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mercredi 7 novembre 2018

L'Europe et l'Histoire par Dov ZERAH



L’EUROPE ET L’HISTOIRE

Le point économique de Dov ZERAH



Les élections européennes auront lieu dans six mois, et pourtant, il n’y a toujours pas de débat sur les enjeux de ce rendez-vous. Les nuages s’accumulent sur le vieux continent, et les commentateurs et responsables ne semblent pas s’en préoccuper. De plus en plus de citoyens paraissent indifférents, voire hostiles à l’Europe, et Bruxelles ainsi que les capitales européennes donnent le sentiment de s’en accommoder. L’Europe réagit plus qu’elle n’agit ; elle ne semble pas avoir de cap. Elle semble accepter son déclassement.




Dans le même temps, l’Europe est en train de se désunir, de se déchirer sur plusieurs sujets :
Le BREXIT. Depuis le vote des Britanniques, le 23 juin 2016, il y a maintenant plus de dix-huit mois, tout le monde accepte la situation, et les discussions portent sur les modalités du divorce. Alors que le nouveau millénaire marque le basculement du centre de gravité vers l’Asie, l’Europe accepte ce départ.
L’Europe doit refuser cette fatalité. Que les dirigeants se réunissent en conclave et trouvent les éléments d’un nouveau traité susceptible d’emporter à nouveau l’adhésion des Britanniques, et plus généralement des Européens.
    - L’Europe de la défense sera plus difficile à construire si le Royaume-Uni est en dehors de l’Europe, car avec la France, il y consacre des moyens conséquents et a des industries significatives dans le secteur.
Après la Pologne, la Belgique vient de décider d’acheter américain pour le renouvellement de ses avions ; de telles décisions ne sont pas de nature à favoriser la solidarité européenne.
Or, l’Europe doit se préoccuper de sa défense pour au moins deux raisons :
·       Les récriminations répétées des Américains, et surtout de Donald Trump sur la faiblesse de la contribution financière des Européens à la défense du continent, les mettent devant le risque qu’un jour l’Oncle Sam arrête de porter le fardeau
·       L’Europe ne peut apparaître comme un « maillon faible » alors que dans son voisinage existent des puissances aux ambitions impérialistes, que ce soit la Russie, la Turquie ou même l’Iran.
-        La posture italienne est inquiétante pour
·       Des raisons économiques. Avec une dette publique représentant plus de 130 % du PIB, et un déficit public à 2,4% du PIB contre un engagement du précédent gouvernement de 0,8, le nouveau gouvernement des extrêmes a forcé la Commission à refuser son budget, ce qui constitue une décision d’une exceptionnelle gravité
·       La distanciation des autorités européennes vis-à-vis de l’Europe est préoccupante car elle a ouvert un cercle vicieux qui peut plus ou moins rapidement conduire à une situation irréversible. Que les Italiens en sont même arrivés à aller solliciter le soutien de Moscou, ce qui constitue un dangereux signal.
La crise des migrants démontre depuis cinq ans l’incapacité de l’Europe à apporter des solutions concrètes aux préoccupations de ses citoyens. A l’initiative personnelle de Mme. Angela Merkel, l’Europe paye la Turquie pour qu’elle fasse le travail de contrôle de certains flux migratoires à sa place ; c’est un signe supplémentaire de son impuissance.
Les Européens devraient se souvenir de leur histoire, ne jamais l’oublier.
Avec le traité de Verdun de 843 qui signe l’éclatement de l’Empire de Charlemagne, du Saint empire romain germanique, les Européens ne vont plus connaître l’unité politique continentale comme avec la Grèce, Rome ou Charlemagne. En revanche ce fut une succession de guerres plus ou moins longues, et de tentatives de la maison de France, des Habsbourg ou de la Prusse de prendre l’ascendant, avec l’Angleterre en puissance extra continentale s’arrangeant à maintenir l’équilibre entre ces trois pôles.
Malgré ces conflits récurrents, le cœur du Monde était en Europe. Jusqu’en 1914, les puissances européennes dominaient le monde. Les inventions étaient faites sur le continent, les écrivains, les artistes étaient Européens…Rien ne semblait exister en dehors de Paris, Londres, Berlin ou Vienne.
Et la folie meurtrière s’est emparée de l’Europe. En 20 ans, l’Europe a tout perdu avec les deux guerres mondiales qui peuvent a posteriori s’apparenter à des guerres civiles européennes.
L’Europe s’est progressivement relevé de ses destructions, et a connu une exceptionnelle période de croissance économique et de progrès social. Elle s’est organisée de manière collective en mettant en place un marché commun, puis un marché unique, en adoptant une monnaie unique, en augmentant le nombre de ses membres de six à vingt-huit…
Mais la mondialisation et l’émergence de l’Asie, et plus particulièrement de la Chine a remis en cause de nombreuses positions qui semblaient acquises pour l’Europe. Même si les pays européens se sont plus ou moins adoptés aux nouvelles contraintes de l’économie mondiale, l’Europe n’a pas réussi à trouver un nouveau souffle qui mette son taux structurel de croissance à un niveau qui permette d’éradiquer le chômage de masse qui a déstructuré ses sociétés. Cela explique le désenchantement à son égard.
Aujourd’hui, l’Europe doit se réinventer pour à nouveau faire rêver
Les Européens doivent choisir s’ils veulent encore essayer d’écrire l’histoire, leur histoire, ou se comporter comme «les bourgeois de Calais» dont la volonté de préserver leur commerce faisait qu’ils acceptaient tous les envahisseurs.
Dirigeants européens, levez-vous, réunissez-vous et trouvez les moyens de défendre l’Europe, de la faire prospérer tout en sauvegardant son modèle social. Enchantez-nous ! A défaut, vous laisserez la place à tous les populismes, à tous les extrêmes, à tous les vieux démons européens qui ont conduit le vieux continent à son déclassement.

1 commentaire:

Daniel a dit…

Le ressort cassé de l'Europe, c'est son déclin démographique, avec une natalité bien en dessous du taux de remplacement. Les portes ont été ouvertes et les Barbares sont déjà dans la place et en force, et comme les populations autochtones sont trop âgées pour avoir la force de leur résister, nous pouvons d'ores et déjà dire un Qadish sur cette civilisation, que même l'apparence d'un Belisarius du XXIème siècle ne pourra pas sauver.