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samedi 29 décembre 2018

Israël : Des élections pour quoi faire ?



ISRAËL : DES ÉLECTIONS POUR QUOI FAIRE ?

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps


En décidant de recourir à des élections anticipées, normalement prévues en novembre 2019, Benjamin Netanyahou prend le risque de modifier le contour de sa prochaine coalition. Pour l’instant, les sondages le donnent au firmament et il semble à l'abri de toute défaite. Il a face à lui des leaders ternes, peu charismatiques qui n’arrivent pas à percer. Mais le danger peut venir de son propre parti, le Likoud, où les prétendants affûtent leurs arguments, en particulier Gideon Sar dont l’épouse journaliste a décidé de démissionner pour se consacrer entièrement au combat politique de son époux.


Sur la porte: je reviens le 9 Avril!

Par ailleurs, des anciens chefs d’État-major sont en embuscade : Benny Gantz, Gabi Ashkenazi et Moshé Yaalon. Ils se préparent depuis un an déjà et n’ont pas l’intention de rouler pour des leaders existants. Pour l’instant, ils ont refusé toutes les places de seconds de Kahlon, de Lapid et de Gabbay. Une seule constante pour eux, il n’est pas question de porter les couleurs du Likoud. Mais ils n’ont pas encore créé de structures politiques et ils risquent d’être pris par le temps ; quatre mois c’est trop court pour s’installer dans le paysage politique à partir de zéro. Netanyahou a dû compter sur cet aspect électoral pour couper l’herbe sous le pied de ses prétendants.
leaders orthodoxes

Les raisons de cette brusque décision de dissolution sont claires : la coalition n’est pas en mesure d’adopter le projet de loi sur la conscription régissant l'enrôlement dans l’armée des étudiants ultra-orthodoxes des écoles talmudiques, sachant que le gouvernement ne dispose que d’une voix de majorité sur 120. Mais, sauf à demander au peuple une nouvelle légitimité face aux trois affaires de corruption pour lesquelles Netanyahou risque d’être impliqué, on ne voit pas comment la situation peut changer. En effet, le premier ministre veut reconduire la majorité à l’identique : «La coalition actuelle constitue le cœur de la prochaine. Nous allons demander un mandat clair aux électeurs pour continuer à diriger le pays avec notre politique». Ainsi la nouvelle coalition comprendra à nouveau les orthodoxes qui s’opposeront à nouveau aux lois sur la conscription.
Les sondages n’ont jamais été fiables en Israël mais l’image instantanée de l’opinion israélienne prévoit une nouvelle victoire éclatante de Benjamin Netanyahou avec 30 députés suivi par l’hypothétique parti de Benny Gantz crédité de 13 sièges. Cependant, pour l’instant les partis ne sont pas organisés ou réorganisés, les alliances sont encore en discussion tandis que l’opposition au sein du Likoud ose affronter son chef. 


Il est trop tôt pour définir l’état des listes et leur contenu. La campagne électorale risque d’être violente, les noms d’oiseaux vont fuser et les prétentions s’affirmer. Avi Gabbay, leader des travaillistes, exprime sa prétention d’être le seul véritable opposant mais c’est de bonne guerre : « L’État d’Israël est sur le point de changer. Les faits sont clairs ; ces élections ont lieu entre Netanyahou et moi. Tous les autres acteurs politiques ont annoncé leur intention de siéger dans un gouvernement dirigé par Netanyahou. Je conduirai l'État d'Israël vers un avenir meilleur, un avenir de changement, un avenir d'unité, un avenir d'espoir et de conviction que nous pouvons changer. En avril, nous gagnerons et apporterons le changement en Israël».
En écho, le chef du parti centriste Yesh Atid, Yaïr Lapid, use de la méthode Coué : «Seuls moi et Yesh Atid pouvons gagner les élections». Le rêve est un élément politique important de la vie d'un leader de parti.
En fait il faut souhaiter que la campagne électorale aborde les problèmes réels du pays. Sur le plan sécuritaire, il s’agit de définir la stratégie face au Hamas, au Hezbollah et à l’Iran et bien sûr face à la Syrie. La question palestinienne et la création ou non d’un État aux côtés d’Israël ne peuvent être reportées indéfiniment. L’avenir des implantations doit trouver une solution définitive : cession ou annexion. Les mesures économiques doivent être prises avec urgence pour réduire le coût de la vie, pour baisser les prix immobiliers et pour trouver des solutions efficaces pour loger les jeunes couples démunis. 

Si certes le taux de chômage est très bas, il n’explique pas que les salaires ne permettent pas de réduire la pauvreté parmi les deux millions de défavorisés. La richesse qui se développe en Israël est mal répartie. Les privatisations ont créé une caste de riches égoïstes. La sécurité de l’emploi est écornée, l’alyah est réduite à sa plus simple expression.  Malgré cela, les Israéliens ne rêvent plus du régime semi-soviétique du Mapaï des années 1960/70.
Mais la fracture au sein de la population est telle que le chaos politique rode dans le pays avec une confrontation qui se transforme peu à peu en haine entre Juifs et Arabes, entre laïcs et religieux, entre gauche et droite. La Haute Cour de justice doit retrouver son aura car sa remise en cause systématique serait une atteinte au droit, à la justice et à la démocratie.
Compte tenu du système électoral qui morcelle l'équilibre politique, il n'est pas certain que ces élections règlent le contentieux entre les partis. Il s'agit d'une péripétie de plus qui bloquera la vie politique israélienne durant quatre mois, quatre mois stériles.

3 commentaires:

Micha a dit…

Lieberman comme Lapid avaient initialement annoncé que, bien que dansl’opposition, ils voteraient la loi sur la conscription pour compenser la défection des partis religieux orthodoxes qui s.y opposaient, bien que dans la majorité.

C.etait clair et constructif, cela.validaitun projet de loi qu.ils avaient vaillamment soutenu.


Pourquoi Lieberman et Lapid ont ils change d.avis, annonçant qu.ils reniaient leurs convictions et ne voteraient pas la loi ?


Pourquoi ne le mentionnez vous pas alors qu.il semble que ce soit eux qui aient provoqué les élections ,

Ou pour le moins, donner un prétexte en or ?


Que pensez vous de leurs motivations et de leurs (arriere-)pensées ?


Calculs/convictions ? Qui prime ?


Dans l’attente de Vous lire,

Cordial shalom.

Michel AYACHE

Yaël Marie-Hélène ARMANET a dit…

sraël dans toute sa laideur va jouer aux dés?? Comme j'ai guetté votre chronique, cher Jacques Benillouche!
Hier, c'était le beau cadeau de Noël, avec le gouvernement de la honte qui tombe enfin. Aujourd'hui, on affûte déjà les couteaux, à droite comme à gauche, surtout que le roi Bibi a promis de casser la barraque et de continuer comme avant de régner.

patrick silberberg a dit…

premier article sur le sujet je suppose!
Une question demeure sur la possibilité de Rivlin de choisir une personne différente sur la liste gagnante pour proposer un gouvernement.
Si oui alors sur la liste du likoud arrive Barkat ancien maire de Jerusalem.
Le chemin du premier ministre n est il pas de passer par Jerusalem .