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jeudi 21 février 2019

La bande des quatre et Israël, le groupe Visegrad



LA BANDE DES QUATRE ET ISRAËL, LE GROUPE VISEGRAD

Par BAZAK





Qui sont les quatre Etats ? En 1991 la Pologne, la Hongrie, et la Tchécoslovaquie de l’époque avaient crée ce groupe «informel»  en vue de résoudre des problèmes communs. Depuis la dissolution de la Tchécoslovaquie, ces pays se réunissent bi-annuellement, avec la Tchéquie et la Slovaquie. Visegrad est une ville Hongroise dans laquelle les rois régnants de l’époque se sont réunis en 1335 pour des négociations.




Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki (à g.), et Benjamin Netanyahou.

Un fond commun à hauteur de 5 millions d’euros annuels a été crée en 1999, en vue d’intensifier les échanges culturels, les attributions de bourse d’étudiants et les échanges universitaires. Au fil des années au sein de l’UE, ce groupe est devenu de plus en plus critique de la politique européenne, notamment en matière de politique migratoire et de mise en place de quotas. Le rejet a été total, d’autant que ces pays sont homogènes au plan de la religion dominante, catholique romaine et plus largement, historiquement xénophobes.
On assiste également à une lente division où 2 + 2 ne font plus quatre. D’un coté Hongrie et Pologne, de l’autre Tchéquie et Slovaquie. Leurs différences apparaissent en particulier sur : la vitesse d’intégration dans l’UE, les réformes institutionnelles, le rôle de l’Allemagne en Europe, l’attitude et la relation avec la Russie (traditionnellement l’ennemie historique) avec laquelle ils ont une frontière commune et de mauvais souvenirs. Slovaquie et Tchéquie ne sont pas sur la même ligne. Pologne et Hongrie sont promoteurs d’une initiative régionale dénommée par ailleurs «Initiative des trois mers». 
Trump invité au sommet des Trois Mers

La Pologne et la Hongrie sont eurosceptiques, ne souhaitent pas une plus grande intégration, En Pologne le parti au pouvoir revendique une Europe des Nations et milite aussi pour une organisation régionale qui regrouperait 12 pays situés entre les trois, mers : Adriatique, mer du Nord, mer Noire. Ce qui fait référence au concept d’une fédération d’Etats d’Europe centrale du 19ème siècle (J. Pilsudski dirigeant polonais après la première guerre mondiale). Le concept actuel a été proposé par la Croatie. Un sommet des «trois mers»  a réunit Bulgarie, Estonie, Croatie, Autriche, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Tchéquie, et Hongrie. Autant de pays, autant de nuances et de différences qui ne leur permettent pas une très grande action. Leur seule cause commune demeure leur ferme opposition à la politique migratoire.
On connaît les différences entre l’UE, la Commission et Israël. Israël a donc mené sans relâche une politique en vue d’obtenir des soutiens bilatéraux au sein de l’UE, à défaut d’obtenir celui de l’UE. Cette politique présente aussi des risques et des déceptions. Le dernier avatar est l’annulation par la Pologne de sa participation à la réunion organisée à Jérusalem. On ne peut vouloir une chose et son contraire. On ne peut qu’être surpris des déclarations et incidents durant et après la visite de Benjamin Netanyahou à Varsovie.
Faire de la diplomatie c’est aussi savoir se taire et, si on n’a rien à dire, ce n’est pas une raison de le faire savoir … Il ne suffit pas d’avoir une carte de visite qui précise Ministre des Affaires étrangères…
La Pologne a conservé sa monnaie le Zloty. Alors que Slovaquie et Tchéquie ont adopté l’euro. En revanche ces pays ont tous, profité des subventions européennes notamment dans le secteur agricole. Leur position est d’autant plus ambivalente. La participation de ces pays aux décisions du parlement et de la commission pose problème, Confrontés à la règle de l’unanimité, le frein aux réformes est donc d’un poids considérable. Israël, essaie de maintenir un équilibre instable entre ces relations bilatérales et celles qu’elle doit nécessairement entretenir avec l’UE. 
Ce qui s’est passé est assez incompréhensible, sauf à imaginer qu’il s’agisse d’un épisode à replacer dans un contexte électoral de surenchère et avec pour objectif de ratisser large. Feu Coluche ne disait il pas : «laver blanc, je connais, mais laver plus blanc que blanc, je ne sais pas». Encore une occasion sacrifiée sur l’autel des élections.

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