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jeudi 18 octobre 2018

Meurtre dans la Cathédrale par Michèle MAZEL



MEURTRE DANS LA CATHÉDRALE : LE REMAKE SAOUDIEN

La chronique de Michèle MAZEL




     La «disparition» de Jamal Kashoggi, éminent journaliste selon les uns, personnage plus trouble selon les autres, interpelle chefs d’État et media occidentaux lesquels réagissent chacun à sa manière. Emmenés par la presse turque, qui prétend disposer d’informations exclusives quoique parfois contradictoires, les quotidiens européens s’étendent longuement sur les détails les plus macabres et analysant les hypothèses les plus folles.



Jamal Kashoggi entre au consulat en Turquie

        D’ailleurs pour une fois il semble bien que la réalité dépasse la fiction. Un commando d’assassins envoyés d’Arabie saoudite ? Une scie ? De sinistres paquets évacués dans des véhicules diplomatiques ? Les dirigeants européens et américains, eux, sont bien ennuyés. Les uns après les autres cherchent à s’informer, interrogent des diplomates saoudiens qui bien entendus ne sont au courant de rien.
    Sa Majesté Salman Bin Abdul Aziz Ibn Saoud, vingt-cinquième et dernier fils du fondateur de la dynastie, a dû monter au créneau, d’abord pour pacifier le président turc, sur le territoire duquel le meurtre aurait été commis, même si le consulat d’Arabie saoudite bénéficie du statut d’exterritorialité. Gageons qu’Erdogan, dont les relations avec les Saoudiens ne sont pas toujours au beau fixe - on sait qu’il soutient la Confrérie des Frères Musulmans, ennemie acharnée de la monarchie saoudienne - a dû se délecter de cette conversation.
MBS

      Autre conversation du monarque, avec le président américain qui lui ne demande qu’à être convaincu. L’Arabie saoudite est plus qu’un allié stratégique face à l’Iran, c’est aussi un gros client pour l’armement américain et un acteur de poids sur le marché du pétrole. Il faut dire qu’au centre de cette affaire se trouve le prince héritier Mohammed Ben Salman, qui, dit-on ne supportait pas les critiques du journaliste.
Seulement «MBS» souvent considéré comme visionnaire se fait fort de conduire son pays vers la modernité. On encense ses vues libérales : ne vient-il pas de permettre aux femmes de conduire ? De rouvrir les cinémas ? Alors cette histoire est bien ennuyeuse. Elle risque de ternir son image…Des coupe-feux sont en cours d’élaboration. Que voulez-vous, ce prince pourtant tout puissant n’aurait pas été au courant. «On» lui aurait caché cette entreprise.
   D’ailleurs il n’était pas question de tuer Kashoggi, mais simplement de «l’interroger».  La scie… et bien elle était là sans doute pour faire peur. Au fond, le journaliste a peut-être fait une crise cardiaque…. Ce qui amène deux réflexions. L’une qu’aujourd’hui encore les assassinats sont monnaie courante au Moyen Orient. Depuis le roi Abdallah premier de Jordanie, assassiné sur les marches de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem par un Palestinien et jusqu’au premier ministre libanais Rafik Hariri tué dans une explosion commanditée de Damas et en passant par les opposants iraniens et turcs mystérieusement abattus à l’étranger.
Thomas Becket

         L’autre est que l’histoire est un éternel recommencement. Un certain Thomas Becket, qui avait provoqué la colère du roi Henri II d’Angleterre, a été assassiné à l’intérieur de la cathédrale de Canterbury dont il était l’archevêque. Les assassins, quatre fidèles et loyaux sujets du roi, avaient « mal interprété » l’exclamation de leur suzerain : «N’y aura-t-il personne pour me débarrasser de ce prêtre turbulent ?»  Si le roi fut contraint à faire publiquement pénitence pour le meurtre, les quatre assassins, pourtant connus, ne furent jamais interpellés ou jugés et finirent leurs jours paisiblement…
Exécution du duc d’Enghien

Plus près de nous, lorsque l’empereur Napoléon fit exécuter le duc d’Enghien, il s’attira cette réplique de l’un de ses plus fidèles conseillers : «C’est plus qu’un crime, Sire, c’est une faute».


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