Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

mardi 16 octobre 2018

Elections à la brésilienne par Dov ZERAH



ÉLECTIONS À LA BRESILIENNE

Le point économique de Dov ZERAH




Le 22 mars 2016, j’appelais votre attention sur la triste fin de Lula da Silva, de son vrai nom Luiz Inacio Lula da Silva, né le 27 octobre 1945. Il vient d’être condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent. Sa successeur, Dilma Roussef a tout fait pour le protéger, mais en essayant d’échapper à la justice, elle a précipité la crise qui a conduit à sa destitution en août 2016.


l’usine Man de Resende


Détournement de fonds publics, corruption, blanchiment, falsification d’identité…. Quelle fin pour une icône comme Lula, pour le porte-parole de l’alter mondialisme, l’initiateur de la bourse familiale ou «bolsa familia», ce revenu de base accordé aux familles disposant de ressources inférieures à un certain montant. L’allocation est accordée sous certaines conditions : faire vacciner les enfants, s’assurer qu’ils aillent à l’école…
Classé 69ème dans le classement de Transparency International, le Brésil est confronté au scandale de Petrobras mis en évidence dans le cadre d’une vaste opération intitulée «lava Jato», à savoir «lavage auto» ou «lavage rapide». L’omniprésence de la corruption a été révélée avec tous les investissements de Petrobras qui auraient fait l’objet de surfacturations et donné lieu à des commissions aux partis politiques. Une caisse noire aurait été constituée avec la complicité active des «quatre sœurs», les quatre grands de la construction civile brésilienne.


Henrique Meirelles

Cette tourmente politico-économique aurait pu entraîner une profonde crise économique et sociale. Cela a pu être évité grâce à la politique économique conduite par le gouvernement intérimaire, et surtout par le tandem entre le ministre de l’économie, Henrique Meirelles, qui a été Président de la Banque centrale du Brésil de 2003 à 2011, et l’actuel président de la Banque, Ilan Goldfajn. Entre la fin 2016 et le mi 2017, ils ont fait adopter par le Congrès des mesures courageuses :
- Contrôle des dépenses publiques
- Réforme des régimes de retraite
- Réforme du code du travail
- Libéralisation des conditions d’exploitation du pétrole et du gaz
- Renégociations des dettes des Etats fédéraux
- Réduction des financements bonifiés accordés par la Banque nationale de développement économique et sociale (BNDES)…
Accompagnée par la remontée des cours des matières premières et du pétrole, cette politique économique a permis, malgré la crise politique, une reprise de l’activité économique qui permet d’oublier la récession de 2016. Une croissance de 1,5% est attendue en 2018 contre 0,7 en 2017. Passée de 8,7% en 2016 à 3,7 en 2017, l’inflation est maîtrisée avec une prévision de 4% en 2018.


Jair Bolsonaro

Cette tourmente politique a entraîné l’ascension de Jair Bolsonaro, candidat du parti social-libéral, mais également un des représentants du puissant lobby des BBB, «Balle, Bible, Bœuf», qui regroupe les parlementaires liés aux intérêts de la police militaire, des églises évangélistes et de l’agrobusiness.
Il est arrivé en tête le 7 octobre dernier au premier tour de l’élection présidentielle, et la réelle perspective de l’emporter le 28 octobre prochain a suscité un climat de violences. Il s’est fait remarquer par des prises de position en faveur de la peine de mort, pour des violences corporelles contre les enfants qui présentent des tendances homosexuelles, contre l'union civile entre deux personnes de même sexe… Il a tenu des propos racistes sur les peuples indigènes, présumés «malodorants» et «non éduqués».
Son programme économique est tout aussi radical avec des privatisations d’entreprises publiques, une dérégulation du secteur financier.
En matière environnemental, il est pour :
-   La suppression du ministère de l’environnement
-   Le retrait de l’accord de Paris sur le climat
- La construction d’une autoroute traversant la forêt amazonienne
- L’accès de groupes miniers à certains territoires jusque-là préservés
- L’expulsion des ONG écologistes… Et la liste n’est pas exhaustive !
Des perspectives bien inquiétantes au pays qui héberge le «poumon du Monde». Cela promet pour celui que l’on qualifie déjà de «Trump tropical».

1 commentaire:

patrick silberberg a dit…

on encourageait les investisseurs etrangers a mettre leur argent dans les BRICS le B etant pour le bresil ....une bien mauvaise idee.......