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samedi 23 mars 2019

Gouvernement israélien d'union nationale




Israël élections avril 2019

GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN D’UNION NATIONALE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          Les sondages se suivent et se ressemblent pour exprimer la scission du pays en deux entités, d’égale force, entourées des deux côtés de l’échiquier politique par les extrémistes de droite, les religieux orthodoxes et les listes arabes. Pour l'instant à une quinzaine de jours du scrutin, aucune liste ne se détache vraiment pour aspirer à constituer une coalition viable et pérenne. Pendant plusieurs semaines Benny Gantz s’est trouvé en tête ; un seul sondage de la télévision d’État Kan l’a placé en deuxième position à un siège d’écart de Netanyahou. 



Leader arabes

Sur 120 députés à la Knesset près de 108 seulement, à l’exclusion des listes arabes, participent réellement à la vie politique en Israël tandis qu'aucune liste ne semble pouvoir dépasser 58 sièges, à ce jour, ce qui rend une coalition majoritaire impossible. Les partis arabes, trop nationalistes et insuffisamment sionistes, ont encore du mal à entrer dans le jeu politique israélien. Mais tout gouvernement minoritaire ne pourra se constituer et survivre qu’avec la "neutralité" des Arabes israéliens, les seuls à pouvoir empêcher le vote d’une motion de censure.
Gouvernement 2015

Si Benjamin Netanyahou arrive en tête alors il reconduira sa coalition avec quelques nouvelles scories d’extrême-droite et les anachroniques religieux orthodoxes très heureux de continuer à puiser dans les caisses de l’État. Alors l’alyah francophone touchera le fond, le coût de la vie continuera à exploser, les monopoles fleuriront, les jeunes dynamiques iront s’installer à Berlin ou Los Angeles et les attentats se multiplieront. 
Comme le précise Avigdor Lieberman : «la coalition de droite émergente comptera près de 25 membres ultra-orthodoxes à la Knesset, ou Haredim. Une telle coalition ultra-orthodoxe au sein du gouvernement, qui veut faire progresser la transformation d'Israël en un État halakhique, devrait préoccuper grandement le public laïc en Israël, le public qui porte le fardeau, qui sert dans l’armée, qui est en réserve et qui paie des impôts».

Or en raison de la situation sécuritaire critique au Nord et au Sud, et à la suite d’alertes économiques inquiétantes, le pays a besoin de toutes ses forces démocratiques vives pour agir et décider dans la durée. Les guérillas politiques stériles créent une fracture dommageable au sein de la population. C’est pourquoi certains en viennent à prôner un gouvernement d’union nationale qui aura une plus grande crédibilité à l’étranger et à l’ONU et surtout face à Donald Trump dont on ne sait véritablement pas quelles sont ses intentions dans le conflit avec les Palestiniens.
Peres-Shamir

Israël a déjà connu une expérience de gouvernement d’union nationale en septembre 1984 lorsqu’au terme des élections du 23 juillet la gauche a obtenu 44 sièges contre 41 pour le Likoud. La situation était totalement bloquée ce qui risque d’arriver après le 9 avril 2019. A l’époque, l’inflation, les grèves et le mécontentement suscité par l'intervention militaire au Liban avaient joué contre le gouvernement d’Yitzhak Shamir.
En l’absence d’une majorité claire, le président Haïm Herzog appela les deux partis à former un gouvernement d'union nationale. Des formules de compromis avaient été adoptées comme l'alternance au poste de premier ministre tous les deux ans. Il avait été convenu que le travailliste Shimon Peres occupe le premier la fonction tandis que Yitzhak Shamir du Likoud lui succède à mi-mandat, en 1986. Les dix ministres qui avaient composé le cabinet provenaient des différents partis représentés à la Knesset. Le travailliste Yitzhak Rabin occupa le poste stratégique de la Défense.
Les résultats peu concluants des législatives du 1er novembre 1988 entraînèrent le même blocage avec cette fois le Likoud en tête avec 41 sièges et les travaillistes 40 et à nouveau un autre gouvernement d'union nationale, dirigé cette fois par Yitzhak Shamir.
Mais si ces solutions temporaires avaient dénoué la crise, elles ne créèrent aucun enthousiasme. Shimon Pérès avait admis lui-même qu’il avait constitué un «gouvernement de désaccord» parce que les deux principales composantes s'opposaient sur plusieurs dossiers essentiels. Elles divergeaient sur l'avenir des territoires de Cisjordanie et sur la solution au problème palestinien mais elles ont réussi à survivre jusqu'au terme légal de l'automne 1988. En fait l’union nationale a sombré dans l'immobilisme avec un «gouvernement de paralysie nationale» car les plus graves sujets de discorde ont été provisoirement évacués du projet gouvernemental faute d'être réglés. Le gouvernement a géré les affaires courantes comme un gouvernement de transition sans toucher à tout ce qui pouvait fâcher.
Or, les problèmes de l’époque ressemblent étrangement à ceux de 2019. Les deux clans divergeaient sur le plan de la politique internationale. Le ministre de la défense Rabin souhaitait évacuer le Sud-Liban en confiant le contrôle de la région à une force internationale (Finul) renforcée. Le Likoud exigeait le maintien de Tsahal au Liban jusqu’au jour où le général libanais Antoine Lahad, commandant de l’Armée du Liban Libre, pourrait assurer le contrôle total des mouvements à la frontière. Alors que des initiatives de paix étaient négociées à l’époque via l’Égypte, le Likoud refusait tout compromis territorial. Aujourd’hui, le Liban est remplacé par Gaza et la Cisjordanie. L’Histoire bégaie.

Si Benjamin Netanyahou rate sa place de premier, il est douteux, par prestige, qu’il accepte de participer à un gouvernement sous la direction de Benny Gantz après les noms d’oiseaux qu’ils se sont échangés. Ce serait pour lui une régression. Tout dépendra alors de l’écart de voix entre le Likoud et le parti bleu-blanc. Mais il ne devra pas compter sur une situation similaire à celle de 2009 où Tsipi Livni, arrivée en tête, refusa de former un gouvernement minoritaire. Elle passa la main et permit à Netanyahou de s'installer pendant 10 ans au pouvoir.  Livni en paie encore aujourd'hui le prix pour son attitude manquant de courage.
Une grande incertitude subsistera au lendemain du résultat des élections. Dans l’intérêt d’Israël, il serait gratifiant si les dirigeants mettaient leur ego dans leur poche pour songer à l’intérêt supérieur de la nation.  Le pays ne peut pas se permettre de laisser perdurer un crise politique au moment où ses ennemis sont de plus en plus menaçants à ses frontières.


3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…


Cher monsieur Benillouche,

Vous écrivez : "Si Benjamin Netanyahou rate sa place de premier...". Mais l'annonce faite par le président Trump de la reconnaissance de l'annexion du Golan par Israël - en violation des résolutions 242 et 338 des Nations Unies - n'est-elle pas faite justement pour conserver à Netanyahou sa place de premier ?

Très cordialement.

else a dit…

Chere Marianne, vous savez on a d'autres problemes que l'annexion du golan reconnue par Trump. On a nos aines qui ont construit le pays ou vecu la Shoah et qui touchent grace a bibi 1570 shekel de pension. on a une plateforme de gaz qui va decimer des milliers d'israeliens pour que les amis magnats de bibi gagnent des millions de dollars de plus par an . on a que les prix coutent 20% plus chers que la moyenne de l'ocde . on a que 70% du pays vit a credit pour pouvoir juste manger. on a que l'on est no 141 sur 148 pays en concentration. nous croulons sous les monopoles. on a que nous ne sommes plus une democratie mais une oligarchie. et le pire c'est que je ne vois comment on va en sortir sachant que sans eux les politiques n'ont plus les medias. car oui les magnats possedent aussi les medias.
Et pour finir la droite est de plus en plus majoritaire. Les religieux aussi et ca va aller en grandissant vu la natalite des haridim. Ceux qui ont compris se sauvent.

rene seknadje a dit…

Les gens de gauche sont comme les religieux .Seul le dogme compte .
Les gens de gauche en France viennent de se faire ridiculiser par Batisti un assassin, dont ils assuraient l’innocence et qui non seulement vient d avouer 4 meurtres mais en p’us A déclaré qu il n avait même pas eu besoin de clamer son innocence .Le seul fait de dire qu il était de gauche suffisait pour les intellos de gauche de st germain pour y croire ou faire semblant , alors que cet homme avant d être terroriste était braqueur .
De la même façon la passion irraisonnée des idées de gauche pousse la plupart de ces gens à avancer des faits pour le moins exagérés ou totalement faux .on peut même penser que c est de la diffamation d Israël et c est désolant .les idées avant la vérité et la survie du pays .
On sait que certains mouvements d extrême gauche sont caporalisés, tenus d une main de fer par le dirigeant et les militants doivent une obéissance aveugle .J ai eu connaissance que dans certains mouvements meme la vie privée était contrôlée .
Alors si c est ça que vous proposez pour Israël autant saborde le pays tout de suite .
C est incroyablé nous sommes en danger, la jeunesse se bat aux frontières pour assurer notre sécurité et des gens défendent d abord leur dogme. Pour moi je préfère manger du pain et des olives dans un pays juifs plutôt que de vivre avec pkus de confort et me faire insulter ou mal voir .