Après l’affichage du premier article, le chargement des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

jeudi 13 septembre 2018

Trump veut faire plier les Palestiniens



TRUMP VEUT FAIRE PLIER LES PALESTINIENS
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          Donald Trump a décidé d’imposer son «deal du siècle» aux Palestiniens avec le soutien affiché des pays arabes amis. Une copie de ce plan a été transmis confidentiellement par les Saoudiens au président Mahmoud Abbas qui aurait refusé ostensiblement d’en prendre connaissance. Il a même précisé qu’il n’avait pas l’intention de jouer un rôle dans le processus du deal. Malgré les nombreuses rencontres avec les envoyés spéciaux du président américain, Mahmoud Abbas estime que les Américains n’ont plus vocation à être médiateurs dès lors qu’ils ont transféré leur ambassade à Jérusalem.



Majid Faraj en bleu

            Le roi Salman avait exigé du président de l’Autorité qu’il envoie à Ryad son chef des renseignements, Majid Faraj pour lui remettre en mains propres la proposition américaine. Ce dernier a avancé une contre-proposition transmise au Département d’État qui a refusé d’en discuter statuant que «le plan n’est pas pour la négociation, mais pour la mise en œuvre». Une fin de non-recevoir.
            Cela n’a pas empêché les Palestiniens de décortiquer les 35 pages du plan et de préciser que les États-Unis «ne trouveront aucun Palestinien pour accepter un tel accord. Le plan appelle à la création d’un État palestinien avec des frontières provisoires sur la moitié de la Cisjordanie et sur la bande de Gaza, mais sans Jérusalem, et appelle à des solutions humanitaires à la question des réfugiés. Le plan prévoit la construction d’une nouvelle Jérusalem pour les Palestiniens à partir des villages et des communautés environnantes». Les Palestiniens ne sont pas prêts à discuter d’un plan qui délaisse, selon eux, les questions relatives à la sécurité et aux frontières palestiniennes entre les mains d’Israël et reporte ce qui concerne les implantations juives en Cisjordanie et les frontières définitives à de futures négociations.


Ils refusent de «développer leur propre Jérusalem» à partir des villages et des quartiers autour de la capitale juive même si on leur octroie un couloir reliant le nouvel État palestinien à la vieille ville de Jérusalem où ils pourront se rendre pour prier. Le négociateur palestinien Saëb Erakat refuse un plan qui limite l’État palestinien à la bande de Gaza et à quelques parties de la Cisjordanie, sans inclure Jérusalem. Pour lui il n’y aura aucune négociation sans discussions sur Jérusalem.
L’Arabie saoudite, qui a mesuré les réticences palestiniennes, tente de les amadouer en faisant passer son aide financière mensuelle de 7,5 à 20 millions de dollars mais les Palestiniens qualifient cette aide de pot de vin. Pour eux aucun accord ne pourra être trouvé s’il ne prévoit pas la création d’un État palestinien basé sur les frontières de 1967, y compris Jérusalem-Est. En fait, avec les Palestiniens la situation boucle sans fin. À cela, l’envoyé américain pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt, a précisé que le plan de paix américain ne nécessite pas le consentement des Palestiniens : «Les Palestiniens ne sont plus la partie décisive. Nous avons un plan pour la région et les Palestiniens peuvent se joindre à s’ils le veulent, mais ils sont également libres de ne pas le faire».
Jason Greenblatt

Mahmoud Abbas est convaincu que les principaux pays arabes sont prêts à signer un accord de paix régional sous l’égide des États-Unis, malgré les objections palestiniennes. Pour les responsables palestiniens : «Les Américains envisagent d’avoir un accord de paix régional, et ils se fichent de savoir si les Palestiniens en feront partie ou non». Mais dans cette affaire, le silence des dirigeants européens est étonnant. Face à un processus de paix qui prend forme, ils continuent de psalmodier la «solution à deux États» dans l’indifférence totale du monde occidental.
Le président Trump semble excédé par les exigences palestiniennes ; alors il veut faire plier Mahmoud Abbas en usant de l’arme économique. Il a décidé d'annuler plus de 200 millions de dollars d'aide destinée à la Cisjordanie et à Gaza. Il a annoncé qu’il allait la rediriger vers «des programmes hautement prioritaires ailleurs». Comme cette décision ne semble pas avoir incité les Palestiniens à composer, il a annoncé qu’il ne financerait plus l'UNRWA (l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), 60 millions de dollars, et qu’il supprimait l’aide de 25 millions de dollars aux hôpitaux palestiniens. Il s’est justifié en précisant qu’il «a ordonné un passage en revue de l'aide américaine à l'Autorité palestinienne et en Cisjordanie et à Gaza».
L’économie et la population palestiniennes sont asphyxiées économiquement. C’est l’objectif de Donald Trump qui ne comprend pas l’intransigeance palestinienne. Bien que le produit intérieur brut (PIB) ait augmenté de 4,1 % en 2016, la capacité de production de l’économie palestinienne a continué de s’éroder et le chômage est resté d’une ampleur rarement atteinte. Les coûts de production ont augmenté alors que l’investissement est réduit tandis que les conditions de vie dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, se détériorent rapidement. 

Le budget palestinien 2018, d'un montant de cinq milliards de dollars, est déjà en déficit de 1,2 milliard de dollars alors que l'aide internationale s'élève seulement à 775 millions de dollars. En revanche, la Maison Blanche n'a pas touché aux subsides versés aux forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, qui s'élèvent à 61 millions de dollars, car elle considère que la coopération avec ces services palestiniens est vitale pour faire échec à des projets d'attentats.
Enfin les Américains ont évalué à 750.000 les Palestiniens qui ont fui Israël en 1948 mais ils refusent de compter leurs descendants qui poussent le nombre de réfugiés à 5 millions. La Maison Blanche envisage de ne plus en comptabiliser que 500.000. 

Le conseiller du président américain Jared Kushner, également son gendre, a remis en cause «la capacité» de Mahmoud Abbas à «s'engager afin de conclure un accord» de paix avec Israël et à faire des concessions : «Le président Mahmoud Abbas dit qu'il est attaché à la paix et je n'ai aucune raison de ne pas le croire. Cependant, je me demande dans quelle mesure le président Abbas a la capacité ou la volonté de s'engager afin de conclure un accord. Il discute des mêmes points depuis 25 ans. Aucun accord de paix n'a été conclu pendant cette période». Jared Kushner a affirmé que le deal du siècle, était prêt et qu'il pourrait être présenté sans le consentement des Palestiniens. «Si le président Abbas est prêt à revenir à la table des négociations, nous sommes prêts à discuter, sinon nous publierons probablement le plan».

Enfin, dernière mesure prise par l'administration Trump : la fermeture du bureau de l'OLP à Washington. Les Etats-Unis ne garderont pas le bureau ouvert tant que les Palestiniens refuseront de prendre des mesures pour entamer des négociations directes et significatives avec Israël.

4 commentaires:

Gérard AMSELLEM des Bastides a dit…

Enfin un peu de réalisme politique.
Il est certain que Mahmoud alias Abu Mazen n’entrera pas dans l’Histoire.
Seul un homme fort et pragmatique acceptera parce qu’il n’y aura pas d’autre alternative sans financements, or, l’Iran ne pourra pas suivre face à la toute puissance du royaume d’Arabie et de ses vassaux émiratis.

David a dit…

Les palestiniens doivent regretter amèrement d'avoir refusé les précédents plans de paix très généreux qui leurs avaient été proposés il y a quelques années. Rien ne peut se faire sans le USA. Abbas devrait le comprendre enfin.

Marianne ARNAUD a dit…

Ce que Trump veut, Dieu le veut ! Ou dit autrement : "La raison du plus fort est toujours la meilleure."

denis sabrié a dit…

Nous, les Juifs pauvres de France serions heureux de recevoir les 200 millions de dollars que les Américains donnaient aux Arabes de Gaza et d'ailleurs. Vous pourriez aider les familles spoliées par l'Etat Français, vu que le Président Micron et sa clique font trainer les choses par l'intermédiaire de la Commission d'indemnisation...70 ans après la collaboration de ce beau pays...