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mercredi 15 août 2018

Sagesse des Anciens par Michèle MAZEL



SAGESSE DES ANCIENS

La chronique de Michèle MAZEL




Monsieur Recep Tayyip Erdogan – c’est son nom – qui est le président de la Turquie, n’est pas content. Tout allait pourtant si bien ! Après son succès au référendum constitutionnel et son éclatante victoire aux élections, le rêve de sa vie était sur le point de se réaliser. Le califat islamique était à portée de la main, ce califat aboli il y a bientôt un siècle par Mustapha Kemal Atatürk, qui n’avait pas hésité non plus à remplacer l’alphabet arabe en usage depuis des siècles par l’alphabet latin.



Sous l’impulsion du nouveau maître de la Turquie, le califat allait connaître une glorieuse renaissance. Déjà celui que l’on appelle familièrement «le sultan» lorgnait sur les territoires perdus de l’empire ottoman dont il se posait en protecteur, sinon en patron du fait de ce qu’il qualifiait de ses droits historiques. Si ses efforts pour faire entrer son pays dans l’Union Européenne se heurtaient toujours à une vive opposition, il disposait d’un levier de poids.
Ne pouvait-il à sa guise stopper le flot de réfugiés cherchant à gagner les îles grecques ou les côtes de l’Italie, ou bien desserrer son étau ? Sa complaisance était monnayée au prix fort et faisait tomber des millions d’euros dans son escarcelle. Et ne voilà-t-il pas qu’un grain de sable est venu se glisser dans les rouages bien huilés du régime. Un grain de sable, que dis-je, une misérable poussière. D’où son incompréhension totale. Comment ? Les relations de la Turquie avec les Etats-Unis, alliés de longue date et partenaire au sein de l’OTAN, se dégradent brutalement, la monnaie nationale est en chute libre, la panique s’empare des marchés.
Andrew Browson

Et tout cela pourquoi ? Pour un individu sans importance, un simple pasteur, un chrétien ! Il fallait entendre le sultan s’en étrangler d’indignation dans son appel à la nation le 10 août. L’Amérique de Donald Trump avait en effet pris fait et cause pour Andrew Brunson, pasteur d’une petite communauté à Izmir, accusé d’invraisemblables crimes d’espionnage et emprisonné après le coup d’État manqué de 2016. On chuchotait tout bas dans l’entourage du prétendant au califat que son arrestation avait eu pour objectif de faire pression sur les Américains et les forcer à renvoyer en Turquie pour y être jugé un prédicateur influent, mais musulman, lui, Fethullah Gülen.
Fethullah Gülen

Bien qu’incapable de fournir les preuves qui auraient pu convaincre la justice américaine, Erdogan est persuadé que c’est Gülen le véritable instigateur du coup d’État et il ne cesse de réclamer son extradition. S’il voyait en Brunson une carte maîtresse pour aboutir à ses fins, il s’est lourdement trompé. Donald Trump ne se laisse pas faire si facilement. Et il a pris des sanctions qui font mal. Le leader turc qui voit son économie vaciller est aux abois. On a pu le constater dans son allocution quasi hystérique. Les Etats-Unis ont de l’argent, s’est-il exclamé, mais nous avons Allah avec nous. Il n’est pas sûr que son peuple y trouve un grand réconfort.
Autre signe de panique, Erdogan a adjuré les citoyens possédant des devises de courir les échanger contre la monnaie nationale pour en stabiliser, sinon faire remonter, les cours. Résultat ? Le public s’est précipité vers les guichets des banques pour acheter dollars ou euros avant que la livre turque ne tombe encore plus pas.  En attendant une improbable solution, le président aurait peut-être intérêt à méditer l’un des proverbes attribués au roi Salomon vénéré par l’islam qui y voit l’un de ses prophètes : «L’arrogance précède la ruine et l’orgueil précède la chute».

1 commentaire:

The Old Dreamer a dit…

Le travail des justes est fait par d'autres.
מלאכתם של צדיקים נעשית על ידי אחרים