Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE

 

dimanche 6 janvier 2019

Les Palestiniens face au plan de paix de Trump




LES PALESTINIENS FACE AU PLAN DE PAIX DE TRUMP

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps


On ignore les réelles motivations d’Avigdor Lieberman quand il a dévoilé les éléments encore secrets du plan de paix américain prévoyant la création d’une entité étatique à Gaza, la souveraineté des Palestiniens en Cisjordanie et des incitations économiques. Il savait que cette révélation ne se limiterait pas à la seule délégation palestinienne qu'il avait rencontrée juste avant sa démission. La souveraineté s’étendrait sur la zone A (13% de la Cisjordanie), sur la zone B (18%) et sur une petite partie de la zone C (60%).  Le plan prévoit également le maintien des implantations, le contrôle israélien des points de passage de la Cisjordanie et de ses frontières extérieures, ainsi que la sécurité, l’eau et la vallée du Jourdain. Le contrôle israélien sera étendu à la plus grande partie de Jérusalem-Est.



Zones A B C

Le plan prévoit également la création d’un fond international pour organiser l’infrastructure administrative dans la bande de Gaza avec création d’un aéroport, d’un port et de points de passage et maritimes. Le plan est ambitieux pour offrir une véritable indépendance à la bande de Gaza.
Le président Mahmoud Abbas a d’ores et déjà refusé cette offre de Donald Trump avant qu’elle ne lui soit présentée officiellement : «C'est un complot, un complot qu'ils vont mener de loin. Ils disent attendre l’affaire, qu’attendons-nous ? Tout est sur la table et rien n'est laissé caché, et ce qu'ils offrent est rejeté, et nous nous battrons pour l'empêcher, car nous ne vendrons pas notre sainteté. Les sanctions imposées par l'administration américaine aux Palestiniens pour les inciter à accepter l'accord ne réussiront pas à changer notre position».
Les Palestiniens n’ont aucune vision globale d’avenir car s’ils en avaient, ils auraient accepté d’emblée cette tentative de paix de Trump. Ils  rejettent systématiquement toute solution qui ne prévoit pas la destruction d’Israël. Alors ils confirment leur incapacité historique à obtenir une avancée politique pour leur peuple. Ils donnent de l’eau au moulin des nationalistes israéliens, à l’instar de Naftali Bennett qui a promis de tout mettre en œuvre pour empêcher la création d’un État palestinien. Le refus des deux côtés entérine l’acte de décès d’un plan qui n’a pas encore vu le jour. Trump est conscient de cette difficulté suprême et c’est pourquoi ses conseillers le pressent à remplacer la direction palestinienne actuelle et, à la rigueur, celle du Hamas si elle persiste dans son refus.

Mais les problèmes internes aux Palestiniens aggravent la faiblesse de leurs dirigeants qui sont contraints d’user d’intimidation et de violence pour s’accrocher à leur fauteuil. Aucun Palestinien n’est en mesure de cautionner un plan fondé sur un compromis sans mettre en danger son poste, voire sa vie. Alors ils optent pour un statu quo avec à la clef l’émergence d’un seul État démocratique où Juifs, Musulmans et Chrétiens pourraient vivre sur un pied d'égalité. Mais c’est une vie d’illusion car il existe un fossé énorme entre les communautés et pas seulement sur le plan religieux.  Les Palestiniens n’ont rien appris de Ben Gourion qui avait accepté toute solution, même minimale, qui prévoyait un minuscule État. Il avait accepté, contre sa majorité juive, le plan de partage de la commission Peel en 1936 qui prévoyait un État d’une taille très inférieure à celle qui fut décidée en 1947. Pour Ben Gourion un micro État valait mieux que pas d’État du tout. Il n’avait pas eu tort.
Plan Peel

 Les Palestiniens perdent donc une occasion de préparer un avenir indépendant à leur peuple. Cette chance risque de ne pas se présenter à nouveau. Il est vrai qu’ils doivent tenir tête à leurs opposants et à leurs extrémistes qui pensent que l’éradication d’Israël est l’objectif unique. En attendant, l’Autorité palestinienne perd progressivement sa crédibilité et ne représente plus qu’elle-même. Leurs opposants à la paix accusent les accords d’Oslo d’avoir échoué alors que ces accords ont été voués à l’échec à la suite des attentats suicides et de l’Intifada
Israël avait accepté le plan de partage de 1947, a minima, afin de conforter son existence et d’installer progressivement ses structures étatiques. Les Palestiniens ne veulent pas suivre Trump parce qu’ils ne cessent pas de regarder en arrière et de refuser l’avenir alors que le président américain leur donne une chance de construire leur pays indépendant pour se déconnecter d’Israël. Mais ils tremblent devant leurs extrémistes islamistes.
            Les Américains leur tendent une nouvelle perche à laquelle s’accrocher au moment où se profile la recomposition politique en Israël. Il n’y a plus de notions de droite ou de gauche en Israël qui sont devenues caduques. Le clivage se fait actuellement entre ceux qui acceptent un État palestinien et les autres étant entendu qu'il existe un consensus entre tous les partis sionistes sur les problèmes sécuritaires. Yaïr Lapid de Yesh Atid, les Travaillistes, Hatnuah de Tsipi Livni, Benny Gantz et Meretz acceptent le dogme de «deux États pour deux peuples» et constituent pour l’instant un groupe minimum de 40 sièges qui aurait plus d'importance. Certains membres du Likoud pourraient devenir pragmatiques comme Avigdor Lieberman qui a renoncé au Grand Israël pour se séparer des Palestiniens.

Ces partis constituent la ligne de rupture sachant que l’extrême-droite israélienne, la plus intransigeante à un État palestinien, semble laminée voire éradiquée depuis la création de la Nouvelle droite, qui est devenue radicalement anti Netanyahou et qui pourrait se joindre à une coalition de circonstance. Mais tout dépend des Palestiniens et de leurs exigences dépassées. En cas de blocage, Donald Trump pourrait frapper sur la table pour convaincre les deux parties de composer un compromis viable. Les Israéliens ne sont pas à l’abri d’une surprise douloureuse.

5 commentaires:

patrick silberberg a dit…

je ne comprends pas la carte d Israël avec Jérusalem en vert c est a dire palestinienne?

Anonyme a dit…

Jérusalem est, Patrick... quand est-ce que vous y êtes allé la dernière fois?

denis sabrié a dit…

Meilleurs voeux de l'occident à tous... et bonne santé..

article intéressant , la fin par contre me laisse dubitatif... "D. Trump pourrait frapper sur la table pour convaincre..etc.." qu'il prenne du temps pour éduquer les arabes palestiniens..on achète pas des armes avec les subventions, on construit des hôpitaux, des crèches, des tous à l'égout et des stations d'épuration, des centrales solaires, on travaille sur la recherche, etc...et on respecte l'égalité homme/femme, bref, on sort du moyen âge !
Les américains n'ont qu'une chose à faire, concernant ISRAEL, c'est de soutenir le pays, par tous les moyens possibles quel que soit son Premier Ministre.. ils nous doivent bien ça ( pour ceux qui connaissent l'histoire et en particulier celle des templiers...)

Anonyme a dit…

construire des tous à l'égout.... c'est une bonne idée ça!

au moins voilà un lapsus très révélateur!

Unknown a dit…

De Bazak :

Comment est il possible qu'un ancien ministre livre à la presse, un plan réputé " secret "t non encore divulgué ? N'y a t il aucun devoir de reserve ?
Ou alors , parce que nous sommes entrés en période électorale, on tire dans tous les coins , comme la boite de Pandore, et on verra bien ce que en ressortira ?
Vu de l'étranger c'est toujours surprenant de voir que l'on expose tout au grand jour ...
Liberman se donne t il de cette façon une chance de survivre politiquement ? Ou comme semble l'indiqué le très instructif article de notre ami Jacques Benillouche, il n'y a plus de droite ou de gauche , mais uniquement un logo , qui proposera l'offre ( politique ) la plus SECURITAIRE ,
Il me semble qu'on assiste egalement à un grand bal des égos. Chacun se lance dans la campagne, qui comme ancien général et specialiste des problèmes de sécurité, qui comme ancien ministre et doté de la science infuse de ce qui qui a l'expérience, par ce qu'il a été ministre...
Le système actuel de scrutin uninominal à un tour avec un seuil d'entrée à la Knesset à hauteur de 3,5 0/0 semble encore trop bas cr il permet encore l'accès à de petites formations qui deviennent - coalition le demande - une charnière capitale au fonctionnement, bien au dela de leur représentativité réelle.
Il est par ailleurs très intéressant de constater que l'échec d'un ministre ( des fiances ) dans sa responsabilité n'est pas imputée au gouvernement dans le quel il siège, mais uniquement au Ministre lui même. Ce qui laisse penser que chaque Ministre porte, seul, la responsabilité de SA politique, ce qui reste tout de même surprenant ...
Quand la loi électorale changera t elle enfin ? Quand y aura t il la possibilité d'avoir autre chose que des coalitions qui vont de compromis en compromis, mais qui ne permettent pas une réelle et déterminante évolution ? quelle énergie cela demande t il au Premier Ministre et au gouvernement, au lieu de s'occuper des problèmes clés de l'état ?