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samedi 8 décembre 2018

Tsahal est le nouveau bouc émissaire politique



TSAHAL EST LE NOUVEAU BOUC ÉMISSAIRE POLITIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          C’est toujours ainsi. Les langues des ministres se délient une fois qu’ils quittent leurs fonctions. Cela dénote leur courage quand ils se taisent pour ne pas perdre leur portefeuille. Depuis sa démission, Avigdor Lieberman lance des piques sur les uns et les autres, de manière régulière, en cherchant à faire endosser à Tsahal les carences du pouvoir politique. Il n’ignore cependant pas que l’armée est aux ordres du pouvoir civil, comme dans toutes les démocraties, et qu’elle ne fait qu’exécuter les directives du gouvernement. Ainsi toute critique sur le comportement politique du chef d’État-major est superflue, voire irresponsable.



            Avigdor Lieberman a ainsi critiqué Gadi Eizenkot sur la chaîne-2 israélienne en l’assimilant à un dirigeant de la Paix Maintenant, l’ONG de gauche qui prône la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. L’ancien ministre de la défense est donc revenu sur le traitement du conflit de Gaza en accusant le chef d’État-major de mollesse. Le chef militaire a effectivement toujours exprimé son opposition à une opération terrestre dans la bande de Gaza, parce que, selon lui, «une telle opération n'a aucune justification, car elle ne sert à rien». Il estime que le danger est ailleurs et qu'Israël est confronté aux Gardiens iraniens de la révolution islamique, qui se renforcent de l'autre côté de la frontière syrienne, ainsi qu'au Hezbollah qui a pris du galon depuis son intervention armée au Liban, au Hamas et au Djihad islamique à Gaza,
        Rien n’empêchait Lieberman, en tant que ministre de tutelle, d’exiger une telle action mais il a été mis en minorité dans le cadre d’une réunion militaire en comité restreint durant laquelle aucun officier supérieur présent, ne l’a soutenu au point de lui faire dire : «Je me sens parfois ici comme si j'étais en discussion avec les dirigeants de La Paix Maintenant». Insulte suprême !

Les relations entre Lieberman et Eizenkot ont été conflictuelles car ils divergeaient sur la plupart des questions militaires tant en ce qui concerne les tunnels au Nord que sur l’attitude à adopter avec le Hamas. En septembre 2018, le ministre de la défense avait même réclamé l’intervention des services secrets pour faire cesser les fuites provenant du cabinet de sécurité, après la diffusion de propos confidentiels sur les risques d’une flambée de violences en Cisjordanie. Le général Eizenkot avait prévenu le cabinet de sécurité que les Territoires palestiniens, y compris la Cisjordanie, risquait de connaître prochainement un accès de tension. Lieberman avait alors soupçonné Eizenkot d’être à l’origine de ces fuites : «Les fuites du cabinet sont interdites et dangereuses. Faire fuiter des propos du chef d’état-major revient à franchir une ligne rouge et représente un réel danger pour la sécurité de l’État».

Gadi Eizenkot avait en effet proposé au cabinet de sécurité de renforcer l’aide économique aux Palestiniens en Cisjordanie, de trouver des solutions pour mettre fin à la crise humanitaire à Gaza et surtout pour concentrer les troupes combattantes vers le nord, sans avoir à faire appel aux réservistes en cas de conflit. Il avait décidé de porter toute son attention sur le Hezbollah qui agissait à l’ombre de la FINUL en construisant des tunnels transfrontaliers pour attaquer par surprise les habitants israéliens en Galilée. Tsahal suivait depuis longtemps l’avancement des travaux de la milice chiite libanaise mais n’approuvait pas le tintamarre médiatique fait autour de la découverte de deux tunnels qui semblait tomber bien à propos pour camoufler l’inculpation de corruption, de fraude et d'abus de confiance du premier ministre.  

Ces gesticulations verbales s’expliquent par l’approche des élections prévues en 2019 et par la nécessité des leaders politiques de prendre leurs marques. Mais impliquer Tsahal dans le débat politique risque d’être dangereux pour l’unité du pays. L’armée occupe une place centrale dans la vie publique d’Israël, parce qu’elle a mené sept grandes guerres et plusieurs offensives et opérations militaires, souvent avec l’aide de conscrits, ces jeunes qui servent sous l’uniforme pendant trois ans. Aujourd'hui elle est confrontée à plusieurs défis. Il s’agit d’une l’institution nationale qui est tenue en haute estime par la population israélienne. 
Aujourd’hui le premier ministre est devenu, selon la loi parce que le poste est vacant, le ministre de la défense, de quoi se construire une image de commandant en chef. Il n’est pas question pour lui de nommer un nouveau ministre de la défense qui serait sous le feu des projecteurs et qui risque de devenir, en cette période de tension sécuritaire, un rival potentiel. En tant qu’ancien de Sayeret Maatkal, l’Unité d’élite de reconnaissance de l'État-major, il s’estime qualifié pour le poste. 

Malgré cela il ne porte pas trop dans son cœur les militaires depuis les accords d'Oslo, auxquels il était profondément opposé, et qui avaient vu de nombreux généraux participer à la négociation. De cette période, date la rupture entre Netanyahou et Tsahal. Mais ce n’est pas une raison pour que l’armée devienne le bouc émissaire dans les combats politiques.


2 commentaires:

Georges KABI a dit…

Jacques, en tant que journaliste, tu essaies de ne pas prendre parti, mais moi en tant que lecteur, je le peux.
D'abord je crois que Bibi est capable de tout sacrifier pour eviter d'etre inculpe, Etat d'Israel compris!
Ensuite, il y a, depuis quelques annees, un changement complet de personnel dans Tsahal, surtout au niveau du commandement secondaire. Les kibboutznikkim ont disparu, renplaces par les jeunes issus du sionisme-religieux. Ce qui fait que Tsahal a change de bord, politiquement parlant, d'ou les amenagements que Liebermann, Bibi et Bennet peuvent faire sur son dos. Gadi Eisenkott est probablement, meme si il ne l'a jamais dit, favorable au Likoud. Cela pourrait expliquer les "fuites" de Liebermann.

bliahphilippe a dit…

L'évolution de Tsahal vers le sionisme religieux se fait au niveau -si je puis dire- populaire dans la jeunesse qui intégre l'armée.
On la retrouve en nombre chez les soldats, sous officiers et officiers dans les excellentes unités de Golani entre autres et notamment.
Mais cette tendance ne se refléte pas encore chez les généraux ainsi qu'on a pu le constater depuis des décennies.
Quant à avancer que Gadi Eisenkott serait favorable au Likoud cela n'engage à rien car comme le rappelle avec justesse Jacques Benillouche le Likoud dirigé par Natanyahou décide seul .Or ce Likoud sous l'emprise de son dirigeant se montre peu favorable à prendre le risque de sortir du statu quo et donc bloque toute initiative militaire susceptible de remise en cause.
Que cela plaise ou non, telle est la realité meme si elle se cache sous des mensonges -hypothétiques ou avérés?-destinés a temporiser en utilisant le péril iranien que Natanyahou agite depuis des années.
En vérité Natanyahou est terrorisé à l'idee de renverser le Hamas aboutissant à une situation qui profiterait à l'olp d'Abou Mazen lui permettant de s'installer à Gaza tout en poussant à la creation d'un Etat Palestinien avec l'aide de la "communauté internationale" sous l'égide d'une ONU complaisante antiisraélienne dominée par les pays arabes et le tiers monde bien sur avec la bénédiction de la France toujours prete à nuire à Israel en compagnie de quelques pays de l'UE.