Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE

 

mercredi 13 mars 2019

L'économie israélienne a du plomb dans l'aile



Israël élections avril 2019

L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE A DU PLOMB DANS L’AILE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          Il n’est pas toujours bon d’annoncer les mauvaises nouvelles comme si l’on se réjouissait des difficultés du gouvernement mais il est difficile par ailleurs de les éluder. Le gouvernement lui-même se sait en difficulté puisqu’il a choisi en catimini bien après la fin du shabbat, vers 23 heures, pour annoncer le creusement du déficit budgétaire. Cette situation touche tous les Israéliens sans distinction, mais à la veille des élections, cela permettra peut-être, enfin, de poser sur la table les questions économiques et sociales.




            En fait, sautent aux yeux les effets pervers d'une économie entièrement axée sur la haute technologie sans diversification dans les industries traditionnelles. La nation Startup ne profite qu’à 10% de la population tandis que le reste a du mal à finir ses fins de mois. On se glose, à juste raison, qu'il existe en Israël une startup pour 1.200 habitants contre une pour 6.600 en France, mais il semble que ce ne soit plus l’eldorado rêvé par les jeunes. On a abandonné des petites industries pourvoyeuses d’emploi et d'idées, qui émaillaient le territoire national, au profit de gains faciles et immédiats. 
          Bien sûr on se vante que certaines sociétés aient atteint une capitalisation boursière du milliard d’euros pour un petit «leader digital». Mais on vit dans un monde inéquitable où certains salariés, certes ultra-qualifiés, disposent de revenus presque indécents face à ceux qui ne dépassent pas 6.000 shekels par mois. Les dirigeants ne comprennent pas que les inégalités se creusent et que c’est malsain pour l’équilibre de la société israélienne. On accuse même cette caste de 10% de privilégiés d’enflammer les cours de l’immobilier qui atteignent des prix inabordables pour la moyenne des Israéliens.
Berlin porte de Brandebourg

            Alors il ne faut pas s’étonner si la jeunesse et de nombreux cerveaux s’exilent à l’étranger où ils trouvent un accueil exceptionnel, des salaires encourageants, des logements à bon marché et un coût de la vie nettement au dessous de celui d’Israël. La crainte d’un antisémitisme en progression ne les freine pas dans leur décision. Un couple d’ingénieurs en Israël a du mal à acquérir un logement en toute propriété mais ils sont surtout persuadés qu’ils ne seront plus en capacité d’aider leurs enfants à en acquérir.
            Il ne s’agit pas d'un jugement à l’emporte-pièce, de considérations militantes ou électorales, mais de faits confirmés par des chiffres officiels diffusés par les autorités israéliennes. Le ministère des Finances vient de publier des chiffres inquiétants concernant l’augmentation du déficit budgétaire en février, en raison d'une baisse des recettes fiscales. En clair, l’État dépense plus qu’il ne reçoit d’impôts. Le déficit budgétaire a atteint 3,5%. Au cours des deux premiers mois de 2019, il s’est élevé à 5,6 milliards de shekels (1,4 milliard d’euros) contre un excédent budgétaire de 2,3 milliards de shekels (560 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2018. En février les recettes fiscales ont baissé de 6,8% par rapport à la même période de 2018.
           Dès la publication des chiffres, la machine à fake news du Likoud s'est mise en marche pour expliquer, sur les réseaux sociaux, que le déficit est dû à une augmentation des dépenses sociales et du budget de l'éducation. Cette explication fallacieuse ne s'appuie sur aucun document officiel. Mais il existe toujours des inconditionnels, des naïfs et des idolâtres pour y croire ou feindre d'y croire. Et même si cette information était vraie, cela voudrait dire que, pour remédier au déficit, il faudrait diminuer les dépenses sociales et le budget de l'éducation, de quoi encore aggraver les inégalités. Malgré la réalité des chiffres, il sera difficile de persuader ceux qui, contre vents et marées, ont décidé de voter Likoud. C'est leur droit de continuer à payer pour les riches.   
     

            Ces chiffres inquiètent car nous ne sommes qu’au début de l’année et que le gouvernement avait fixé son objectif à 3%.  Le ministère des Finances attend les résultats des élections pour envisager des coupes budgétaires faute de quoi le déficit budgétaire en 2019 dépassera les 10 milliards de shekels (2,44 milliards d’euros). Les électeurs paieront leur vote en différé. En cause les réductions d'impôts élevées pour une classe privilégiée, 2,6 milliards de shekels en février 2019, contre 1,4 milliard de shekels en février 2018, accordés en fait à quatre grandes entreprises selon le ministère.


Kahlon et Sai Babad

Au ministère des finances on ne veut pas s’alarmer outre mesure, pour éviter toute panique au sein de la population. Le directeur général du ministère, Shai Babad, espère un inversement de tendance dans les deux prochains mois. Mais si cela se maintenait, alors une révision déchirante de la politique économique serait indispensable avec bien sûr des incidences sur les plus défavorisés.
Le ministre Moshé Kahlon, qui avait fait illusion avec son programme économique, a tout raté car sa politique sociale s’est orientée de plus en plus vers le super libéralisme cher à Benjamin Netanyahou. Plutôt que de démissionner, il a accepté d'être roulé dans la farine par son premier ministre.
Bibi et ses casseroles

Le Likoud, qui n’aborde pas dans la campagne électorale les problèmes sécuritaires pour éviter d’être ridiculisé face aux trois anciens chefs d’État-major, avait orienté sa propagande sur la réussite économique du pays. Les chiffres viennent d’apporter un démenti cinglant que les inconditionnels de Netanyahou vont mettre sur le dos de la propagande «gauchiste» de l’opposition. Les Francophones, qui représentent peu sur le plan électoral, et les classes défavorisées continueront à voter pour ceux qui vont les rendre encore plus pauvres mais qui savent «casser» de l’Arabe. Il est à craindre que la période faste de l’économie israélienne arrive à un tournant inquiétant. L'opposition aurait du mal à se réjouir car on ne peut pas se parer du malheur du pays pour exister. En revanche, ce n’est pas faire preuve de gauchisme que de mettre en garde contre un gouvernement de plus en plus autiste devant la réalité sur le terrain.

8 commentaires:

Amellal Ibrahim a dit…

Je vais me faire l'avocat du diable, le Likoud est innocent et impuissant comme tout le monde face au cycle économique si on croit à son existence.

L'Europe, les USA et la Chine ont aussi eu un coup de mou vers la fin de l'année 2018.

denis sabrié a dit…

OUI, mais c'est toujours les mêmes qui trinquent dans l'histoire, ce n'est pas aussi une question de droite ou de gauche, et à la longue, cela devient insupportable..!au niveau d'un peuple...

Elizabeth GARREAULT a dit…

Avec tous les milliards qui sont dans les réserves de notre banque centrale, c'est un véritable scandale.

Bernard Epstein a dit…

Article empreint d'hypocrisie, permettez-moi
L'ecrasante majorite des Etats aujourd'hui est en deficit budgetaire, et pour tout economiste qui se respecte, ce n'est pas forcement synonyme de mauvaise nouvelle.
Le travail qui a ete fait en Israel depuis 15 ans (avec ou sans Likoud) est admirable.
Et il est bon que chaque economie dispose d'un moteur puissant. En Israel c'est le high-tech et c'est tant mieux.
La vocation du pays n'est pas une "diversification dans les industries traditionnelles". Cela fait des annees qu'on est bien au-dessus de cela.
Arretez de vendre aux gens l'idee que cela irait mieux sans le Likoud. L'economie c'est comme un corps humain : on touche a un endroit, il y a des consequences a l'autre bout de la chaine. Les equilibres sont fragiles.
La trajectoire economique et sociale du pays est remarquable.
Donc trouvez autre chose pour nous dissuader de voter pour autre chose qu'une equipe qui gagne.
Amicalement

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@Bernard EPSTEIN

Mon article est purement factuel, fondé sur des chiffres incontestables du ministère des finances. Mon rôle est de diffuser les bonnes et les mauvaises informations. Je ne suis encarté dans aucun parti et contrairement aux autres sites, nous sommes libres puisque nous ne dépendons pas de la pub.

Si vous lisez nos articles vous constaterez que nous ne ménageons ni la droite, ni le centre et ni la gauche. Nous ne sommes pas bornés comme la majorité des francophones, en majorité des idolâtres.

Nos articles sont gratuits et libres d'accès, vous avez beaucoup d'autres sites où vous pourrez entendre précisément ce que vous voulez entendre. Ne vous en privez pas!

Bernard Epstein a dit…

Vous ne répondez pas aux questions que je soulève. Le problème n'est pas sur les chiffres, que je connais. Le problème est au niveau de l'interprétation de ces chiffres. Pour les comprendre, il faut un minimum de réflexion et de connaissance des réalités économiques.
Dans la situation actuelle de l'économie israélienne, un déficit de 3 à 4% n'est en aucun cas un problème ! Il faut prendre en compte de nombreux facteurs : croissance, niveau et trajectoire de la dette, vigueur de la monnaie, etc !

Et pour votre information, la gouverneure sortante de la Banque d'Israël, tout comme son adjointe (toutes deux réputées de gauche), recommandaient justement de creuser le déficit au profit notamment des dépenses publiques… parce que l'économie israélienne peut se le permettre aujourd'hui, plus que jamais… grâce au travail remarquable de ces dernières années, que je mentionnais dans mon premier post.

Et je n'ai aucun doute que Moshe Kahlon et Binyamin Netanyahou ont plusieurs leviers s'ils souhaitent faire redescendre ces déficits (volontaires, encore une fois).
Vous accusez de bien des maux les "Français d'Israël" (comme s'ils formaient un groupe homogène), mais vous-même semblez lire l'actualité avec des lunettes très françaises et européennes. Le dogme de Maastricht (pour rappel : limiter les déficits budgétaires à 3%) est à l'origine des maux actuels sur le vieux continent… et n'a en aucun cas "assaini" les finances publiques de certains pays (pour rappel 2 : France = dette publique à 98% du PIB !!... Israël : 60%).

Donc il ne s'agit pas "d'idolâtrie", simplement de comprendre que titrer "L’ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE A DU PLOMB DANS L’AILE", sur la base d'un déficit de 3,5%... c'est aller… pour rester gentil… un peu vite en besogne. Et induire vos lecteurs en erreur.
Entre les idolâtres et les aigris, il y a un juste milieu… L'économie israélienne, sur les critères que vous évoquez, fait figure de modèle aujourd'hui (ce n'est pas moi qui le dit, mais le FMI… et l'OCDE). Soyons-en heureux !
Amicalement

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@Bernard

Je n’ai pas l’intention d’engager un dialogue stérile ni de chercher à vous convaincre.

Une seule phrase résume pour moi le titre de mon article : « Le déficit budgétaire a atteint 3,5%. Au cours des deux premiers mois de 2019, il s’est élevé à 5,6 milliards de shekels (1,4 milliard d’euros) contre un excédent budgétaire de 2,3 milliards de shekels (560 millions d’euros) au cours des deux premiers mois de 2018 ». Comment qualifier que l’on passe aussi facilement en une année d’un excédent à un déficit tandis que la situation des personnes empire. 9 milliards d'écart!

Je ne vais pas reprendre mes articles sur les choix économiques du gouvernement. Sortons de la haute économie; je n'ai ni la compétence ni la qualité mais je suis un bon élève d'excellents économistes. Restons au raz du sol.

Est-ce normal que des immigrants rentrent en France parce qu’ils n’arrivent pas à vivre décemment de leur travail ? Est-ce normal que nous ayons 2 millions de pauvres en Israël sur 9 millions de population ? Est-ce normal qu’à Ashdod des volontaires préparent des centaines de sandwiches tous les jours pour les enfants des écoles ? Est-ce normal que dans certaines villes on prépare des paniers du shabbat pour des familles nécessiteuses ? Est-ce normal que David Harari, prix d’Israël et père des drones, consacre sa retraite à venir en aide aux enfants défavorisés ? C'est le rôle du gouvernement.

Alors si on fait du déficit pour aider les pauvres, je signe immédiatement. Mais comme l'a dit le ministère on aide quatre grands groupes qui déjà se remplissent les poches.

Lisez le programme de Orly Levy-Abecassis et écoutez-là, elle est de droite et pas suspecte de gauchisme. Mais parce qu'elle dit des vérités on la voue aux gémonies. Elle est victime aussi du vote utile.

Cordialement

Bernard Epstein a dit…

Les excédents de 2018 s'expliquent par des entrées irrégulières (vente de Mobileye notamment), ce qui n'arrive pas chaque année. Jusqu’à l'an dernier, le gouvernement s'efforçait aussi de réduire la dette : objectif atteint, les priorités sont ailleurs.
Si vous souhaitez parler des inégalités sociales, c'est un autre thème… et il y a beaucoup à dire, notamment le fait que cette année, elles sont retombées à leur plus bas niveau depuis 20 ans ! Vous devriez en faire un article.
La vision de l'actuel Premier ministre, suite à la faillite économique du pays en 2003, a été celle de prendre le modèle libéral comme moteur, pour niveler vers le haut le niveau de vie a long-terme. C'est ce qui est en train de se passer.
Par ailleurs, les critères et le seuil de pauvreté sont beaucoup plus élevés aujourd'hui qu'il y a quelques années. Et beaucoup plus élevés que dans d'autres pays. Lisez les rapports de la Banque d'Israël, qui parle d'une grande part de pauvreté "choisie" (notamment dans le monde Haredi)… sans parler du fléau chronique au sein de la population arabo-israélienne, de la non-déclaration de revenu… qui est un secret de polichinelle… et qui fausse totalement les résultats. Il faut ouvrir les yeux sur les vraies réalités. Promenez-vous dans les rues de Yafo, Abou Thor ou Um El Fahem… vous y verrez une concentration inédite de Porsche, Maserati, Mercedes et autres… alors que le revenu moyen y est prétendu très en-dessous de la moyenne nationale.
Arrêtons avec l'hypocrisie et les lieux communs.
Vous parlez des Olim français… mais il y a des milliers de cas de réussite ! En tous cas beaucoup plus que d'échecs, et heureusement. L'Etat n'a pas vocation à déterminer la motivation et les compétences des nouveaux arrivants… Vous devriez parler aussi de ceux qui retournent en France et qui n'y trouvent pas de travail… tout simplement parce que le taux non-officiel du chômage en France est de 22% !!
Encore une fois, le titre de votre article est tout à fait inapproprié au contenu !
Amicalement