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mardi 5 mars 2019

BHL : "Looking for Europe", un combat solitaire et salutaire par BAZAK



BHL : "LOOKING FOR EUROPE" , UN COMBAT SOLITAIRE ET SALUTAIRE

Par BAZAK


Le philosophe et écrivain BHL démarre sa tournée européenne de la pièce qu’il a écrite et mise en scène en vue de promouvoir l’Europe. C’est un monologue en vue d’une refondation de l’Europe, pour combattre le populisme malgré les poussées constatées dans l’ensemble des pays européens : «En finir avec la construction européenne retrouver la prétendue «âme des nations», renouer avec une «identité perdue» qui n’existe que dans l’imagination des démagogues, tel est le programme commun aux forces populistes qui prospèrent sur tout le continent». 



Le phénomène s’est développé dans tous les pays de l’Union européenne. En France, où la majorité des citoyens sont eurosceptiques, nous n’échappons pas à sa montée. Très à gauche le parti de la France insoumise assume cette idéologie. On en rappelle les slogans : «qu’ils s’en aillent tous», «Je suis le peuple» - rhétorique subliminale -  on en vient à évoquer le populisme humaniste .
Le Rassemblement national se positionne également sur cette vague populiste, eurosceptique. On se souviendra qu’il y a encore peu, sa présidente voulait tout simplement sortir de l’UE et mettre fin à l’Euro. Depuis on a abandonné ces 2 arguments, tout en continuant à s’en prendre à l’Europe, à Bruxelles, à nos voisins, aux immigrés, responsables de tous les maux.
La droite traditionnelle, laminée lors de l’élection présidentielle est à peine en convalescence et surfe sur une crête incertaine.
La gauche traditionnelle, elle aussi en mauvais état, n’est pas en mesure de reprendre son souffle et peine à se faire entendre.
La campagne n’a pas encore commencé, mais les premiers sondages indiquent que LREM et RN seront au coude à coude, tandis que LFI est nettement distancée. Le président Macron, il y a quelques mois, a défini son combat et sa position de chef de file de l’européanisme réformateur contre le nationalisme, ayant en point de mire en particulier, Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie.
En Hongrie, la gauche encourage les électeurs à voter contre le nationalisme, à bien faire la différence entre l’autoritarisme des forces nationales-populistes et la démocratie, pour faire en sorte que l’Europe demeure ce qu’elle est : une zone de paix, plutôt qu’un forum des nations où chacun tirera la couverture à soi.

On sous-estime au parlement européen la présence et la force des groupes nationaux-populistes. Si ces groupes devaient obtenir une majorité au sein de l’assemblée, il se traduirait par un blocage de fait de l’institution, des votes et donc clairement de la progression de l’idée européenne. Donc une régression de l’idée européenne, avec tous les risques que cela comporte !
S’il doit y avoir des changements, une évolution réelle, c’est le pragmatisme qui doit l’emporter et non les aspects émotionnels qui ne font pas appel à la raison. La paix doit constituer le premier argument avant tous les autres acquis de l’Europe, sans en ignorer les limites et les faiblesses. Le plus grand marché mondial de près de 535 millions de citoyens ne peut pas devenir un colosse aux pieds d’argile. On connaît le sort réservé à ce type de géant !
Paradoxalement, l’Europe, au-delà de la France - a besoin de débats contradictoires qui n’ont que très peu lieu. Seuls de grands projets communs, dans les domaines de la recherche, de l’intelligence artificielle, de l’éducation, de la défense, voire le sport, pourront faire pièce aux géants qui nous entourent : les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon et la Russie.

Il apparaît déjà que la majorité actuelle du parlement aura du mal à se maintenir face aux changements en cours. Il est également assez probable que la commission elle-même perdra de son omnipuissance et devra désormais rendre des comptes à un parlement constitué de forces nouvelles. L’élection du futur président devrait s’en trouver quelque peu plus compliquée. De même, l’unanimité sera difficile à trouver. Le plus grand défi que le parlement et tous les états de l’UE auront à affronter sera l’affrontement déjà engagé avec les nouveaux grands puissants du monde déjà cités mais aussi l’Afrique avec sa très grande diversité.
Seule une Europe unie intégrée saura faire face. Tout autre variante est vouée tôt ou tard à l’échec.


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