques, le programme économique de Narendra Modi vise à libéraliser l’économie indienne. Il a relancé la croissance indienne en engageant une politique de réformes pour s'attaquer aux goulots d'étranglement : nombreuses et excessives réglementations, médiocrité du climat des affaires, insuffisance et mauvaise qualité des infrastructures, formation insuffisante de la main d’œuvre, faible bancarisation de la population, fiscalité complexe…

Malgré l’énorme potentiel du marché indien, l’Inde est insuffisamment attractive pour les investisseurs, et plus particulièrement pour les investisseurs étrangers. Le mouvement de croissance que connaît le pays depuis le milieu des années quatre-vingt-dix s’est accentué, et marque un rythme supérieur à 6,5/7%, et même à 8,5% en 2016. Depuis plusieurs années, la croissance indienne est supérieure à celle de la Chine.
Dans le même temps, les perspectives démographiques indiennes sont devenues plus positives que celles de l’Empire du milieu, qui a enregistré en 2018, une baisse de sa population totale. Entre la démographie débridée de l’Inde et la tentative chinoise de contrôle des naissances, notamment avec la politique de l’enfant unique, les habitants des 3.287.263 km² du sous-continent indien sont aujourd’hui près de 1,4 milliard presque autant pour le pays le plus peuplé au monde.
La combinaison des croissances économique et démographique laisse présager que l’Inde est en mesure de dépasser la Chine, et d’être le grand acteur mondial ; selon le FMI, l’Inde contribue déjà à la croissance mondiale à concurrence de 15%. Elle est la 7ème puissance économique mondiale, en passe de devenir, d’ici 2030, la 3ème puissance économique mondiale, étant entendu qu’elle l’est déjà en termes de parité de pouvoir d’achat derrière la Chine et les Etats-Unis.
Mais cette belle perspective s’est momentanément enrayée à la suite de deux décisions :
- Pour limiter le marché noir et contenir les paiements en liquide, les autorités ont engagé, en novembre 2016, une opération monétaire qui va entraîner un manque de liquidités. Le FMI n’a pas hésité à assimiler cette situation à celle «d’une personne qui se tire une balle dans le pied». Cette démonétisation aurait coûté deux points de croissance au pays.
- Pour unifier le marché intérieur et supprimer une multitude de petites taxes, le gouvernement décide, en juillet 2017, d’introduire la TVA. Cela va voir un effet négatif sur la situation économique.
Avec une croissance de 6,6% en 2017, «la vague Modi» a paru se heurter sur cette situation. Le parti du Premier ministre a subi trois revers électoraux aux élections régionales, et beaucoup lui prédisaient une défaite aux législatives de 2019. Il n’en est rien ! Bien au contraire !
Le Premier ministre a remporté la majorité absolue, probablement grâce à une croissance de plus de 8% en 2018, et à la fierté qu’il a alimentée chez ses compatriotes avec cette affirmation nationaliste de devenir un grand, voire le grand mondial. 
Une nouvelle fois, l’Inde a démontré qu’elle est la plus grande démocratie au monde. Pour en faire une puissance mondiale de premier ordre, Narendra Modi a cinq ans supplémentaires pour réduire, voire éliminer les fractures qui fragilisent le pays : la pauvreté, notamment en milieu rural, les inégalités, les violences, y compris les violences intercommunautaires, les tracasseries administratives, la corruption…
Comme a coutume de dire Narendra Modi «l’éléphant endormi s’est mis à courir». L’Europe devra en tenir compte, à un moment où elle est profondément divisée.

5 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Quand j'ai lu, dès les premières lignes : "l'Inde aux Hindous", mon sang n'a fait qu'un tour. Mais je me suis vite reprise, me souvenant à temps que l'Inde ayant été colonisée, les Hindous ont le droit de proférer ce qui pour tout autre - et en particulier les Français - serait considéré comme une véritable ignominie !

Daniel L. LEVY a dit…

Il reste à Mr. Modi, beaucoup à faire, et ce mandat de 5 ans n'y suffira probablement pas. J’espère qu'Israel développera les contacts avec l'Inde au delà des ventes d'armes! J'aimerais beaucoup qu'un accord d’équivalences académiques soit ENFIN signé, afin que nos jeunes gens qui "font" l'Inde après leur long service militaire puissent rentrer "habaytha" avec des diplômes, qui sont préférables aux maladies mentales dues à l'abus de drogues qu'il rapportent souvent de la-bas!

2 nids a dit…

L'Inde est beaucoup trop peuplé et la catastrophe démographique est inévitable, ensuite elle se lance dans le libéralisme, on sait ce que ça donne en Europe une minorité de grands riches et un maximum de pauvres, ensuite un Premier ministre portant le nom de Modi..on est plus proche de l'enfer que du paradis, sorry pour cette comparaison mais aller faire "des affaires" en Inde, c'est contribuer à l'épuisement de notre planète, continuer à polluer et n'avoir aucune morale...

Véronique Allouche a dit…

@marianne
« La France aux français ».... devise du journal La Libre Parole dont le
propriétaire n’est autre que Drumont de triste mémoire. Il est difficile aujourd’hui de reprendre ce slogan sans y voir une connotation raciste et antisémite me semble-t-il.
Cependant comment résoudre le fait que les français perdent peu à peu leur identité par une importante population si différente de la leur dont on n’a pas mesuré la distance de civilisation qui les sépare? C’est là tout l’art d’une politique ferme et volontaire pour que la culture française ne disparaisse pas sans toutefois en passer par la xénophobie.
Exercice difficile qui n’est à la hauteur d’aucun homme politique actuel.
Bien cordialement
Ps: pardon à Dov ZERAH pour m’être éloignée de son sujet!

Unknown a dit…

L'Inde n'est pas une démocratie.
Pas un mot n'est dit sur la persécution des chrétiens dans ce pays.
Les autorités, et en particulier le BJP veulent faire de ce pays un indouistan en éradiquant tout ce qui n'est pas indou, et ce d'ici 2021 !
Or, les chrétiens dans ce pays sont nombreux.
Ils souffrent depuis déjà longtemps, et avec le BJP ça risque de devenir encore pire !