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samedi 13 octobre 2018

Nikki Haley, une perte pour Israël



NIKKI HALEY, UNE PERTE POUR ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps


L’annonce de la démission, le 9 octobre 2018, de Nikki Haley a surpris tout le monde et le président Trump en particulier. On échafaude des hypothèses sur les raisons de ce départ précipité mais personne n’est en mesure d’apporter une explication plausible à cette décision. L’hypothèse qu’elle présente sa candidature à la présidentielle de 2020 ne tient pas car elle l’a démentie. Ses relations avec Trump étaient sans nuage. Il n’est pas certain que son remplaçant ait le même charisme et la même liberté d’action de celle qui avait acquis en fait un rang de ministre. Tout est subitement chamboulé dans la diplomatie américaine car elle ne sera plus là pour les projets politiques, préparés bien à l’avance.




C’est un coup rude pour Israël qui avait à l’ONU un soutien indéfectible. D’ailleurs Benjamin Netanyahou n’a pas manqué de faire un éloge remarqué : «Merci à l’ambassadrice Haley pour avoir défendu la vérité et dénoncé l'hypocrisie à l'ONU. Tout comme le peuple israélien est reconnaissant du soutien sans faille que Donald Trump a fourni à Israël dans le bureau ovale, nous sommes reconnaissants du soutien sans faille que vous avez fourni à l'ONU».
En écho, le président de l’État Réouven Rivlin l’a aussi encensée : «Je voudrais remercier Nikki Haley, un véritable ambassadeur, du plus profond de notre cœur au nom de tous les citoyens d’Israël. L'Ambassadeur Haley était un défenseur sans compromis de la politique américaine à l'égard du Moyen-Orient et d'Israël. Je remercie l'ambassadrice Haley pour son courage et son mandat qui restera dans les relations entre les Etats-Unis et les organisations internationales».

Ce fut bien sûr le silence total dans le camp palestinien et paradoxalement chez les Jordaniens. Les Iraniens lui ont souhaité en revanche «un bon débarras». Alireza Miryousefi, porte-parole de la mission iranienne auprès de l’ONU a usé d’un langage peu diplomatique : «Le nouveau shérif de la ville n’est plus. Nous ne savons pas qui elle n’était ni de quoi elle parlait, mais elle était un grave problème à l'ONU avec ses déclarations non informées et elle provoquait l'isolement des États-Unis. Vous devez savoir : il n'y a pas de nouveau shérif en ville».
Trump a déjà annoncé qu’il prendrait le temps pour la remplacer car il n’est pas aisé de trouver un ou une diplomate de cette envergure. Elle avait pris, le 24 janvier 2017, ses fonctions d’ambassadrice, représentante permanente auprès des Nations unies, et en quelques mois, elle s’était imposée comme une étoile montante de la diplomatie américaine. Lors d'une réunion à l'ONU, elle n’avait pas hésité à brandir des photos d'enfants syriens morts, à la suite d'une attaque chimique qui aurait été menée par le régime de Bachar el-Assad. Elle avait alors violemment fustigé les Russes : «Combien d'enfants devront encore mourir avant que la Russie ne s'en soucie ?».
En décembre 2017, elle avait adressé une vive mise en garde aux membres de l'ONU avant l’adoption d’une résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël : «nous ne nous attendons pas à ce que ceux que nous avons aidés nous ciblent. Jeudi, il y aura un vote critiquant notre choix. Les États-Unis noteront les noms». Elle n’était pas du genre à se laisser impressionner par les manœuvres de la diplomatie arabe. 
Elle a donné un début d’explication à son départ. En fait elle semblait lasse du travail harassant qu’elle a accompli comme gouverneure de Caroline du Sud de 2011 à 2017 et comme ambassadrice dans sa lutte politique contre l’Iran et la Corée du Nord : «Je ne sais pas où je vais aller. Je pense que l'essentiel fut ces huit années d'une période intense. Je crois fermement en la limitation du nombre de mandats. Je pense que vous devez être suffisamment désintéressé pour savoir quand vous retirer et permettre à quelqu'un d'autre de faire le travail».


En faisant l’éloge d’Ivanka Trump et de Jared Kushner, elle a donné l’impression d’avoir désigné l’une des personnes potentielles qui lui succédera : «Je ne peux pas dire assez de bonnes choses à propos de Jared et Ivanka. Jared est un génie tellement caché que personne ne comprend. Je veux dire, refaire l'accord NAFTA comme il l'a fait. Ce que j’ai fait avec lui sur le plan de paix pour le Moyen-Orient, c’est incroyablement bien réussi. Et Ivanka a été juste une bonne amie. Et ils font beaucoup de choses dans les coulisses que je souhaite que plus de gens sachent».
Les spéculations vont bon train en Israël où l’on espère la nomination d’un faucon pro-israélien. Les candidats ne manquent pas : Rudy Giuliani, l'avocat personnel de Trump et ancien maire de New York, Richard Grenell, ambassadeur en Allemagne et ancien porte-parole de Bolton aux Nations Unies. Mais on se demande qui pourrait avoir la même liberté d’action que Nikki Haley. 
Il faut dire qu’elle avait bénéficié de circonstances inédites. Trump avait fait le vide autour d’elle en éliminant l'ancien secrétaire d'État Rex Tillerson et les deux conseillers ternes à la sécurité nationale, Michael Flynn et H.R McMaster.
McMaster

L’enjeu au Moyen-Orient est important ainsi que les questions de la Chine et de la Corée du Nord. Jamais le rôle de l'ambassadeur américain auprès de l'ONU n’aura été aussi important. Nikki Haley était devenue très influente auprès de Donald Trump, occupant un espace politique unique et une stature publique de haut niveau qu'un ambassadeur de l'ONU n'a que rarement au sein d'une administration. Tout le monde s’attend à un vide politique chaotique à Washington. Face au secrétaire d'État Mike Pompeo et au conseiller en sécurité nationale John Bolton, il est probable que le poste à l'ONU deviendra un poste de second ordre.
Haley s'était installée dans un contexte de chaos quasi constant au cours de la première année de mandat de Trump car les meilleurs conseillers de la Maison Blanche étaient tombés par suite des caprices du président. Le Conseil de sécurité nationale s'est trouvé en panne lorsque le premier conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, a été limogé puis inculpé pour avoir menti au FBI. Le Département d’État était inexistant sous Rex Tillerson, dont le mandat était caractérisé par un moral bas et des dizaines de postes de direction non occupés.

Il lui était donc facile de se distinguer dans la tempête diplomatique. Pendant la première année de ses fonctions, ni le département d'État ni le CNS ne se sont opposés à certaines politiques de Haley. Elle disposait de beaucoup de marge de manœuvre. L’administration Trump a également beaucoup misé sur Haley et les Nations Unies pour imposer une série de sanctions pénalisantes à l’encontre de la Corée du Nord alors que Washington et Pyongyang se trouvaient au bord de l’impasse nucléaire en 2017. Haley a en effet imposé à la Corée du Nord trois séries de sanctions qui ont reçu le soutien de la Russie et de la Chine.
Nikki Haley a été le seul membre de l’équipe Trump à être sorti de l'administration plus fort que jamais. Elle ne restera pas inactive. Il reste en réserve des Etats-Unis pour le cas où le pays aura besoin d’une candidate de talent.


3 commentaires:

patrick silberberg a dit…

Bon résumé de son excellent travail en pleines tempêtes.
J espère que le focus par son successeur ,sur le Moyen-Orient ne sera pas mis de côté au profit de l Asie.

Gilbert BRAMI a dit…

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, fervente amie d’Israël, a démissionné: retour sur la carrière trop brève de la comète Nikki Haley

Le départ de cette grande DAME, et sincère amie de l'ETAT NATION JUIF-ISRAËL, nous laisse SEUL face aux élucubrations et aux déclarations haineuses de certains membres de l'ONU. Cette organisation internationale, que le Général de Gaulle traitait de MACHIN, est actuellement investie et aussi entre les mains d'états non-démocratiques, dont le chantage et les pétrodollars font actuellement la loi.

Tout ce bas monde est aidé par la Russie, comme il l'a été par l'Union soviétique qui a remplacé l'identité des Cisjordaniens par une désignation fantoche appelée palestiniens.

David a dit…

On regrettera bien évidemment le départ de cette grande Dame d'origine Sikh, amie sincère d'Israël.
Merci infiniment Nikki pour votre immense travail à l'ONU, vous méritez amplement le nom d'une place à Tel Aviv ou Jerusalem !