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jeudi 2 août 2018

Réflexions iconoclastes sur une loi controversée par Michèle MAZEL



RÉFLEXIONS ICONOCLASTES SUR UNE LOI CONTROVERSÉE

La chronique de Michèle MAZEL



Israël, État nation du peuple juif ? Avec sa langue, son hymne et son drapeau ?  Le gouvernement a beau dire que cette loi ne remet pas en cause les droits des minorités, la Toile et les media s’embrasent. Etat du peuple Juif ? Qu’en est-il des Druzes ? Des Bédouins ? Des Arabes en général ? Et pourquoi pas des Chrétiens ? N’oublions pas non plus les Bahaïs, dont le siège international est à Haïfa et les fidèles de l’Hindouisme et du Bouddhisme, dont le nombre s’est accru dernièrement.



Députés arabes en réunion à  la Knesset

«Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier» disait Victor Hugo mais ce n’est pas d’Israël qu’il parlait.  Un historien objectif ferait sans doute remarquer que lorsque l’une ou l’autre des communautés ci-dessus mentionnées gouvernait cette terre disputée – Chrétiens de Byzance ou Croisés, empires islamiques successifs, empire ottoman ou même gouvernement de sa gracieuse majesté protestante, elle ne se souciait guère des droits des Juifs, de leur liberté de culte et leur interdisait le plus souvent l’accès à leurs lieux saints.  
Dans les vastes territoires administrés par des régimes musulmans, les Juifs et les Chrétiens, peuples du livre, devaient se contenter du statut de dhimmi qui en faisait tout à fait officiellement des sujets de seconde zone, victimes de toutes sortes d’exactions ; quant aux fidèles d’autres religions, ils devaient se convertir ou être mis à mort. Autres temps, autres mœurs reprennent en cœur les tenants du pluralisme et du multiculturalisme.  Les droits des uns et des autres doivent être reconnus et définis.
Définis, bien, mais comment au juste ? Evidemment il existe déjà un exemple. Celui d’un État qui a fait le choix de répartir fonctions et responsabilités entre les diverses communautés et d’enraciner ce choix. Il s’agit du pays du Cèdre. Selon cet outil indispensable, quoique pas toujours fiable qu’est Wikipédia : «Du fait de sa composition pluriconfessionnelle, le Liban est doté d'un système politique fondé sur une répartition du pouvoir proportionnelle au poids de chaque communauté religieuse, c'est le confessionnalisme».
Musulmans chinois

  C’est le fameux «Pacte National» hélas très sérieusement battu en brèche ces derniers temps.  Aujourd’hui plus personne ne recommande de s’inspirer de ce modèle. Qu’en est-il des droits des minorités dans le reste du monde ? Tirons un voile pudique sur le sort des Rohingyas de Birmanie ; de la «petite minorité musulmane» de Chine qui ne compte que quelques dizaines de millions d’individus ou encore sur celui des trois ou quatre millions de Tibétains. Quant aux pays de l’islam, ils ont tous chassé leurs Juifs et les Chrétiens sont toujours soumis à des mesures discriminatoires.  On n’a pas entendu les dix millions de Coptes réclamer que leur antique langue soit reconnue comme langue officielle aux côtés de l’arabe.
Seulement les Juifs, peuple élu et à ce titre soumis à deux mille ans de persécutions culminant en un holocauste que le monde a laissé se perpétrer, quitte à le condamner après la défaite allemande, sont tenus à un autre standard. Qu’importe leur long combat pour l’indépendance dans un pays redevenu le leur. Qu’importe leurs deux mille ans d’exil et ce «l’an prochain à Jérusalem» faisant écho aux exilés de Babylone répétant inlassablement «Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma main droite se dessèche, que ma langue s’attache à mon palais si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie !»

Le gouvernement, on l’a dit, affirme que rien ne sera changé des droits des minorités et il faudra évidemment veiller à ce que cet engagement soit respecté.  Au fond, que disait Clermont Tonnerre en 1789, lorsqu’on discutait pour la première fois du statut des Juifs ? «Tout leur accorder en tant qu’individus, rien en tant que nation».



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