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mercredi 3 octobre 2018

De la démocratie en Amérique par Michèle MAZEL



DE LA DÉMOCRATIE EN AMÉRIQUE

La chronique de Michèle MAZEL




          On en fera un film, ou à tout le moins une série télévisée, ce n’est que question de temps. L’Amérique, et pas seulement elle, est fascinée par ce face à face entre un respectable Républicain et une non moins respectable Démocrate. Sexe, violence et alcool sur fond d’intérêts politiques. L’histoire de ce spécialiste du droit sans histoire, catholique pratiquant, marié et père de famille, qui sur le point d’atteindre le pinacle – la Cour Suprême des Etats-Unis – se voit confronté à une accusation inattendue.





Christine Blasey-Ford

Trente-six ans plus tôt, il se serait rendu coupable à l’encontre de la plaignante d’une agression sexuelle et plus précisément d’une tentative de viol, restée inachevée du fait de son état d’ébriété. Des faits que bien que couverts par la prescription le disqualifie à vie selon elle pour la position à laquelle il aspire.
L’événement aurait eu lieu au cours d’une soirée arrosée à de nombreux participants. Trente-six ans plus tôt le futur juge avait dix-sept ans. La plaignante en avait quinze. Elle n’a pas rapporté «l’agression» en temps réel à ses parents, craignant peut-être qu’ils soient furieux d’apprendre sa sortie clandestine ; elle n’a donc pas porté plainte et n’a rien dit à sa meilleure amie ou à toute autre personne.  Dit-elle vrai, se trompe-t-elle sur l’identité de son assaillant ? Quoi qu’il en soit, elle a gardé le silence jusqu’à cette année, sur cet épisode qu’elle assure être hautement traumatique. Si elle parle maintenant, dit-elle, c’est par esprit civique et pour qu’un individu qui se serait ainsi conduit n’accède pas à la magistrature suprême.   



Dans l’ambiance actuelle de zéro tolérance pour les agressions sexuelles, et du me-too omniprésent, l’accusatrice joue sur du velours. Personne ne se permettra de lui demander ce qu’elle faisait dans cette soirée et quelle a été sa conduite. Personne surtout n’osera dire tout haut que, quand bien même elle dirait la vérité, ou à tout le moins sa vérité, quand bien même un adolescent éméché se serait montré agressif sans pourtant arriver à ses fins, cela suffit-il pour réduire à néant une carrière par ailleurs exemplaire ?
D’ailleurs que risque-t-elle au fond ?  Soit elle sera celle qui a fait échouer la candidature d’un juge soutenu par le président Trump ; soit, si elle n’y réussit pas, elle restera auréolée de la gloire d’avoir affronter la machine républicaine. A vrai dire les dés sont pipés.  C’est en vain que le juge proclame son innocence. Comment pourrait-il se défendre ?  Elle dit se souvenir de l’agression dans les moindres détails - jusqu’à ce qu’elle portait cette nuit-là - mais est incapable de se rappeler de l’endroit et encore moins de la date.
Le juge a pourtant réussi à convaincre les Républicains, majoritaires à  la commission spéciale du Sénat, et obtenir leur confirmation. Ce qui ne veut pas dire qu’il est au bout de ses peines.  Il doit maintenant recevoir la confiance du Sénat.  Pour tenter d’amadouer les sénateurs démocrates, opposés à la nomination dès le début et bien avant les allégations de la plaignante, on a donné au FBI une semaine pour faire toute la lumière sur cette affaire vieille de 36 ans …

Summum jus, Summa injuria – comble de justice, comble d’injustice – une maxime latine qui n’a pas pris une ride.

3 commentaires:

Pascale CHATELUS a dit…

Vu son comportement durant l audition, Il fait peur..
A t il les reins assez solides pour prendre des décisions capitales ?
L Amérique est mal barrée..

Marianne ARNAUD a dit…

Où avez-vous pris que l'Amérique était encore une démocratie ?

https://www.les-crises.fr/la-ploutocracie-cest-maintenant-par-michael-brenner/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+les-crises-fr+%28Les-Crises.fr%29

MG a dit…

Curieusement, il n'y a que des démocrates qui se rappellent avoir été tripotées par des politiques républicains, président ou juge...
A croire que leurs neurones sont vraiment lents.
Et je me demande, en faisant travailler ma mémoire, si Mme Feinstein, la démocrate derrière cette histoire, ne m'aurait pas tripoté lorsque nous étions à l'université ensemble.