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jeudi 23 mai 2019

Elections européennes : les damnés de la terre par BAZAK



ÉLECTIONS EUROPÉENNES : LES DAMNÉS DE LA TERRE

Par BAZAK

Immigrants des Balkans
Faute d’une vision claire et à long terme sur la question de l’immigration, on assiste à une confrontation frontale sur la doctrine à appliquer entre deux groupes ; l’un essentiellement constitué par les pays d’Europe centrale, des Balkans et des pays Baltes auxquels se sont joints l’Autriche et l’Italie, résolument opposés à l’immigration avec quelques nuances ; l’autre groupe où se retrouve les autres pays plus «ouverts» plutôt partisans d’une politique des quotas. Dans sa version actuelle l’espace Schengen aura vécu.



La route des Balkans

La nouvelle assemblée, le conseil européen et la commission issus du nouveau rapport de force lors des prochaines élections, devront faire preuve de beaucoup d’imagination et d’une vision d’avenir en proposant une toute nouvelle définition. Leur responsabilité sera historique.
Toutes les mesures prises, soit par l’UE, soit par les membres séparément, n’ont pas permis de trouver une solution viable au problème des migrants. La chancelière Merkel avait clairement analysé cette situation en janvier 2019 : «tout le monde sait qu’une fois débarqué dans une île grecque, on peut arriver en Grèce continentale, en Allemagne, en Suède, en Autriche ou ailleurs». Pendant que ce week-end se réunissent à Milan sous l’égide de Mateo Salvini, «l’alliance des patriotes européens» dont le socle commun est leur rejet catégorique de toute immigration. Pour le reste on s’efforce de minimiser les différences, mais elles existent.
Victor Orban le hongrois n’est pas présent. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que les partis souverainistes, populistes, nationalistes sauront se réunir au sein d’un seul parti. Pendant ce temps on spécule sur les statistiques, les flux humains sont devenus des nombres !  Mais on n’a pas encore présenté de programme réel à long terme sur ce sujet majeur pour l’Europe. Le réalisme et le cynisme ont très largement pris la place de l’humanisme même très tempéré.
Ce qui change, l’Italie est devenue la cible principale des attaques des gouvernements et de la commission, Que propose le groupe de Visegrad depuis la crise de 2015 auquel se sont joints récemment l’Autriche et l’Italie ? Quelles sont les critiques du groupe de Visegrad, de l’Autriche et de l’Italie ? L’argument selon lequel l’Europe devrait aider les migrants de rejoindre les côtes européennes pour éviter des victimes paraît très hypocrite car les politiques libérales d’immigration se traduisent par plus de tentatives et plus de victimes, et d’ajouter que bien au contraire, la politique des ports fermés a divisé par 2 le nombre de noyades mortels, de 2.800 en 2017 à 1.300 en 2018.
Pendant que la politique de ports entre-ouverts de l’Espagne s’est traduite par une augmentation des noyades. Ces pays proposent outre le renvoi immédiat, une interdiction à vie d’entrée dans l’UE et l’application stricte de la politique des centres fermés jusqu’à obtention de l’asile ou du renvoi ainsi qu’un rétablissement des frontières nationales.
Fabrice Leggeri

L’agence Frontex, créée en 2004, a pour mission de coordonner la coopération opérationnelle des États membres aux frontières extérieures de l'Union européenne en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Son directeur, Fabrice Leggeri, déclarait déjà en juin 2016 que la réduction très importante des arrivées en provenance de la route est-Méditerranée était le résultat du double effet de la fermeture des frontières des Balkans et la mise en application de l’accord UE-Turquie. Ce qui a entraîné une réaction en chaîne des pays voisins de même nature.
Dans une interview cette semaine, il a déclaré que l’objectif est d’atteindre dix mille fonctionnaires chargés de protéger les frontières d’ici 2024, de porter progressivement le budget à 500 millions d’euros par an, qui pourrait ensuite atteindre un milliard. En fait on en retire que la décision serait déjà prise de s’attaquer aux conséquences plutôt qu’aux causes et donc de vivre avec cette situation, sachant que le degré zéro immigration n’existe pas, sans aucune projection d’avenir !
Pendant ce temps, dans les camps de transit organisés et financés avec et par l’UE en Libye, on tue, on viole, on pratique l’enlèvement, la rançon, on fait commerce d’êtres humains. Des membres du personnel de la Women's Refugee Commission ont interrogé des survivantes en Italie et ont notamment discuté avec des sauveteurs. «Lors de leur voyage à travers le désert, de nombreux réfugiés sont enlevés par des trafiquants d'êtres humains et des groupes armés ou placés dans des centres de détention officiels», explique Sarah Chynoweth, auteure de l'étude.  «Ces violations des droits de l'homme les plus graves sont perpétrées par l'intermédiaire de partenaires de l'Union européenne, ce qui est formulé de manière encore plus stricte», a déclaré Karl Kopp de l'organisation de défense des droits de l'homme Pro Asyl.


Les garde-côtes libyens interceptent les réfugiés et les renvoient dans des camps de torture, pour générer des profits. «Nous avons assisté à des événements similaires dans le Sinaï, où des femmes érythréennes ont fait chanter des familles». En Libye, cependant, ce sont «nos camps, des camps de gouvernements reconnus financés par l'Europe, où se produisent les pires violations des droits de l'homme», a déclaré Kopp. Cela se fait au nom de l’Europe et fait partie des accords avec l’État de guerre civile, la Libye.
Un cycle d’emprisonnement et d’exploitation, de violence et d’abus auquel il semble impossible d’échapper : c’est ce que confirme la dernière étude de l’ONG internationale Commission des femmes réfugiées pour les réfugiés en Libye.  Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), environ 670.000 migrants se trouvent dans ce pays d'Afrique du Nord. Environ 5.000 à 6.000 réfugiés seraient détenus dans des camps.
Pourrons nous continuer longtemps à fermer les yeux sur cette situation ? Pourrons nous oublier que nous, nos proches ou nos familles avons aussi été des immigrés, des persécutés, des pourchassés pour divers motifs ?  Pourrons nous proclamer que nous ne sommes ni coupables, ni responsables et qu’après tout, nous n’y pouvons rien, à la guerre comme à la guerre ? 



1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Et rien sur cette autre confrontation : la 64ème édition de l'Eurovision de ce samedi 18 mai, qui pourtant s'est tenue à Tel-Aviv, ainsi que je l'ai entendu dire ?