Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

ELECTIONS LEGISLATIVES AVRIL 2019

En raison des élections législatives israéliennes anticipées, notre site publiera de nombreux articles pour informer ses lecteurs sur l’évolution des idées et des candidats, avec l’objectif unique de les informer et de les aider dans leur vote final. Tout en gardant notre liberté de ton et nos convictions, nous nous engageons à ne publier que des informations vérifiées en misant sur l’intelligence de nos lecteurs à décider seuls en dernier ressort. Nous sommes ouverts aux questions, aux suggestions et aux demandes complémentaires sur des thèmes non traités.

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

mercredi 9 janvier 2019

Les 20 ans de l'euro par Dov ZERAH



LES 20 ANS DE L’EURO

Le point économique de  Dov ZERAH


Tout d’abord, je tiens à vous renouveler tous mes vœux de bonheur, santé et prospérité pour vous et tous les vôtres. Que la paix règne enfin sur Israël et son peuple.


Il y a 20 ans, le 1er janvier 1999, l'euro est devenu la monnaie de 11 des 15 pays composant à l’époque l’Union européenne, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la France, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède. Rejoignent ensuite la zone euro la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009, l’Estonie en 2011, la Lettonie en 2014 et la Lituanie en 2015. Au total, la zone euro comprend aujourd’hui 19 pays.




Néanmoins, il a fallu attendre le 1er janvier 2002 pour que plus de 300 millions d'Européens utilisent l'euro dans leur vie quotidienne. Entre le traité de Maastricht, signé en février 1992, et la mise en circulation des pièces et des billets dans l'Union, il s'est écoulé dix ans. Tous les détracteurs prédisaient une catastrophe, et une incapacité des agents économiques à se familiariser avec la nouvelle monnaie. 17 ans après, qui fait la conversion avec son ancienne monnaie, alors que chacun ressent une inflation au quotidien, notamment pour les biens de consommation courante, qui ne se retrouve pas dans l’indice macro-économique.
N’oublions pas qu’il s’agit d’une opération unique dans l'histoire monétaire mondiale. L'euro a remplacé des monnaies qui ont été des symboles nationaux très forts et un des instruments de la souveraineté des États pendant des siècles. Il a fait progresser l'unification de l'Europe, et constitue un facteur de rapprochement et d'identification des citoyens européens qui peuvent voyager dans la zone sans changer de monnaie. L’euro est aujourd’hui un bien commun qu’il faut préserver.
Dès 1969-1970, l'idée d'une monnaie unique européenne est apparue comme un complément nécessaire au Marché commun, et nécessaire pour éviter que les dérèglements successifs du système monétaire international, et surtout à partir de 1975 avec la généralisation des changes flottants, ne portent atteinte aux progrès de l’intégration. Cette exigence est devenue plus pressante à partir de 1992 avec la mise en place du marché unique, et rendre son fonctionnement aussi optimal que possible.
En 20 ans, l’euro a montré sa solidité, et a surmonté plusieurs graves crises :
- Celle des subprimes de 2008-2009
- La crise grecque à partir de 2009. Rappelons que malgré un referendum initié par le gouvernement Tsipras, les autorités ne sont pas sorties de la zone euro, car le coût aurait été bien supérieur à celui de l’ajustement drastique mené depuis quelques années. Même si la crise n’est pas finie, le pays a pu revenir sur les marchés internationaux et emprunter
- La crise des dettes souveraines européennes de 2010. Trois pays ont particulièrement été exposés, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal ; ces trois pays, au prix de sévères politiques déflationnistes, ont réussi à retrouver le chemin de la croissance
-        Les derniers soubresauts italiens démontrent que, nonobstant les critiques adressées à Bruxelles, Rome ne veut pas rompre…
Ces crises ont renforcé la solidarité européenne, et permis la mise en place de mécanismes de stabilité. Au-delà de ces succès, l’euro a atteint deux limites :
Il n’a pas accru la croissance structurelle en Europe. Mais, il n’est pas sûr que ce soit le rôle d’une monnaie ; elle peut être un facilitateur, voire un accélérateur, mais elle ne peut remplacer les indispensables politiques structurelles. Rappelons que la politique exceptionnelle d’assouplissement monétaire conduite depuis 5 ans par la banque centrale européenne n’a eu qu’un impact de 0,4 % sur la croissance annuelle de la zone.
- Il ne s’est pas imposé face au dollar, pour au moins deux raisons :
·       Après le redressement de la BNPPARIBAS, les dernières sanctions américaines envers l’Iran démontrent que le fait que les transactions soient libellées en dollar handicapent les échanges de l’Europe avec le reste du monde. La Commission européenne s’est enfin saisie du sujet et devrait prochainement faire des propositions. Néanmoins, il faut faire attention de préserver les intérêts européens, tout en évitant de devenir une monnaie véhiculaire du commerce international, comme le dollar, avec tous ses inconvénients.
·       En matière de change, l’euro semble avoir suivi le dollar, à la hausse, comme à la baisse, au gré des intérêts américains ; il est ainsi passé de 1,10 $ en 1999 à 1,15 aujourd’hui, avec un plus bas de 0,82 le 26 octobre 2000, et un plus haut de 1,60 le 15 juillet 2008. Aucun fondamental économique ne justifie de telles variations qui handicapent les échanges économiques. Il est grand temps que la BCE définisse une véritable politique de change, en tenant compte des différences de compétitivités entre les différents pas de la zone.

Le 16 décembre, j’ai appelé votre attention sur les deux récentes avancées européennes du dernier Conseil européen des Chefs d’État et de gouvernement. Il a acté le principe de la création d’un instrument budgétaire. Il s’agit d’une avancée très importante, mais il faut aller plus loin dans la mise en place d’un véritable gouvernement économique de la zone euro, et dans une plus grande harmonisation fiscale.
Au-delà de cette symbolique décision, le sommet a pris deux décisions importantes :
La mise en place d’un «filet de sécurité supplémentaire» en cas de grave faillite bancaire
- La réforme du mécanisme européen de stabilité (MES), le fond d’aide aux États en difficulté créé à l’occasion de la crise grecque.
Pour retrouver sa place dans le monde, et éviter son déclassement vis-à-vis de l’Asie, il est grand temps que l’Europe prenne à bras le corps ses problèmes. Ne cédons pas aux tentations du repli sur soi. Tous ensemble, nous aurons plus de forces pour affronter notre monde turbulent dominé par les trois super puissances, Chine, Etats-Unis et Russie. Que pourrions-nous faire seuls ? A défaut, ce sera la place à tous les populismes, à tous les extrêmes, à tous les vieux démons européens qui ont conduit le vieux continent à son déclassement.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Permettez-moi de ne pas "communier dans l'adoration de ce nouveau Veau d'Or" que serait l'euro tel que vous le voyez, mais plutôt de conseiller à vos lecteurs de l'analyse qu'en faisait l'économiste Jacques Sapir en 2016 :

https://www.les-crises.fr/leuro-contre-leurope-par-jacques-sapir