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ELECTIONS LEGISLATIVES AVRIL 2019

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mercredi 9 janvier 2019

Netanyahou choisit une mise en scène dramatique



NETANYAHOU CHOISIT UNE MISE EN SCÈNE DRAMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          Benjamin Netanyahou a usé d’une mise en scène pour son intervention à la télévision puisqu’il avait prévenu qu’il s’agissait d’une «déclaration dramatique». Durant plusieurs heures, la population a été tenue en haleine alors qu’elle échafaudait tous les scénarios possibles pouvant mettre le pays en danger. Ses communicants ont bien réussi puisque la vie politique s’est arrêtée dans le pays pendant quelques heures dans l’attente de la grave information qui  pouvait impliquer la sécurité d'Israël. Les citoyens se sont rivés face à leur télévision qui a dû obtenir la meilleure audience de l’année.



On revient le 9 avril

Il n’en a rien été car Netanyahou a abordé ses problèmes personnels et ses affaires judiciaires qu’Avichai Mandelblit, avec une lenteur inexpliquée, n’arrive pas à clôturer. Le Procureur a donné l’impression qu’il voulait attendre l’après-élections mais il semble à présent vouloir intervenir rapidement pour régler les quatre affaires.
            Les enquêteurs sont très discrets et peu d’informations filtrent du dossier. Netanyahou, n’étant pas inculpé, n’a pas accès à la procédure ce qui est conforme à la loi. Alors il veut imposer sa propre procédure à la justice bien que les enquêteurs et les juges soient maîtres des horloges. Il exige une confrontation avec les protagonistes clés de l’affaire et surtout avec les témoins d’Etat qui ont négocié avec la justice une peine réduite en échange de leur témoignage. Il a donc  appelé la population à le soutenir contre les enquêteurs qui selon lui, refusent de faire comparaître les témoins en sa présence.
En fait sa déclaration «dramatique» était une attaque en règle de la police et du système judiciaire israéliens ce qui est étonnant de la part du premier ministre qui est sensé garantir l’indépendance de ces deux institutions. Il semble que la panique se développe dans le camp de Benjamin Netanyahou car l’étau se resserre autour de certains de ses proches. En effet, l’enquête de police met en cause ses confidents et ses amis milliardaires. Il faut reconnaître cependant l’exemplarité du travail des enquêteurs qui, avec courage, résistent aux pressions politiques et poursuivent leur travail malgré une volonté de blocage d’Avichai Mandelblit, Procureur général de l’État, qui contrôle les quatre affaires judiciaires. Affaire 1000 : cigares, champagne et cadeaux reçus de la part de magnats américains. Affaire 2000 : couverture positive dans le quotidien Yediot Aharonot en échange d'une loi contre les journaux gratuits. Affaire 3000 : achat de sous-marins militaires auprès de l'Allemagne avec des pots de vin suspects. Affaire 4000 : liens secrets entre Bezeq et le ministère des communications.  



Les enquêtes sont terminées mais nous ne  savons rien des preuves d’une implication du Premier ministre. En revanche certains accusés ont obtenu le statut de «témoin de l’État» leur garantissant une peine allégée en échange d’informations confidentielles et de la mise en cause d’autres coupables. Les langues vont donc se délier et la police pourra alors compléter son dossier de charges. L’ancien directeur de cabinet de Netanyahou, Ari Harow, a négocié lui-aussi son statut de «témoin de l’État» dans le cadre «d’accusations de corruption, de violation de la confiance, de conflit d’intérêts et d’obtention frauduleuse d’avantages».
On comprend l’inquiétude de Netanyahou qui ignore tout de l’importance des charges qui lui sont imputées. Le Procureur, critiqué pour sa lenteur à conclure, envisage de prendre une décision avant les élections ce qui donne une autre tournure à la situation juridique. Les inconditionnels du Likoud ont déjà annoncé que le premier ministre restera en fonction même s’il était inculpé. Ce serait une première dans l’État démocratique d’Israël.

La mise en scène de Netanyahou vise à prolonger l’enquête au-delà des élections pour que la campagne électorale ne soit pas polluée par les affaires. En réclamant une confrontation avec ses accusateurs pour les «regarder droit dans les yeux», le premier ministre veut forcer les enquêteurs à ouvrir à nouveau publiquement le dossier pour que le peuple s’érige en justicier. Netanyahou estime que «un Premier ministre a également le droit de se défendre équitablement. De quoi ont-ils peur ? Que cachent-ils? Je n'ai pas peur. Je n'ai rien à cacher». Mais de là à créer un tribunal populaire !
Procureur Mandelblit

En fait, par sa conférence de presse il cherche à prouver que les juges et la police sont injustes à son égard. Les juristes répondent qu’il n’y a aucune obligation légale de le confronter avec les témoins-clefs tant que l’inculpation n’a pas été décidée par le Procureur qui a pris nettement position en faveur de la justice et de la police : «les enquêtes contre le Premier ministre ont été menées de manière professionnelle et approfondie, avec l'aide du bureau du procureur du district de Tel Aviv et sous la supervision du procureur général et du procureur général. Il n'est pas approprié que les organismes chargés de l'application de la loi donnent des détails sur les enquêtes et les témoignages dans les médias, certainement pas à ce stade. Le procureur général examine les conclusions de l'enquête et l'équipe du bureau du procureur général travaille de manière professionnelle et organisée, ce qui ne devrait pas et ne devrait pas être révélé à la presse».
La déclaration de Netanyahou dans les médias à l’heure de grande écoute tend à le faire passer pour une victime car il se prépare déjà à l’inévitable. Il n’est pas sûr que l’inculpation de Netanyahou avant le scrutin ait une influence quelconque auprès des électeurs et il semble que cette dramatisation voulue à la télévision ne soit pas du goût de la population. Au sein du Likoud, certains responsables se préparent d'ailleurs à prendre la relève à l’instar de Gideon Saar.

Dans les partis de la coalition, la guerre est ouvertement déclarée comme le laissent entendre Ayelet Shaked, Naftali Bennet et Avigdor Lieberman. L’opposition est à l’heure actuelle désunie et aucun leader charismatique ne perce dans l'opinion, ce qui ne lui donne aucune chance de devenir une force d’alternance. Les sondages, si l'on y croit alors qu'ils se sont toujours trompés, mettent toujours Netanyahou au dessus de toute la classe politique. C’est pourquoi on se perd en conjectures sur l’utilité de cette conférence de presse «dramatique».
  

6 commentaires:

Arié AVIDOR a dit…

Netanyahou n’est pas impliqué, à ce stade, dans l’enquête sur les sous-marins et autres batiments de guerre (le « dossier 3000 ») ...

Max HERZBERG a dit…

A mon avis on pourrait l’attaquer en haute cour pour abus de pouvoir politique pour ses intérêts personnels. C’est en fait un vol qualifié de temps de television a l’heure de pointe.

Yaël Marie-Hélène ARMANET a dit…

Pathétique, aux abois, mal informé par ses avocats. Il a joué une bien mauvaise carte hier soir et a donné des voix à ses "ennemis". Au final, il aura toutes les "bonnes raisons" de ne plus payer du tout ses avocats... pas vrai?

René SEKNADJE a dit…

Netanyahu a dit quelque chose qui n est pas relevé et qui au fond est peut être le plus important dans cette intervention
S il avait accepté de revenir aux frontières de 67 et de diviser Jerusalem , les poursuites auraient été abandonnées.
C est d une extrême gravité
et il faudrait en parler ´
Aucun journaliste
, commentateur ou politique ne relève ce propos,
Étonnant !

Yaakov NEEMAN a dit…

Bonsoir Jacques. Juste quatre petites remarques :
1) Quand il y a une tempête, il est impératif qu'il n'y ait qu'un capitaine à bord. Or le vaisseau Israël navigue plutôt par gros temps en ce moment. Ii est donc logique que le capitaine Bibi truste plusieurs fonctions et s'occupe de tout : la santé de l'équipage, la communication avec les autres bateaux, la façon de louvoyer entre les écueils, la manière d'aborder les installations portuaires, etc.
2) Toute cette campagne est le fruit des passions déçues de politiciens jaloux, qui agitent l'épouvantail de la corruption pour condamner un homme qui devrait pourtant être présumé innocent puisque telle est -- ou devrait -- être la règle en démocratie.
3) L'expression"kafouy tova" (ingratitude) s'applique merveilleusement à ceux qui s'évertuen à noircir l'image d'un homme capable de tenir tête au monde entier, et que nul ne saurait remplacer dans la configuration actuelle.
4) L'ajectif "dramatic" par lequel le JERUSALEM POST rendait compte de l'événement doit être traduit en Français par "spectaculaire" et non par "dramatique".

Avy a dit…

1. Depuis 1948, Israël vit dans la tempête, cela n’a pas empêché les alternances et les premiers ministres successifs,
2. Si les politiques utilisent les déboires de Bibi, qui ne s’est jamais gêné dans le passé d’en faire de même avec ses adversaires, ce ne sont pas ces derniers qui ont enquêté sur lui mais la police dont le chef, rappelons-le, a été nommé par Bibi,
3. Son image et celle de sa famille, ils se la sont noircie tous seuls, ils n’ont eu besoin de personne et leur dérive y a largement contribuée,
4. Sa pathétique intervention qualifiée de « dramatique » ou de « spectaculaire » n’a strictement rien appris, n’avait pas lieu d'être, et il a été très vite renvoyé dans les cordes par les services du procureur. Qu’un premier ministre mette en cause sa police et la justice, dont les dirigeants ont été, rappelons-le, nommés par Bibi, est une honte et démontre ses craintes. Il n’a plus répété : ils ne trouveront rien parce qu’il n’y a rien, mais c’etait plutôt un appel à ses inconditionnels pour contrecarrer la mission de la police et de la justice.