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mardi 2 avril 2019

Albert Einstein et la bande de Gaza par Michèle MAZEL



ALBERT EINSTEIN ET LA BANDE DE GAZA

La chronique de Michèle MAZEL



Il y a tout juste un an le Hamas lançait la «grande marche du retour» dont le but  avéré et mainte fois répété était de faire déferler des centaines de milliers de Gazaouis à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël pour «retourner dans les terres qu’ils avaient fuies ou dont ils avaient été chassés» lors de la création de l’État d’Israël. Les manifestants ne cachaient pas leur intention de massacrer tout ce qui se trouverait sur leur passage. Israël a fait front. Il y a eu des morts et des blessés.



Pourtant depuis, semaine après semaine, le Hamas a lancé ses militants à l’assaut de la frontière. Semaine après semaine, Israël a fait front. D’une manifestation à l’autre l’organisation terroriste raffinait ses techniques : innocents cerfs-volants, puis création d’une «unité des cerfs-volants» transformant ces petits engins inoffensifs en bombes incendiaires ; passage aux ballons incendiaires porteurs de charges plus lourdes avec bien entendu comme résultat des dégâts considérables à la faune et à la flore en Israël. Pour faire bonne mesure le Hamas se livrait à des tirs de roquettes sur les villages et kibboutzim frontaliers. Israël a fait front.
Quel bilan après un an d’affrontements ? Selon le ministère de la santé de Gaza, 266 manifestants auraient été tués ; le quotidien Le Monde, plus prudent avance le chiffre de 199.  Il y a par ailleurs des dizaines de milliers de blessés. Les habitants de Gaza peuvent-ils se prévaloir du moindre succès ? Non. Leur situation aujourd’hui s’est considérablement dégradée, d’autant que dans le cadre du conflit qui oppose le Hamas à l’Autorité palestinienne, cette dernière a littéralement coupé les vivres à Gaza. 
Parfait! Un autre feu et encore un autre, continue fiston, continue!

Faute d’argent pour payer le fuel nécessaire au fonctionnement de la centrale électrique, l’approvisionnement en électricité se limite à quelques heures par jour. Pendant tout ce temps les dirigeants israéliens multiplient les propositions alléchantes : aide massive à la reconstruction, élargissement de la zone de pêche, plus large ouverture des frontières aux ouvriers palestiniens soucieux de travailler en Israël, construction d’un port…
Le Hamas fait la sourde oreille et continue à lancer les Gazaouis à l’assaut de la frontière.  La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose, et d’attendre des résultats différents ; cette maxime attribuée à Einstein prend ici tout son sens. Faudrait-il chercher une explication à cet acharnement dans le soutien aveugle apporté par certains médias à son entreprise ? On le croirait volontiers à la lecture de la presse française qui a consacré d’étranges développements aux manifestations marquant le premier anniversaire de «la grande marche du retour».


Le Figaro a dépêché un envoyé spécial pour tenir ses lecteurs au courant d’heure en heure. «Des groupes de jeunes gens et des bandes de gamins armés de fronde narguent en première ligne leurs invisibles ennemis… des ambulances toutes sirènes hurlantes fendent par intermittence les attroupements pour évacuer les blessés».  Ecoutons maintenant Le Monde : «Les éclopés, les miséreux, les curieux, les gosses qui font les fiers à bras, les anciens plus sages et les femmes en foulard, les charrettes de snacks, les journalistes sanglés dans leurs gilets de protection : samedi 30 mars, tous les acteurs de la « marche du retour » se sont à nouveau déployés le long de la frontière, en face des troupes israéliennes massivement mobilisées».
  
Le lendemain pourtant, autre son de cloche. Titre du Figaro : «Le bain de sang a été évité».  Pourquoi ? Israël aurait-il fait preuve de retenue ? Non. C’est parce que, toujours selon ce quotidien «les consignes du Hamas ont été globalement respectées».

3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…


Madame,

Loin de moi l'idée d'être capable de démêler le vrai du faux entre Einstein, Le Figaro et Le Monde sur un sujet aussi grave que la situation de la population de la bande de Gaza.
Cependant je voudrais être sûre, lorsque vous évoquez les "propositions alléchantes" des dirigeants israéliens, qu'il s'agit bien de propositions propres à convaincre, plutôt que de propositions propres à séduire, auxquelles le choix de l'adjectif "alléchantes" nous renvoie, sans doute à cause du Renard de la fable "par l'odeur alléché" ?

Cordialement.

Michelle Mazel a dit…

Pourquoi ne pas faire l'essai? Quel est le risque?

David a dit…

Lieberman avait proposé au Hamas de faire de Gaza un petit Hong Kong ou Singapore. Visiblement il préfère laisser son peuple dans la misère noire. Irationnel pour nous, mais pourtant vrai !