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samedi 22 décembre 2018

Quand les Palestiniens s'étranglent d'indignation par Michèle MAZEL



QUAND LES PALESTINIENS S’ÉTRANGLENT D’INDIGNATION

La chronique de Michèle MAZEL


Appel à l'ONU de donateurs pour les Palestiniens

Rien ne va plus entre les Palestiniens – ceux de Ramallah et ceux de Gaza – et une grande partie de la communauté internationale et plus particulièrement les «généreux donateurs». La manne qui a si longtemps nourri l’existence dorée des dirigeants est en train de se tarir.  Prenez l’Autorité palestinienne. C’est la faute aux Israéliens bien sûr ; voilà des années qu’ils montrent au monde, chiffres et documents en main, que les millions de dollars reçus ne sont pas investis dans des programmes de développement ou même dans l’amélioration de la vie quotidienne des populations.


Abbas reçoit les familles de prisonniers

Non, disent les Israéliens, cet argent sert à encourager la terreur : il est versé à ceux qui ont tué des civils innocents et purgent de lourdes peines dans les prisons israéliennes ; il sert aussi à venir en aide aux familles de ces tueurs. Cet argent, octroyé avec de si bonnes intentions, finance aussi des livres de classe qui enseignent aux petits Palestiniens dès leur plus jeune âge la haine du Juif et le rejet du droit d’Israël à exister.
Pour Abou Mazen, il s’agit pourtant là d’objectifs bien légitimes. Les tueurs sont des héros, que dis-je des martyrs, et il est de son devoir de leur apporter, à eux et à leurs familles, un soutien bien légitime. Quant aux manuels scolaires, ils ne font que refléter la réalité. D’ailleurs la communauté internationale, responsable de la tragédie palestinienne, n’a pas à discuter des choix de celui qui est à la barre. A Gaza, maintenant, l’indignation n’est pas moins grande. De quel droit les représentants des Etats-Unis, des Nations Unies et de l’Europe se permettent-ils de réduire leurs contributions au motif que les fonds vont à la construction de tunnels et à la mise au point d’armements sophistiqués pour venir à bout de l’entité sioniste laquelle est illégitime et doit disparaître ?  
On a même vu les dirigeants de l’UNRWA condamner du bout des lèvres les tunnels creusés sous leurs écoles, du fait du risque que ces tunnels feraient courir aux petits écoliers. Quelle ingratitude ! Ces dirigeants ne sont-ils pas payés eux aussi sur ces fonds ?
Ce qui est dramatique, pensent Abou Mazen à Ramallah et Sinwar et Haniyeh à Gaza, c’est qu’après des années, voire des décennies durant lesquelles le narratif palestinien est accepté pour ainsi dire les yeux fermés, c’est maintenant la propagande israélienne si décriée qui est en train de marquer des points. Sans parler de ce nouveau président américain qui semble déterminer à couper les vivres à des «millions de réfugiés» et qui a eu l’audace de fermer la représentation palestinienne à Washington.

Comment en est-on arrivé là ? Et voilà que la France se joint à ce mouvement ! Des journalistes d’origine arabe travaillant pour les plus grandes chaines d’information françaises et belges sont venus à Jérusalem à l’initiative de l’ambassade d’Israël à Paris.  Leur but ? S’informer sur le terrain ! Ils ont rencontré des personnalités israéliennes dont le président de la Knesset et n’ont pas hésité à exprimer des propos sacrilèges sur le conflit. L’un d’eux a été jusqu’à dire que le renouveau des Arabes ne pourra se faire que lorsqu’ils reconnaîtront volontairement et sincèrement Israël. Intolérable.
L’Autorité palestinienne demande à l’Union des Journalistes arabes de les sanctionner pour «ce crime» et l’Association démocratique de presse (!) qui a son siège à Gaza en appelle aux médias arabes :  à eux de boycotter ces journalistes coupables d’aider l’ennemi sioniste à réaliser ses forfaits dans la région…

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