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lundi 17 décembre 2018

La démocratie impossible par Marianne ARNAUD



LA DÉMOCRATIE IMPOSSIBLE

Par Marianne ARNAUD


Depuis ce lundi 10 décembre 2018, où après quatre manifestations majeures à Paris, le président Macron s'est adressé aux Gilets Jaunes et aux Français qui en majorité, les soutiennent, leur disant que leur «colère est juste», qu'elle signe quarante ans de «malaise», que «la détresse est au rond-point», ajoutant que ceux qu'il affublait naguère du titre de «lèpre nationaliste» ou de «séditieux», n'étaient plus que des «oubliés» pour lesquels il veut «trouver une voie pour en sortir», en proposant des mesures «d'urgence économique et sociale», on assiste à un tournant dans le quinquennat du président Macron.



Sans m'attarder sur les mesures annoncées, d'autant qu'apparemment elles n'ont pas paru suffisantes pour que les Gilets Jaunes arrêtent leurs manifestations du samedi à Paris, et encore aujourd'hui, où a lieu ce qu'on va appeler : l'Acte V, je préfère me poser la question de ce qui a bien pu pousser Emmanuel Macron à s'infliger ce cinglant démenti à lui-même, et a tout ce qui a fait sa politique depuis son élection ?
Voici que ce jeune président promis à un brillant avenir, qui allait réformer cette France des «Gaulois réfractaires», dans le sens voulu par ces oligarchies industrielles, médiatiques et financières qui avaient tant fait pour son élection, ne peut plus être assuré de terminer son mandat !

Et voilà que cette colère du peuple accumulée depuis plus de quarante ans contre les pouvoirs en place, qu'ils soient de droite ou de gauche, éclate contre la personne du président Macron - après seulement dix-huit mois de pouvoir - qui subit une détestation, jamais encore vue sous aucun des autres présidents de la Vème République ! N'oublions pas que ce sont des cris de haine qui l'ont accueilli au Puy-en-Velay, lors de sa visite à la préfecture incendiée.
Mais voilà que ces Français des petites villes et des campagnes, oubliés, laissés à leur sort, et rendus invisibles, depuis des années, dont on n'a tenu aucun compte des besoins, il leur aura suffi de revêtir un gilet jaune, pour qu'on ne voie plus qu'eux, qu'on ne parle plus que d'eux !
Or que disent-ils ? Ils disent que notre démocratie est malade, qu'il est impossible de la voir continuer à fonctionner ainsi ! Qu'ils n'ont plus confiance dans un système qui se dit démocratique mais où ils ne se sentent pas représentés. Et comment leur donner tort quand on sait qu'aux dernières élections législatives, 57% des électeurs inscrits sur les listes électorales se sont abstenus, et que 40% des électeurs qui voté Marine le Pen, Mélenchon ou Dupont-Aignan, ne sont représentés que par 4% des élus de cette Chambre des députés la plus mal élue de la Vème République !
Depuis le début de leur révolte, tout a été mis en œuvre pour discréditer leur mouvement, et mention peut être faite aux media, où je ne citerai que Slate parlant du «retour du Français moyen, très moyen», ajoutant élégamment : «cette fois c'est l'essence, la prochaine fois ce sera le papier-cul», jusqu'à cette injonction tout à fait incroyable, aux Gilets Jaunes, de Nicolas Beytout sur LCI, au lendemain de l'attaque terroriste de Strasbourg : «Est-ce que vous continuerez au risque de provoquer des attentats terroristes ?»
Eh bien oui, au moment où j'écris, les manifestations continuent, et peu importe aux Gilets Jaunes si on leur dit qu'il y a de moins en moins de manifestants et de plus en plus de forces de l'ordre ! Aujourd'hui, place de l'Opéra et partout en France, c'est le Referendum d'Initiative Citoyenne qu'ils réclament aux cris de : RIC ! RIC ! RIC !
C'est ce peuple qui chante la Marseillaise et brandit le drapeau bleu, blanc, rouge, qui croit encore à la République – celle qui a été conquise de haute lutte en 1789 – mais pour combien de temps encore, qui demande à retourner aux urnes, afin que soit affirmé le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, que lui reconnaît notre Constitution. Afin que notre démocratie redevienne possible.
Qui, et au nom de quoi, serait encore en mesure de le lui refuser ?

11 commentaires:

Gabriel Z-g a dit…

Excellent article bravo

Jean-Claude COHEN a dit…

Et les tricoteuses au pied de l'échafaud, la fine fleur de la France ?
De tels antagonismes semblent s'opposer aujourd'hui dans ce pays que bien malin est celui qui peut prédire ce qu'il résultera de cet épisode.
Alors, avant d'ouvrir la boîte de Pandore, tentons au moins d'en mesurer les risques...

bliahphilippe a dit…

On commence par le fric et on finit par le RIC ! Paradoxalement il existe aussi dans ce malaise une large France s'opposant au "FRIC", c'est à dire une France Réfractaire à l'Islam Consensuel.

V.Jabeau a dit…

Bravo M. Benillouche d’accueillir une blogueuse qui souhaite Mme Le Pen comme présidente. Vous êtes ouvert à des idées variées. Mais pas moi. Mme Le Pen et M. Melenchon sont hostiles à la République et à la démocratie. Ils sont hostiles aux Juifs et à Israël. Ils sont hostiles au progrès, au droit qui s’oppose à leurs desseins. Ils sont avides de pouvoir alors que ce sont des personnes aux idées étroites et mégalomanes. La démocratie dans le monde entier est perfectible, mais pas avec ces gens-là.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@ Jabeau

Je suis moi-même suffisamment censuré par des sites en Israël et en France, face à une accusation de « gauchisme » que j’estime que toutes les sensibilités doivent s’exprimer sur notre site. Nos lecteurs sont suffisamment intelligents pour apprécier tous seuls le contenu des textes.

Véronique ALLOUCHE a dit…

Très bon article.
Si le RIC était en vigueur, il est tout à fait probable que « le pacte de Marrakech » n’aurait pas été voté. Ce pacte qui est passé dans un anonymat total le même jour où Macron faisait sa contrition auprès des français...Le peuple d’en bas, « ceux qui ne sont rien », ose se lever vêtu du Gilet Jaune pour non seulement pouvoir finir leurs fins de mois décemment , mais aussi faire entendre leurs voix autrement et davantage qu’une fois tous les cinq ans.

denis sabrié a dit…

A mon tour d'apporter ce que je vis...

Je touche une allocation adulte handicapé et une aide au logement et rien d'autre, du temps ou je travaillais en chèque emploie services, l'état me retirait ce que j'avais gagné 3 mois après, résultat je me retrouvais en dessous du R.S.A. en plein hiver au moment ou le travail n'existe plus (dans le lot 46) et sans aucune aide possible,j'ai donc pris la décision d'arrêter de bosser pour des "prunes" il y a 3, 4 ans
Je ne recevrais pas de prime de "noël" de 1000 euros comme ceux qui ont été "placés" au crédit Agricole avec le 13 ième et 14 ième mois, les 35h, les R.T.T, etc...j'ai pris cet exemple mais c'est pareil pour les autres banques, ou opérateur tel, Total, etc, etc...Bref, le fossé se creuse à vue d'oëil, en plus j'ai arrêter de travailler à cause du mensonge généralisé sur des histoires de notaire "maçon" spoliateur de biens Juifs, d'enfants cachés, le déni depuis 1945 imposé dans ce pays et encore plus dans ce département du lot (Cahors ville de naissance de Louis Darquier de Pellepoix et de biens d'autres ordures..)alors, malgré toute cette merde, j'essaie de continuer de difficiles recherches sur les origines familiale sans aucune aide de l'état Français..!!!Alors oui, RAS LE BOL de ce pays de merde !
(Mr jabeau , nous sommes tous d'accord avec ce que vous avez écrit, sauf pour Mme Arnaud, je ne pense pas du tout qu'elle souhaite la venue de Mme. Lepen ou tout autres extrémistes)rassurez vous...

Marianne ARNAUD a dit…

Que dire ? Que la variété des réactions à ce billet est une preuve de plus, s'il en était besoin, que notre démocratie se porte mal !
Qu'on le veuille, ou non, la question du rapport de la légitimité, à la légalité, dans nos institutions, continuera à se poser, maintenant que les Gilets Jaunes l'ont mise, et avec quel succès, sur le tapis.

Notre Constitution prévoit deux manières de sortir de l'impasse politique où nous nous trouvons : la dissolution de l'Assemblée ou le référendum. Le Général De Gaulle avait dissous l'Assemblée en 1962, ce qui avait assis son pouvoir, et en 1968, ce qui avait signé le début de la fin de son pouvoir, qu'il avait quitté après le référendum perdu de 1969.
Le Président Macron, tôt ou tard, ne pourra pas y échapper, mais pour le moment, il ne semble pas l'avoir compris encore !

Je remercie tous ceux et celles qui ont pris la peine de me lire et de me gratifier de leurs commentaires. Je remercie surtout monsieur Benillouche, dont l'attitude neutre à mon égard a toujours été encourageante. Je lui demande de me pardonner de lui avoir attiré des ennuis avec certains de ses lecteurs, ce qui n'était nullement mon but.

A tous j'adresse mes salutations très cordiales.
M.A.

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Ce n'est malheureusement pas la seule démocratie française qui est malade, mais toute la gouvernance mondiale. On veut des élites capablesd'éclairer les choix, mais on ne veut pas qu'elles gouvernent si ça touche au profit de certains ou d'autres, on veut que le peuple ait son mot à dire, mais encore faut-il qu'il soit bien informé et qu'il s'identifie au bien commun, une denrée de plus en plus rare dans ces états téléréalitiques que sont devenus les groupements d'écrans s'offusquant de la moindre erreur de language mais abusant de l'anonymat du clavier à longueur de journée,ceux qui ont un intérêt légitime, lui aussi, mais opposé. Là ce sont les "technocrates" ou Bruxelles qu'on jette en pâture, ici les Francs-Maçons, là encore ce sont les Juifs ou les Musulmans, ou les gauchistes traîtres au sein même de la majorité d'extrême droite. Le Monde est de moins en moins gouvernable, avec ses réseaux de désinformation, mais l'a-t-il vraiment jamais été ? Une seule chose est certaine, sans la stabilité des institutions démocratiques, y compris la presse, les médias, les pouvoirs séparés, judiciaires, exécutifs et législatifs, on est sur une pente glissante vers le chaos dont l'issue est plus que douteuse.

Allouche Véronique a dit…

@emmanuel doubchack
Pourquoi ne pas prendre exemple sur la Suisse où le vote populaire est monnaie courante et a l’avantage de responsabiliser les citoyens en les impliquant dans les problèmes internes. A condition que les extrêmes ne débordent pas de leurs prérogatives, ce serait une piste pour créer une démocratie plus adéquate.

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Je crains que le modèle suisse soit bien trop lourd et à mon goût trop "totalitaire" pour être adapté à un autre peuple.

Mon nom s'orthographie sans le c devant le k... merci.