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dimanche 17 mars 2019

Sinistre vaudeville à Gaza par Michèle MAZEL



SINISTRE VAUDEVILLE À GAZA

La chronique de Michèle MAZEL


Roquette Fajr


Les faits : jeudi soir 14 mars deux roquettes de type Fajr ont été tirées de Gaza en direction de Tel Aviv. Ces petits bijoux de fabrication iranienne pèsent un peu moins d’une tonne avec une charge utile d’un peu moins de deux cents kilos. L’une des roquettes explose en l’air et l’autre tombe en plein champ. Pas de victimes, pas de dégâts mais une grosse frayeur pour les habitants de Tel Aviv partagés entre surprise et incrédulité.



Pendant ce temps à Gaza, où s’est tenue le même jour une grande manifestation populaire contre le Hamas, réprimée à coups de gaz lacrymogènes et de balles réelles, la tension n’est toujours pas retombée.  Certes, ce n’était pas la première manifestation, mais cette fois le peuple est visiblement à bout et n’hésite pas à descendre de la rue et à se heurter aux forces de l’ordre.  Une situation embarrassante pour le chef de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, qui est justement en train de chercher, par l’intermédiaire d’une délégation militaire égyptienne, une   sortie de crise avec Israël.
Un an après le lancement de la Grande Marche du Retour, les démonstrations à la frontière, les cerfs-volants puis les ballons explosifs, les attaques contre la barrière séparant la Bande de Gaza de l’Etat d’Israël dans ses frontières internationalement reconnues, le Hamas n’a pas remporté la plus petite victoire. Les morts et les blessés gazaouis ne font plus recette et ne méritent même plus un entrefilet dans les médias occidentaux. Pire, à l’approche des élections en Israël, Tsahal a reçu instruction de riposter désormais après chaque ballon incendiaire, chaque tentative de franchir la barrière.  Quant à l’Autorité palestinienne, elle a cessé de payer ses fonctionnaires à Gaza et de transférer les sommes dues au Hamas au titre de droits de douane perçus. Sans l’infusion d’argent de Qatar, il n’y aurait même plus d’électricité.

Si les Egyptiens sont ce soir là à Gaza, ce n’est pas par sympathie pour l’une ou l’autre partie mais parce qu’ils veulent la paix sur leur frontière. Alors ils sont prêts à jouer les intermédiaires, à transmettre les propositions et les réactions des uns et des autres. Tandis que la discussion bat son plein, le téléphone du chef de la délégation égyptienne sonne.  Au bout du fil, son interlocuteur au Caire hurle et veut savoir pourquoi le Hamas envoie des missiles sur Tel Aviv. Sinwar semble surpris, dément. Quelqu’un allume la télévision. Les images sont là, irréfutables. Il y a un léger flottement. Sinwar plaide l’ignorance, jure qu’il va tirer l’affaire au clair, prie instamment les Egyptiens, qui sont fous de rage, d’appeler leur correspondant en Israël pour affirmer que le Hamas n’est pas responsable.

Sinwar

Il faut à tout prix éviter l’escalade. Déjà en Israël les ténors politiques du centre et de la droite font assaut de déclarations belliqueuses. Tout de même le message est passé et les représailles israéliennes – déclenchées après un certain retard pour permettre à la délégation égyptienne de passer la frontière en direction d’Israël – restent limitées. Pendant ce temps, les organisations djihadistes de Gaza viennent déclamer les unes après les autres qu’elles ne sont pas responsables des tirs de roquette.

Ce n’est qu’au bout de longues heures que le Hamas admet que c’est lui – ou l’un de ses militants – qui a appuyé par «erreur» sur le bouton, non pas une, mais deux fois, et que, par le plus grand des hasards, les roquettes étaient programmées pour viser Tel Aviv. Le coupable, dit-on, sera sévèrement puni. Par mesure de précaution et pour ne pas envenimer les choses, le Hamas déclare que pour la première fois depuis près d’un an, il n’y aura pas ce vendredi de manifestation à la frontière, pas de ballon incendiaire et aucune provocation.
Le calme du vendredi dans la Bande de Gaza n’a donc été troublé que par une autre démonstration populaire. Non pas contre Israël mais contre le Hamas.

1 commentaire:

Android.Remi a dit…

En quelques mots : une erreur dans le contexte d'un pourrissement de la situation. Ce pourrissement me paraît général sur la planète où il y a peu de solutions face aux dégâts de toutes sortes. On peut rêver que les pourrissement servent de terreau à de nouvelles consciences qui sauront voir que tout est lié. Que nous n'évolueront que lorsque nous comprendrons que nous devons tenir compte d'une solution d'ensemble pour la planète incluant le confort de tous les êtres vivants, hommes et nature. Les situations d'inconfort génèrent des réactions en chaîne. Il faudra sans doute quelques générations pour que nous évoluions une vision de cette sorte mais il me semble que le processus est plutôt bien engagé. En effet c'est quand le pourrissement est à son comble que peuvent germer les graines d'une vision nouvelle. On dirait bien qu'on n'en est pas très loin. J'ai fait l'armée il y a déjà longtemps et je ne suis pas un pacifiste béat, mais j'ai l'espoir que la Paix s'approche.