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mercredi 27 février 2019

Antisémitisme, laïcité, aliyah par BAZAK



ANTISÉMITISME, LAÏCITÉ, ALIYAH

Par BAZAK


A l’examen des derniers événements, après quatre mois de manifestations, toujours en cours, on peut s’étonner du lien entre ces trois sujets. Pourtant il existe. On imagine parfois que la laïcité a été mise entre parenthèses. Rappelons ce qu’est la loi de 1905 : C’est le principe «de séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse et d’impartialité ou de neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses. C’est la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leur croyance ou leurs convictions » (site du gouvernement).




L’observatoire sur la laïcité a rendu son rapport pour 2017/2018 (accessible sur le site de l’observatoire de la laïcité). On y lit, notamment : «Les atteintes directes … restent en réalité peu répandues au niveau national… apparaissent pour la deuxième année mieux contenues (on apprécie la nuance)».  Plus loin … «les tensions et les crispations sur ces sujets qui suscitent un émoi (juste un émoi) important, restent très significatives». Il s’agit de la synthèse publiée. Alors on se perd en perplexité entre peu répandus et très significatives. La synthèse conclue : «Dans ce contexte qui persiste, fait à la fois d’émotion  on n’est plus dans le simple émoi) mais aussi de confusions entre ce qui relève de la laïcité et ce qui relève d’autres champs, dont le radicalisme violent et le terrorisme, il doit être répété qu’il est plus que nécessaire  que jamais de dresser l’état des lieux de la laïcité avec une grand rigueur d’analyse ». Quand on ne veut pas nommer clairement les faits, on procède par circonvolutions et euphémismes ; quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage !
Au vu des événements (attentats, manifestations aux relents racistes et antisémites, harcèlements, agressions physiques, les meurtres antisémites perpétrés en France seraient de onze, c’est onze de trop ! La communauté juive en France, qui représente moins de 1% de la population, concentre 40% des actes de haine en hausse de 74% (statistiques publiées dans tous les journaux). Je n’ose pas faire la multiplication s’il devait s’agit d’un groupe plus important …

À propos de l’aliyah. Ce qui me semble constituer un facteur aggravant, ce n’est pas l’aliyah en soi. Chacun est libre de faire ses choix. En revanche, les appels réguliers des dirigeants israéliens, invitant les Juifs de France à rejoindre Israël, apportent une argumentation définitivement très forte à l’idéologie antisémite. Il n’y a pas un seul membre de la communauté qui ignore la possibilité d’émigrer en Israël.  À partir de là, est-il vraiment nécessaire que ces appels interviennent régulièrement ? Surtout à chaque nouvel épisode antisémite.
Que ce soit l’extrême-gauche comme l’extrême-droite, comme les groupes salafistes ou autres activistes islamistes, c’est un ciment commun pour activer et attiser la haine, en faisant un amalgame soigneusement distillé entre la critique de la politique du gouvernement israélien, du sort des Palestiniens et le rôle attribués aux Juifs de France, quand bien même ils n’ont rien à y voir. Antisionisme est désormais synonyme d’antisémitisme ; c’est aussi réactiver la question de la soi-disant double allégeance… qui revient régulièrement sur le tapis. Comme si on allait interroger tous les Musulmans français pour vérifier pourquoi les uns ou les autres sont restés, qui Algérien, qui Marocain, qui Tunisien ! 
Les faits parlent d’eux-mêmes : à mesure que progressent en France les zones de non droits, l’expression en public d’une haine ordinaire antisémite, le développement d’un communautarisme islamique qui ne veut pas dire son nom et qu’on veut ignorer – on parle de radicalisation - la laïcité se vide progressivement de son contenu, de ses valeurs et donc de la force et du ciment républicain qu’elle représentait lors de sa proclamation (les événements n’étaient certes pas les mêmes).
Alors à chaque événement dramatique, pourquoi inventer de nouvelles lois en renforçant les précédentes, qui ne sont déjà pas appliquées avec toute la rigueur nécessaire – on le voit bien en examinant les statistiques des dernières manifestations, entre interpellations, inculpations et condamnations – A quoi bon se voiler la face ? Il faut de l’ordre, encore de l’ordre, de la rigueur, encore de la rigueur et aucune zone de non droit !

Cette perte continue de sens devient d’évidence un problème majeur pour tous les citoyens, sans aucune exception. Seul un rétablissement des valeurs d’origine et parallèlement celui de l’ordre républicain sur tout le territoire , permettront de revenir à la réalité de la loi de 1905. Le dernier avatar des insultes proférées à l’encontre d’Alain Finkielkraut indique que nous n’en sommes hélas pas encore là. L’individu soupçonné que tout le monde a pu voir et entendre sera jugé en mai (et on prononcera sans doute un délibéré quelques semaines plus tard …). On passe du flagrant délit au flagrant déni. Rien ne presse braves gens, dormez en paix !


4 commentaires:

Véronique ALLOUCHE a dit…

L'Etat d'Israël doit pouvoir être critiqué et attaqué pour ce qu'il fait, mais certainement pas pour ce qu'il est. De ce point de vue l’anti sionisme n’a pas sa place dans le débat puisqu’il présuppose l’idée qu’Israel n’a pas droit à l’existence parmi les nations. Je vous rejoins sur le non-sens de cette loi qui ne protégerait pas plus les juifs pour autant. Ce sont des actes qui sont demandés, non des lois.

Concernant l’aliah, il est juste de dire que les hommes politiques israéliens font du tort à la communauté en l’appelant de ses vœux à quitter la France, laissant penser à une double allégeance. En réalité combien de juifs suivent ces injonctions? Une poignée. La plupart des juifs pensent français, mangent français, ont l’éducation française et aiment ce pays malgré l’objet de haine qu’ils représentent pour certains.

Vous mentionnez la laïcité, ce concept qui pacifiait les haines entre « ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas ».... qu’est-elle devenue?

«Les laicards », ainsi dénommés par leurs contradicteurs, sont de moins en moins nombreux à se battre pour qu’elle survive.

Pour conclure, si le poids des mots de cet article est apprécié , le choc des photos l’est beaucoup moins .... voir le dessin « l’antisémitisme n’a jamais existé! » et la réponse du policier. Je vous laisse deviner l’erreur de sens....

Bien cordialement
Véronique Allouche

Bazak a dit…

Merci Mme Allouche pour vos commentaires.Pour l'essentiel ils vont dans le meme sens que l'article. Concernant les photos ou dessins, il faut toujours prendre un peu de recul et les considerer au deuxième degré.
Bien cordialement,

Véronique Allouche a dit…

Au temps pour autant ? Votre second degré m’echappe un peu.

ulysse75010 a dit…

Madame Allouche, l'orthographe exacte est "au temps" et non "autant".

Sinon, je ne vois pas le lien que font les journalistes entre lutter contre l'antisionisme et le droit de critiquer Israël. Quand on critique la politique de la France on n'appelle pas à sa disparition.

L'anti-sionisme (je sépare exprès les deux mots) lutte clairement contre le mouvement de libération nationale qu'est le sionisme. Le sionisme a conduit à la création de l'État d'Israël, l'antisionisme lutte contre cette création, donc désire sa disparition avec ce que ça comporte de massacre de tous les juifs et musulmans israéliens.