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samedi 1 décembre 2018

Le grand retour du prince charmant par Michèle MAZEL



LE GRAND RETOUR DU PRINCE CHARMANT

La chronique de Michèle MAZEL




Devenu prince héritier d’Arabie saoudite à trente ans à peine, Mohammed Ben Salman, fils du roi Salmane et petit-fils d’Ibn Saoud, fondateur mythique du royaume, était l’enfant chéri de la presse et des dirigeants occidentaux qui voyaient en lui le visionnaire qui piloterait son pays vers la modernité et la prospérité économique.



Las ! On l’accuse d’avoir commandité sinon commandé l’assassinat d’un opposant politique, journaliste de surcroît.  Voilà deux mois que la presse turque aux ordres du pouvoir distille savamment des détails sur la façon dont aurait été tué Jamal Khashoggi dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul. Les autorités turques enfoncent le clou en communiquant aux services secrets des pays «amis» l’enregistrement de ce qui s’est passé dans ledit consulat. Un enregistrement effectué au moyens d’écoutes parfaitement illégales mais, de cela, personne ne parle. Le président turc fait des allusions appuyées à la responsabilité du prince héritier auquel l’Occident demandait des comptes.
La famille royale, scandalisée, songeait à le remplacer pour limiter les dégâts. Bref, on disait Mohammed Ben Salmane à deux doigts de la destitution. Et le voilà, MBS comme l’appelle la presse occidentale qui apparaît tout sourire sur la scène du G20 à Buenos Aires, après une tournée assez réussie au Moyen Orient et en Afrique du nord malgré quelques manifestations qui n’ont pas réuni grand monde. Vladimir Poutine lui donne une chaleureuse accolade et ils ont un long échange devant les caméras. Des mauvaises langues diront qu’ils ont l’un et l’autre fait tuer des journalistes et ne s’en portent pas plus mal.
Narendra Modi

Narendra Modi, le premier ministre indien, vient rendre visite au prince héritier dans sa résidence ; selon la presse indienne c’est pour le remercier d’avoir maintenu la stabilité des prix du pétrole mais aussi, et ce n’est pas un détail, d’assurer la protection de la forte communauté indienne qui vit dans le royaume. Le prince, lui, promet d’augmenter considérablement ses investissements en Inde. Thérèsa May, sans doute la tête ailleurs alors que la crise du Brexit atteint son paroxysme, lui fait des remontrances voilées mais lui serre la main.  

Emmanuel Macron, rapporte Le Figaro dans son numéro du 30 Novembre «s’est très brièvement entretenu» avec MBS, affichant un visage ferme face au prince qui arborait un sourire mi-gêné, mi moqueur.  Donald Trump a échangé quelques plaisanteries avec le jeune prince selon la Maison Blanche. Il y a eu aussi ce sympathique dîner avec le président chinois.
Alors, fin d’alerte pour le charismatique prince héritier ? Ce n’est pas sa mise en accusation par le procureur général argentin qui va l’empêcher de dormir. Encore moins les remontrances du secrétaire général des Nations Unies appelant à la fin de l’intervention saoudienne au Yémen. Une intervention longtemps appuyée par la France qui avait envoyé des forces spéciales aider ses alliés sunnites contre une révolte soutenue par l’Iran. Quant à l’’Europe, elle a d’autres problèmes ô combien plus urgents :  la crise des migrants, la sortie annoncée de l’Angleterre de l’Union européenne, la tension en Mer d’Azov sans parler de la France qui est empêtrée dans une jacquerie d’un nouveau genre. Bref, s’il sait se tenir tranquille encore quelques mois, MBS, qui a le soutien du président américain et de Vladimir Poutine, sera sans doute définitivement tiré d’affaires.  

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