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jeudi 2 mai 2019

Vers une clarification ou un enlisement en Libye par Dov ZERAH



VERS UNE CLARIFICATION OU UN ENLISEMENT EN LIBYE ?

Le point économique de  Dov ZERAH



Depuis plusieurs mois, et surtout au cours du dernier mois, le maréchal Khalifa Haftar écrit une page de l’histoire de la Libye. Associé au coup d’État de 1969 contre le Roi Idriss, il a fait toute sa carrière dans l’ombre du Colonel Kadhafi. En 2014, il se lance dans la lutte pour le contrôle de ce pays en proie à l’anarchie depuis le renversement du colonel Kadhafi. Il conquiert territoire après territoire, prend le contrôle en 2016 des principales infrastructures pétrolières, il conquiert Benghazi en 2017, et étend son influence jusqu’à Sheba, la capitale du Fezzan.



Général Haftar

Depuis le 4 avril, Khalifa Haftar a lancé son opération «déluge de dignité», et ses troupes de l’Armée nationale libyenne (ANL) à l’assaut de la capitale Tripoli. Cette armée est certes encadrée par d’anciens militaires de Kadhafi, mais les soldats membres de plusieurs milices, sont principalement en jogging. L’objectif est de renverser le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al Sarraj reconnu par la communauté internationale, mais qui ne contrôle qu’une partie de l’ouest libyen. Au-delà, Khalifa Haftar à occuper les lieux nationaux du pouvoir comme les ministères, la banque centrale…
Beaucoup pensaient que l’avancée aurait été irrésistible. Mais depuis un mois, confrontée à une coalition de troupes disparates, en «claquette-survêts», l’ANL est bloquée à l’entrée sud-est de la capitale. Face à l’incertitude sur le sort des armes, les alliances se font et défont entre les différentes tribus qui composent la communauté nationale ; la ville de Tar Houma, au sud de la zone des combats, et sa milice Kanyiat se sont rapprochés de Khalifa Haftar.

La principale nouveauté des derniers jours est le coup de téléphone du Président Donald Trump à Khalifa Haftar ; le président américain aurait indiqué «avoir une vision partagée de la transition de la Libye». Cette position permet de tirer deux enseignements :
- Il est loin le temps où le Président George Bush junior lançait ses troupes contre le régime de Saddam Hussein pour essayer d’acclimater la démocratie en Irak, et essayer d’en faire une base pour la propager dans le monde arabe.
Au bout d’une quinzaine d’années, et malgré encore quelques soubresauts de la guerre civile ouverte avec l’intervention américaine, l’Irak est engagé dans un vrai processus de démocratisation. Mais, cela n’a pas dépassé les frontières du pays, et les printemps arabes ont débouché, pour le moment sur des guerres civiles ou sur le retour des militaires.
- Encore une fois, le Président américain est en porte à faux par rapport à la communauté internationale qui soutient le gouvernement d’union nationale de Tripoli, et plus particulièrement par rapport à la médiation conduite sous la houlette des Nations-Unies.
La position des Etats-Unis ne constitue pas une exception. Plusieurs pays arabes soutiennent Khalifa Haftar au premier rang desquels l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Des Tripolitains ont même défilé avec des gilets jaunes pour dénoncer le soutien supposé de la France.
Haftar- Al Sissi

Comme la Syrie avant l’intervention des Russes et des Iraniens qui ont sauvé le Président Bachar El Assad, la Libye est devenue le champ clos de toutes les convoitises avec :
- Le clivage entre les pays musulmans par le soutien ou l’opposition aux frères musulmans. D’un côté, le Qatar et la Turquie, de l’autre l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats.
- Parallèlement, les nations européennes rivalisent pour influencer et prédéterminer l’avenir du pays.
Rappelons qu’avec un peu moins de 1.800.000 km², et une population une population inférieure à 7 millions d’habitants, la Libye est un pays désertique avec une densité de moins de quatre habitants au km² ; la population est principalement concentrée entre Tripoli avec 2.500.000 habitants et Benghazi avec 1.500.000 habitants.
Mais, la Libye est un pays riche, très riche avec ses ressources, ses énormes ressources pétrolières. Avec une production d’environ un million de barils par jour, la Libye est un des dix premiers producteurs de pétrole au monde. Mais, c’est surtout un pays aux énormes réserves connues avec plus de quarante milliards de barils. Il y a de quoi attiser les convoitises.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

C'est une façon de voir les choses.
Une autre serait de se demander : "Combien de millions de personnes ont été tuées dans les guerres américaines qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2011 ?" Et quelles en sont les conséquences en Occident où prolifère un terrorisme islamiste dont on va avoir de plus en plus de mal à faire semblant de ne pas comprendre l'origine ?

https://www.les-crises.fr/combien-de-millions-de-personnes-ont-ete-tuees-dans-les-guerres-americaines-qui-ont-suivi-les-attentats-du-11-septembre-2001-partie-3-libye-syrie-somalie-et-yemen-par-nicolas-j-s-davies/