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mercredi 17 avril 2019

Elections européennes : de la discorde à l'affrontement par BAZAK



ÉLECTIONS EUROPÉENNES : DE LA DISCORDE À L’AFFRONTEMENT

Par BAZAK

Jean Monnet et Robert Sdhuman

Alors que ce devait être la grande occasion de remettre les pendules à l’heure et de donner à l’idée européenne un nouveau souffle et tout son sens, après 70 ans de paix en Europe, nous sommes confrontés à une perte de sens et à une confrontation, qui n’étaient certainement pas dans le projet des pères fondateurs. Rappelons quelques dates clés pour mieux comprendre la suite.



9 mai 1950 : Déclaration de Robert Schuman ministre français des affaires étrangères en vue de la mise en commun des ressources sur base d’un plan élaboré par Jean Monnet alors commissaire au plan
18 avril 1951 : création de la CECA, Communauté Européenne du charbon et de l’acier par les 6 pays fondateurs : France, Allemagne, Italie, Belgique Luxembourg, Pays-Bas
25/03/1957 Création de la CEE Communauté européenne économique et d’Euratom
1er juillet 1968 : Union douanière des six pays fondateurs
1er janvier 1973 : l’Europe des six passe à neuf, adhésion du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni
1er janvier 1981 : la Grèce adhère, l’Europe à 10
14 juin 1985 : Signature des accords de Schengen entre France, Belgique, RFA, Luxembourg et Pays Bas en vue de la suppression progressive des frontières et la libre circulation
1er janvier 1986 : troisième élargissement à l’Europe des 12 avec l’arrivée de l’Espagne et du Portugal.
7 février 1992 : Traité de Maastricht qui crée l’Union Européenne
1er janvier 1995 : Europe des 15 avec l’entrée de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède.
1er janvier 1999 : l’Euro devient la monnaie unique de 11 des 15 états
1er mai 2004 : Une Europe à 25 avec l’entrée de Chypre, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Malte, Tchéquie, Slovaquie et Slovénie.
1er janvier 2007 : L’Europe passe à 27 avec l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie.
A la suite de blocages institutionnels résultant des votes négatifs dans certains pays dont la France - on contourne le problème, sans l’avoir résolu - par la signature du traité de Lisbonne. On peut considérer qu’à partir de là, les nuages vont s’accumuler sur la construction européenne. Comment en est-on arrivés là ?
Les fondateurs ont pensé que l’union se ferait avant tout par la construction d’un socle monétaire et plus largement économique. Ils ont laissé de côté le socle culturel et identitaire.  Au fil des élargissements successifs, on voit bien que cette relative homogénéité du départ sera remplacée par des luttes d’intérêts partisans et identitaires. Le Brexit et ses avatars est omniprésent pour nous rendre lucides quant aux arguments utilisés par les opposants à l’Europe. Les peuples ignorants ne doivent pas se laisser tromper une fois de plus, par des politiciens fanatiques et assoiffés d’ambition. Face à des géants que sont la Chine, l’Inde, les USA, la Russie, que pèsent une Europe des nations, une fédération d’États-nations ou d’États providence ? Y croire serait un déni de réalité.
Conseil européen

S’il est exact que nous sommes tous européens, sommes-nous pour autant tous européistes ? La montée en puissance des tendances nationalistes et populistes démontre que nous ne le sommes pas au même degré. L’absence de socle culturel et identitaire a exacerbé les communautarismes qui se sont fortement développés ; ce phénomène à d’abord été largement nié, pour ensuite être minimisé. Mais n’a pas été vraiment reconnu comme un paramètre nouveau de nature à créer une situation nouvelle sur le plan social et politique.
Désormais, ce qui se traduisait par un projet commun, avec ses variantes possibles, est devenu une lutte qui se traduit par le rejet d’abord dans certains pays et au delà par la mise en avant de conceptions radicalement différentes. Les citoyens sont devenus d’abord des consommateurs à l’intérieur d’un espace économique commun sans que la notion de citoyen européen ne s’impose.
Deux facteurs récents ont certainement constitué des accélérateurs de cette discorde, un phénomène d’appauvrissement et celui d’une forte migration extra-européenne. Pour asseoir leur revendication, les souverainistes, populistes, nationalistes ont agité les peurs face à la globalisation et la mondialisation, promettant monts et merveilles à qui voulait l’entendre. Comme l’avait fort justement souligné un ancien ministre français de l’intérieur, les promesses n’engagent que ceux qui les acceptent. On a vu la suite.
De l’Europe du Moyen-Âge qui était spirituelle, à l’Europe du siècle des lumières qui était intellectuelle, nous sommes passés à l’Europe économique qui n’est ni l’une ni l’autre. Nous sommes devenus des consommateurs dans un très grand marché de 535 millions de clients où notre comportement individualiste s’est largement renforcé au détriment d’une conscience collective en vue du bien vivre ensemble. Les difficultés économiques, le chômage, le phénomène migratoire, la peur du lendemain ont fait le reste ! A tel point que certains dont le philosophe Marc Lazare parle de «populocratie», voire de «populocrature», du peuple, pour le peuple et par le peuple (définition de la démocratie par Abraham Lincoln).

Comment lire l’élection ?
Il ne s’agit pas d’une élection ordinaire, mais bien au contraire d’une élection déterminante avec deux grilles de lecture : Une pan-européenne, l’autre purement intérieure à chaque pays. Si les eurosceptiques, les euro opposants devaient réunir 33% des sièges, voire plus, alors se confirmerait le risque de voir se créer un bloc d’opposition capable de freiner et de s’opposer aux décisions majeures du parlement, notamment dans les domaines de la politique étrangère, la réforme de l’euro zone, la liberté de circulation, la politique migratoire, la politique d’accueil des réfugiés, les lois européennes.  Sans oublier la politique de défense européenne qui, selon les acteurs même, ne pourrait qu’être propre à chacun des pays. Le changement de cap des États-Unis au sein de l’Otan entraînera certainement une révision majeure de la doctrine de défense de l’Europe.

Quelle est la problématique ?
La composition de la prochaine assemblée européenne pourra t-elle procéder à l’indispensable refonte de l’institution ? Dans quelles conditions ne pourrait-elle pas le faire, S’agira-t-il d’une vague sans doute importante mais contenue, moins de 33% des sièges, ou pire, plus de 33% des sièges, comme on l’a redouté il y a quelques mois - de nature à bloquer l’institution ?  La règle de l’unanimité doit être abolie.
Chaque pays à ses singularités qui s’opposent la plupart du temps à celles des autres. C’est pourquoi, il restera à démontrer si et comment une Europe divisée par autant de singularités et de contradictions peut survivre et fonctionner. La règle de l’unanimité a vécu ! Désormais dans sa version 2019, elle devra se doter d’un projet réaliste et progressiste, soumis à la règle de la majorité simple ou qualifiée. Que les Européens s’en souviennent le 27 mai, qu’ils votent en européistes conscients, massivement, sans laisser l’abstention - autre ennemi de la démocratie - faire le jeu des minorités agissantes ! 

2 commentaires:

René SEKNADJE a dit…

Il me semble que les dirigeants Européens ont cru que la monnaie Européenne allait être le moteur de la Europe et la renforcer .
Ils ont cependant commis l erreur de ne pas harmoniser les codes du travail et les prélèvements .
Résultats :grosso modo l Allemagne s est renforcee et la France s est affaiblie .Elle a perdu trop vite son industrie .
D autre part l Europe a décidé de faire sienne la politique d immigration décidée depuis 1973.
Ils se trouve que certains pays n adhérent pas tout à fait , l Angleterre se retire alors qu elle n a pas accepté la monnaie unique et pour échapper aux décisions de l Europe qui ne lui conviennent pas .
Tout ceci laisse présager des résultats qui peuvent apporter des bouleversements à cette Europe qui est peut être devenue très importante
sans se doter des instruments simples et efficaces .Elle a créé une caste de fonctionnaires qui dirigent
cette Europe alors qu il aurait peut être fallu des politiques de la trempe des fondateurs ,ce qui ne semble pas être le cas

Bazak a dit…

Bonjour Mr SEKNADJE, merci pour vos commentaires. Au sortir de la guerre, toute l’energie était concentrée au plan économique. Jean Monnet etait Commissaire au Plan. Lui et R.Schuman ont pensé que la monnaie serait le ciment de cette union de 6 pays à l’origine et que le reste suivrait. Au plan économique, les multiples études faites depuis les 30 glorieuses ont montré que ce sont les politiques successives et leurs erreurs qui sont à l’origine de sa situation actuelle. Hors l’Europe c’eut été pire encore. Nois en serions par force à notre Nième dévaluation. Oui , l’institution a egalement généré une caste de hauts fonctionnaires, largement du au manque d'interêt des dirigeants européens à diriger l’institution eux mêmes.

Bien cordialement,