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vendredi 24 mai 2019

Europagate : On ne danse plus la valse à Vienne par BAZAK


EUROPAGATE : ON NE DANSE PLUS LA VALSE À VIENNE
Par BAZAK

Hanz-Christian Strache

   Déjà plusieurs jours après l’Ibizgate, l’actualité est en marche, tout va très vite. La scène s’est passée à Ibiza, en 2017. L’alcool coule à flot. Hanz-Christian Strache, le leader du parti d’extrême droite FPÖ, vice-chancelier autrichien, est affalé sur un canapé, à côté d’une blonde voluptueuse, présentée comme la nièce d’un oligarque russe. Il a demandé à la jeune femme de lui obtenir un financement pour sa campagne électorale. En échange, il promet à l’homme d’affaires russe de lui faire obtenir des contrats publics ainsi que des parts d’un grand tabloïd autrichien pour lui favoriser une bonne couverture.
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Face à une crise sans précédent, tous les ministres du FPÖ ont démissionné. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a convoqué des élections anticipées pour septembre, donc encore trois longs mois à attendre. Tout cela, quelques jours avant les élections de dimanche 26 ! On parlait traditionnellement de l’Autriche comme d’un pays tranquille ?

Cette nouvelle crise, risque d’augmenter la défiance déjà constatée envers les partis politiques, quelle que soit leur couleur, notamment en France. Cela ne semble pas devoir être le cas. Il s’avère que ce sont les partis nationalistes, souverainistes populistes, qui semblent avoir l’ancrage le plus stable au niveau de leurs électeurs. Ce qui ne devrait pas modifier la situation électorale.
Le chancelier pourrait ainsi trouver une occasion de se débarrasser une bonne fois de l’extrême-droite au gouvernement. Le FPÖ atteint 27% des suffrages et bénéficie également d’un réel ancrage dans le pays. Ce ne sera une tâche facile de s’en passer.
Alexander Van der Bellen

Le président de l’État Alexander Van der Bellen jouera un rôle très important dans la situation, conformément à la constitution qui lui permet de proposer la nomination de ministres qui peuvent être des fonctionnaires ou des experts. Dans les prochains jours, lors d’une session extraordinaire, l’opposition proposera une motion de censure contre le gouvernement. Si elle l’emporte, le gouvernement et le Chancelier devront démissionner. Ces événements sont uniques dans l’histoire de Autriche.
Reste à savoir comment le parti SPÖ social-démocrate pourra et saura réagir à cette affaire. Le parti est déstabilisé et a beaucoup perdu en crédibilité.  Le résultat pourrait être dans tous les cas, le 26 mai et en septembre, une forte augmentation de l’abstention. Nous serons fixés dimanche. Les électeurs désabusés du FPÖ se tourneront sans doute vers le ÖVP plutôt que le SPÖ. Les deux mouvements Verts pourraient faire alliance, vu la nouvelle donne. Il existe quelques autres petits acteurs. Cette redistribution des cartes pourrait se traduire en septembre par une nouvelle coalition contre l’extrémisme sans les FPÖ très perturbés par le scandale.
Les conséquences sont importantes pour la vie politique autrichienne. Il pourrait y avoir un retour au bipartisme ancien entre ÖVP et SPÖ ou l’émergence de partis moins importants mais présents comme les Verts et les Libéraux. Mais pour cela, il faut réaliser une alliance contre le populisme. Pour mémoire en 2002 (Jorge Heider) le FPÖ était tombé à 10% en raison d’un conflit interne.
Sebastian Kurz

Il semble que le FPÖ, malgré ces soubresauts, réussisse à maintenir sa place au soleil.  Le test de dimanche 26 nous apportera une première réponse tant sur la résistance du FPÖ au scandale qu’à l’abstention, si elle augmente. En clair, l’Autriche de demain devra continuer à vivre avec ce parti et l’Europe aussi.
Pour tirer profit de cette situation, le chancelier Sebastian Kurz se posera en victime et se présentera comme sauveur et homme providentiel, arguant de sa parfaite connaissance du comportement de son ex-allié. On doit néanmoins s’attendre à ce que l’ex-ministre de l’intérieur Herbert Kicki, très expérimenté, soit un adversaire très coriace.
En Europe, on peut tirer l’enseignement que les partis populistes ne sont pas aussi forts et qu’ils restent vulnérables, non seulement sur le plan idéologique mais aussi sur le plan moral, bien que la morale ait depuis longtemps perdu sa place en politique. Il y a quelques restes !
On ne fera pas l’économie d’une série de questions sans réponses sur l’apparition quelques jours avant le 26 mai de cette fameuse vidéo dont on ne connaît pas l’origine, toutes les hypothèses sont permises. On se souviendra du rôle joué par l’israélien Tal Silberstein. Autant de questions qui trouveront peut-être une première réponse, après le 26 mai. La fameuse vidéo livrera un jour ses secrets. Ce qui est certain, c’est sa diffusion calculée juste avant les élections européennes alors qu’elle date de deux ans !  Sans doute un piège, mais on ne vaincra pas le populisme, l’antisémitisme, le racisme uniquement à coup de cameras et de films. Le mal est beaucoup plus profond. Pour l’éradiquer, il faudra des convictions, un programme politique et économique digne des peuples européens et si possible, une dose de morale et d’humanisme. Ce qui est sans doute le plus difficile à trouver dans une société de plus en plus matérialiste et individualiste.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Grave erreur monsieur Bazak ! Car quels que soient les aléas qui frappent la classe politique autrichienne - qui, je vous l'accorde, sont détestables, mais pas fondamentalement différents de ce qu'on peut constater dans la majorité des pays européens - Vienne est et restera la capitale de la valse !

Pour mémoire rappelons que c'est au Congrès de Vienne organisé par Metternich pour réorganiser l'Europe après la chute de Napoléon Ier, que la valse a conquis ses lettres de noblesse.

Quant à moi, qui suis viennoise de par ma naissance, il ne me déplairait pas que la nouvelle Europe qui pourrait sortir des urnes le 26 mai prochain, prenne son envol à Vienne, sur un air de valse !

Cordialement.