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samedi 18 août 2018

Manœuvres pour la nomination du chef de Tsahal



MANŒUVRES POUR LA NOMINATION DU CHEF DE TSAHAL

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps

            

          Le scénario se répète tous les trois ou quatre ans pour la nomination du nouveau chef d’État-Major dont le mandat n’excède pas quatre ans. Mais d’ordinaire le choix se faisait dans le secret des couloirs de l’HaKirya, à la rigueur autour de la table feutrée du Cabinet de sécurité. Or cette fois, la rue a eu son mot à dire dans une nomination essentiellement technique, qui n’a rien de politique. Un groupe de parents endeuillés de soldats de Tsahal tombés au combat veut s’interposer sur le choix du prétendant et interdire en particulier la nomination du général de division, Yaïr Golan.  Quatre généraux figurent sur la liste finale, Eyal Zamir, Yaïr Golan, Aviv Kohavi, et Nitzan Alon.




Yaïr Golan, né en 1962, qui parle parfaitement l’anglais, est titulaire d’un doctorat de l’université de Harvard. En 1997, il avait été blessé mais avait continué à commander une fusillade contre des combattants du Hezbollah. Officier très estimé au sein de l’armée, il a occupé de nombreux postes à responsabilité pendant ses 37 ans de carrière. Il avait rejoint la brigade des parachutistes en 1980, en tant que combattant puis officier de l’unité. Dans les années 1990, il avait suivi les cours de l’école des officiers pour ensuite diriger un bataillon, avant de remplir différentes fonctions dans l’armée, notamment à la tête de la brigade Nahal, de la division de Cisjordanie à la fin de la seconde Intifada, à la direction de la Défense passive puis du Commandement du Nord, avant d’être nommé chef d’État-major adjoint en décembre 2014.



Eyal Zamir, né en 1966, avait commandé la 7ème brigade blindée d’août 2003 à septembre 2005. Il avait servi comme secrétaire militaire du Premier ministre du 26 novembre 2012 à 2015, puis a occupé le poste de chef du Commandement de la région sud, du 14 octobre 2015 au 6 juin 2018. Il est en instance d’affectation d’un nouveau poste.



Aviv Kohavi, né en 1964, a été enrôlé dans l'armée israélienne en 1982, comme volontaire dans la brigade des parachutistes. En 1985, il est devenu officier d’infanterie après avoir terminé l’école des officiers. Au cours de sa carrière, Kohavi a dirigé la compagnie antichar de la brigade et plus tard le 101ème bataillon de parachutistes «Peten» dans des opérations de contre-guérilla au Sud-Liban. Par la suite, il a commandé une brigade régionale au sud du Liban et une brigade de parachutistes de réserve. Il a dirigé la 35ème brigade de parachutistes pendant la Deuxième Intifada. Par la suite, il commanda la 98ème division des parachutistes et la division de Gaza pendant le désengagement. Plus tard, il a été chef de la division des opérations et chef de la direction du renseignement militaire, de novembre 2010 à septembre 2014. En novembre 2014, il a été nommé commandant de la région nord. Le 11 mai 2017, le général Aviv Kohavi a pris ses fonctions de chef d'Etat-major adjoint de Tsahal.



Nitzan Alon est né en 1964. Entre 1984 et 1998, il a été affecté au sein de l’unité d'élite Sayeret Maatkal, dépendant directement du chef d’État-major, pour en devenir son commandant en 1998. Il a reçu plusieurs citations pour missions secrètes. En 2003, il a été nommé commandant de la 551ème brigade et en 2005, commandant de la brigade régionale Etzyon au sein du commandement de la région du centre. En 2007, il a été nommé chef de la division des opérations de renseignement de la défense israélienne. De 2009 à octobre 2011, il a occupé le poste de commandant de la division Judée-Samarie. En 2012, il est devenu chef du commandement de la région du centre ce qui lui a valu des critiques de la part des organisations de droite et des habitants des implantations de Cisjordanie, qui ont été jusqu’à attaquer sa jeep militaire à la jonction de Tapuah.  En 2015, il prit la direction des opérations militaires de l’État-Major qu’il quitta en 2018 pour devenir le premier directeur d’un projet spécial de Tsahal visant à coordonner toutes les questions liées à la bataille contre l’Iran.
Malgré la qualité intrinsèque de chaque candidat il semble que la course ne soit pas aussi ouverte. Les parents endeuillés s'opposent à la candidature de Golan parce que, à l’occasion de la journée de la Shoah de 2016, il avait comparé des tendances de la société israélienne à celles de l'Allemagne des années 1930 : «si quelque chose me fait peur dans le souvenir de la Shoah, c’est d’identifier des processus atroces qui ont eu lieu en Europe il y a 70, 80, 90 ans et se rendre compte qu’ils existent toujours de nos jours, en 2016». Sa critique visait le soutien de la société israélienne aux extrémistes juifs. Il a défendu sa position en expliquant «qu’Israël, en tant que lumière des nations, a la responsabilité de maintenir une supériorité morale». Ses chances sont devenues minces.
Malgré ses états de service, l'ancien commandant de Sayeret Maatkal, Nitzan Alon, ne semble pas un candidat de premier plan en raison de son attitude réservée et de son physique juvénile. En conséquence, le général Aviv Kohavi semble être le mieux placé car il a occupé tous les plus hauts postes de l’armée :  commandant de la brigade de parachutistes, commandant de la Division du secteur de Gaza, chef de la direction du renseignement militaire, commandant de la région nord, chef d'Etat-major adjoint de Tsahal.
Etat-major au complet

Mais comme toujours dans les courses, un cheval d’un tiercé millionnaire, peut surgir au moment où on l’attendait le moins pour coiffer sur le poteau tous les favoris. Eyal Zamir, officier du corps des blindés, au parcours moins illustre, peut être nommé pour des raisons politiques. Il est très proche de Lieberman et de Netanyahou dont il a été son secrétaire militaire.
Mais se profilent de nouvelles élections anticipées au début de 2019 qui pourraient pousser le gouvernement à en attendre les résultats avant de nommer le nouveau chef de Tsahal. Gadi Eizenkot, contre sa volonté, sera contraint d’accepter la prolongation de mon mandat de quelques mois jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement. Sa mission se termine normalement le 1er janvier 2019. Toutes les cartes seront alors rebattues. 
Mais si les difficultés persistaient, le gouvernement pourrait se tourner vers des généraux qui viennent de prendre la retraite du service actif. Ce fut le cas de Gabi Ashkenazi qui fut l’adjoint du chef d’État-major de 2002 à 2005 et qui n’avait pas été choisi pour remplacer le général Moshe Yaalon. On lui avait préféré le commandant de l’armée de l’air, Dan Haloutz, ce qui avait poussé Ashkenazi à prendre sa retraite de l’armée. Après les ratés de la guerre du Liban de 2006, il avait été rappelé pour devenir le chef de Tsahal le 14 février 2007.
A gauche la Mégère apprivoisée, à droite Crimes et châtiments
- Tu ne penses pas que tu fais erreur sur le livre à lire 

Ces gesticulations au grand jour pour le poste de chef de Tsahal font mauvais effet au moment où l’armée doit montrer sa cohésion. Il s'agit de nommer le responsable de la sécurité du pays, le chef qui organisera l'armée pendant les prochaines années, le conseiller militaire du gouvernement et surtout l'homme qui décidera ou non de la guerre sous les ordres du pouvoir civil. Ces bisbilles entre le gouvernement et des groupes de pression politiques, au grand jour, tandis que des civils interfèrent dans le processus de désignation,  plombent la dissuasion militaire d’Israël.

1 commentaire:

Pascale CHATELUS a dit…

Nitsan Alon c est une bombe..
Quels états de service !! Quant à Golan.. un grand..