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lundi 25 mars 2019

Pologne, Juifs, islam : on réécrit l'Histoire par BAZAK



POLOGNE, JUIFS, ISLAM :  ON RÉÉCRIT L’HISTOIRE

Par BAZAK



L'ambassadeur de Pologne en Israël Marek Magierowski 


On connaît la formule de Marx : «Il ne faut pas confondre la réalité avec l’apparence de la réalité». 75 ans après la Shoah, on pouvait imaginer un changement en profondeur après l'entrée de la Pologne dans l’UE et l’arrivée de nouvelles générations. Le tailleur a changé, mais pas le costume.



Mosquée Bialystok


ISLAM

Récemment, suite à un afflux de réfugiés, il y aurait une population d’environ 30.000 musulmans en Pologne. D’après un rapport du ministère de l’Intérieur polonais, c’est la minorité qui «aurait le plus fait l’objet de haine en 2017». En juillet 2018, les Polonais sont abasourdis d’apprendre que l’Arabie Saoudite se propose de financer à Bialystok la construction d’un «centre musulman pour la culture et l’éducation». La minorité Tartare déclara n’avoir pas été informée, et ne pas être en demande.

mufti Tomasz Misiewicz

L’homme à l’origine de cette affaire, le mufti Tomasz Misiewicz, considère que l’Arabie Saoudite est en droit de soutenir tous les musulmans pratiquants (où qu’ils se trouvent) et que c’est uniquement la xénophobie polonaise qui l’amène à rejeter ce projet, rappelant les multiples manifestations nationalistes exacerbées.
L’accroissement de la présence musulmane augmente d’autant l’hostilité naturelle de la population qui ne considère comme citoyens que les Polonais de souche. Ça nous rappelle quelque chose ?


Mémorial aux victimes du pogrom de Kielce

ETRE JUIF EN POLOGNE AU XXI° siècle

L’antisémitisme était présent dès le XI° siècle. Actuellement, on évalue à environ 10.000 personnes la population juive dans plusieurs communautés à travers le pays. «Les nouveaux Juifs»  y seraient retournés ou s’y sont installés «pour retrouver leur racines».  On a du mal à le comprendre.
Malgré divers témoignages, ouvrages d’écrivains y compris polonais, la thèse officielle demeure que ceux sont largement et avant tout des citoyens polonais qui furent assassinés dans les camps nazis. On persiste à réécrire l’Histoire car on fuit ses responsabilités et on tort le cou à la morale et à la mémoire ! On organise une marche antisémite, une de plus -  le même jour que la célébration internationale de l’Holocauste.
Un groupe de militants nationalistes défile depuis la gare d’Auschwitz à travers la ville, pour s’arrêter à l’entrée du camp (Arbeit macht frei). Un nationaliste et antisémite notoire P. Rybak, déjà condamné en 2015, est à la tète du groupe. Pour lui : «Nous sommes les maîtres ici ! Ce n’est que le début de la lutte pour la Pologne. La nation juive et Israël font tout pour réécrire l’histoire de la Pologne» et de poursuivre en chantant : «Le temps est venu de déclarer la guerre aux Juifs et d’en libérer la Pologne».
En 2017, un historien et auteur Canado-polonais Jan Gabrowski auteur du livre «Les Polonais qui ont fait la chasse aux Juifs et les ont remis aux Nazis» disponible en Hébreu depuis 2016  - affirmait que plus de 200.000 Juifs ont été assassinés directement ou indirectement par des citoyens polonais. Attaqué par une chaîne de télévision locale, il a gagné son procès.
Visegrad

Au plan politique :  au sein de l’Union Européenne, la Pologne est membre du groupe de Visegrad qui milite très activement pour une Europe des nations. Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie sont les quatre membres de Visegrad, dont les objectifs sont : approfondissement de l’intégration économique dans l’UE, attraction d’investissements étrangers, renforcement des relations avec les USA, dans le cadre de l’UE et particulièrement au sein de l’OTA, sécurité collective avec l’OTAN, Coordination de la politique énergétique (pro nucléaire), lutte contre le terrorisme, politique migratoire commune contre l’accueil de refugiés.
Ce groupe est en marge de l’UE car eurosceptique et ne partageant pas la philosophie actuelle de l’institution. Un premier constat : les gouvernements sont situés très à droite dans l’échiquier. Ils sont nationalistes, xénophobes et comptent sur les États-Unis pour assurer leur défense face au grand voisin de toujours, la Russie. C’est à eux que le président français fait référence lorsqu’il s’agit de lutter contre le populisme et le nationalisme. On s’aperçoit que ces deux facteurs de discorde ont déjà franchit les frontières et ont également pris pied en France notamment ; le populisme est déjà très présent dans le débat en cours.

LE CLERGÉ CATHOLIQUE

Cas relativement unique en Europe, la religion catholique et le pouvoir en place se sont alliés, voire même imbriqués, au fil des siècles au point de parfois se confondre, notamment lors du passage à une nouvelle puissance régnante : Prusse, Russie, Autriche, dans les époques les plus récentes. L’église a joué le rôle de force de résistance à chaque soulèvement contre l’envahisseur et au fil des changements de régime depuis le Moyen-âge.


Tadeusz Rydzyk

Fait également unique, un prêtre très connu Tadeusz Rydzyk a fondé en 1991 une station de radio Radio Maryija puis un journal Notre quotidien et enfin une chaîne de télé privée Trwan en 2003 ainsi qu’une fondation Lux veritatis, dont il est le propriétaire. Par ces divers médias, il diffuse ses thèses créationnistes, son opposition à la franc-maçonnerie, son hyper-nationalisme et ses propos antisémites. En août 2007 il est reçu par le pape. Tout cela fonctionne en plein jour, depuis tout continue.
L’Église n’a rien fait depuis Vatican II pour abolir l’ancien credo de Jésus crucifié par les Juifs. Sans changer de costume, ce qui était antisémitisme pur et dur se transforme en antisionisme, devenu un fourre-tout au grand jour ; c’est plus correct politiquement. Mais comme on le dit parfois, ici le cœur y est !
Dernier avatar le plus récent : Un colloque organisé les 21 et 22 février à Paris par l’École des Hautes Études des Sciences sociales sur la nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah a donné lieu à un déchaînement de haine, d’insultes antisémites. Le but du gouvernement actuel le PIS, en campagne électorale, est clairement -depuis un certain temps- de présenter la Pologne comme pays-martyr du nazisme et de mettre en avant les Justes polonais pour accréditer cette thèse et ainsi réécrire son histoire.
Le comportement des participants polonais a confirmé si besoin était qu’on devrait parfois mieux choisir ses amis, même en politique. De sources bien informées, contrairement à l’annonce d’une visite du Président français le 8 avril, le gouvernement polonais et le parti majoritaire Droit et Justice ont demandé son annulation car on ne souhaite pas voir le président Macron apporter un soutien à l’opposition. En termes diplomatiques, on parle de report mais sans date.
Enfin, rappelons-nous cette célèbre formule empruntée à Abraham Lincoln, 16ème président des États-Unis : «La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple». Il se retournerait dans sa tombe s’il voyait l’usage qu’on en a fait !


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