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vendredi 15 mars 2019

Des candidats israéliens aux élections en Ukraine par BAZAK



DES CANDIDATS ISRAÉLIENS AUX ÉLECTIONS EN UKRAINE

Par BAZAK




Les élections en Ukraine auront lieu le 31 mars. La situation politique, issue des événements après Maidan, a apporté quelques transformations mais encore beaucoup de frustrations pour un grand nombre. Quel que soit le vainqueur des urnes, il aura à faire face aux très réelles questions relatives aux nombreuses promesses faites durant la campagne, à l’origine du financement des candidats et la défense d’intérêts personnels.



Le conflit existant déjà entre l’attente des électeurs, leurs frustrations dans la situation actuelle et la nécessité pour l’Ukraine d’évoluer très rapidement vers une transformation et une modernisation indispensable en vue d’un mieux vivre – constitue le point focal de l’élection. D’autant que divers groupes d’intérêts privés, aux moyens puissants, s’opposent à tous changements qui remettraient en cause leurs intérêts. A cette forte opposition, il faut ajouter le rôle majeur joué par la Russie, très agressive en l’occurrence et son interventionnisme habituel dans ces élections.

La corruption, mal endémique de l’Ukraine

La réforme anti corruption a été engagée en 2014. On constate plutôt une réduction, toute relative dans l’institution, mais peu ou pas d’inculpations. C’est l’apanage du système de gouvernance qui est faible, non une cause. Le système est trop cloisonné entre «les élites» qui en profitent et la majorité des citoyens restés au bord de la route. Néanmoins, il y a eu quelques succès : nettoyage de la Cie Naftogaz, quelques réformes dans l’administration, la banque, les services de police, le service des impôts. 
En revanche rien n’a été fait dans le service des douanes, la dérégulation. Les dépenses liées à la défense sont particulièrement opaques ; plusieurs scandales ont déjà éclaboussé le gouvernement, jusqu’au sommet. Le secteur de l’énergie est entre les mains de groupes d’intérêts. Le système judiciaire montre également de très grandes failles et là aussi divers scandales ont eu lieu. L’agence anti-corruption crée doit encore faire la preuve de son efficacité. Paradoxalement, les citoyens condamnent cette corruption à grande échelle mais s’accommodent de la «corruption ordinaire»  dans leur quotidien, ce qui en dit long sur leur niveau de frustration

Les candidats : Ils sont plus de 40 mais seuls 3 émergent du lot.

Petro Porochenko

Petro Porochenko : Le président actuelle se positionne sur un programme portant sur la place de l’État et sa stabilité, la résistance à la Russie, une intégration avec l’ouest (qui reste à définir) et les résultats obtenus post Maidan. Il promet également que le pays rejoindra l’UE et l’OTAN d’ici 2023 (ce qu’on n’a du mal à imaginer). Un point noir dans sa campagne : un certain nombre de personnalités avec lesquelles il est associé sont impliquées dans des scandales de corruption. Récemment un groupe dirigé par le fils du premier secrétaire adjoint du conseil national de défense et de sécurité - proche du président - a vendu à l’État des équipements défectueux d’origine russe avec un bénéfice hors de propos. Autant d’éléments qui joueront contre lui. On souligne également qu’il disposerait d’un passeport israélien, espagnol et français.

Yulia Timoshenko

Yulia Timoshenko, ancienne premier ministre et leader du parti Batkishchyna, la Patrie, a un catalogue très large de promesses dans tous les secteurs, depuis une modification de la constitution à une nouvelle approche des relations internationale et comment régler le conflit avec le grand voisin russe. De nombreuses incohérences apparaissent dans les moyens dont elle prétend disposer pour remplir ses promesses. Elle promet un referendum, alors que depuis 2012 la Cour Constitutionnelle a déclaré ce processus inconstitutionnel. Elle a promis de faire de l’Ukraine une république parlementaire ?
Elle prétend réduire les prix des énergies (électricité, gaz, eau) pour les citoyens tout en conservant les relations avec le FMI, baisser les impôts mais augmenter les dépenses publiques, libéraliser le secteur de l’énergie tout en assurant couvrir les besoins en gaz de la population par la production nationale. Certains observateurs avisés pensent qu’elle dispose du soutien d’un citoyen pas ordinaire : Igor Kolomoyski, billionnaire, ancien gouverneur de la région de Dnipropetrovsk qui a vu une partie de ses avoirs dans l’Est du pays saisie. Ce qui pourrait expliquer son soutien, pour préserver l’avenir. Elle dispose de 3 nationalités ukrainienne, cypriote et israélienne. La loi ne reconnaît pas la double nationalité, ce qui n’empêche pas un certain nombre de personnalités d’en disposer et d’occuper des postes officiels.

Volodymyr Zelenski

Volodymyr Zelenski : Il a bâti sa campagne sur l’idée du «pouvoir au peuple» à travers une habile campagne dans les médias. Ses promesses comportent un nouveau mécanisme par lequel les citoyens pourraient déterminer eux mêmes les objectifs – clés du gouvernement, par referendum et d’autres formes de démocratie directe (on pense à des pays proches) ainsi qu’à l’élection directe de juges appelés à trancher les «conflits ordinaires». Il propose une liste de changements dans de multiples secteurs allant de l’impôt aux retraites, à l’abolition de l’immunité des politiciens.

Les grandes questions posées

Quel que soit le candidat et ses promesses, les questions à résoudre seront les mêmes. Comment le vainqueur procédera t il pour donner vie à ses promesses irréalistes ? Ni Timoshenko, ni Zelenski n’ont été en mesure d’apporter une explication crédible comment ils pourraient transformer l’institution, supprimer la corruption, briser les monopoles, les fiefs locaux. Ils ont tous deux promis de mettre l’actuel président en prison, mais seul un président de tribunal pourrait le décider. Ils promettent d’établir une haute cour anti corruption sans expliquer selon quelle méthode et avec quels moyens.
Leurs promesses dépassent très largement des attributions actuelles du président, selon la Constitution. Sauf à prétendre obtenir une majorité pendant la législature. Ce qui reste peu probable. On s’attend au contraire, à ce que l’élection législative d’octobre 2019 se traduise par une plus grande fragmentation que l’actuelle et donc une impossibilité de reformer.
L’opacité qui prévaut sur leur financement est un handicap supplémentaire, car les explications données restent très floues, on parle de dons ; quand on connaît la pauvreté de la population, on ne peut qu’avoir des doutes.  On voit bien que les groupes d’intérêts sont fortement impliqués dans le financement.
En conclusion, le pays a un besoin urgent d’hommes ou de femmes politiques capables de conjuguer les besoins des citoyens avec les conditions réelles du pays. Ce qui ne peut s’accomplir qu’à travers des sacrifices et une politique austère et ciblée, seule susceptible de permettre des réformes indispensables. A défaut l’Ukraine ne pourra que s’enfoncer encore davantage dans cette situation, sans doute également encouragée en sous main par son grand voisin, sans lequel elle ne peut imaginer vivre. 


1 commentaire:

Unknown a dit…

Puisque les candidats israeliens sont acceptes , je propose de leur envoyer d'urgence Nathanyaou !