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samedi 28 juillet 2018

Nouvel incident diplomatique entre la Jordanie et Israël par Michèle MAZEL



NOUVEL INCIDENT DIPLOMATIQUE ENTRE LA JORDANIE ET ISRAËL

La chronique de Michèle MAZEL


Pipeline Mer Rouge - Mer Morte

Les relations entre l’État juif et son voisin, le royaume hachémite, étaient depuis peu redevenues normales, après de longs mois de tensions qui avaient entravé la mise en route de travaux communs d’infrastructure dans le domaine de l’approvisionnement en eau et en électricité pourtant vitaux, tant pour l’économie de la Jordanie que pour celle de l’Autorité palestinienne. Il s’agit notamment d’un projet pharaonique : la construction d’un gigantesque pipeline long de 180 kilomètres qui reliera la Mer Rouge à la Mer Morte ainsi que d’une usine de désalinisation de l’eau de mer.



9av

Un nouvel incident va-t-il remettre en question cette entreprise vitale ?  C’est arrivé le neuvième jour du mois de Av. Pour qui l’ignorerait – et il y en a sans doute plus d’un – le neuvième jour du mois de Av, cinquième mois du calendrier hébraïque, marque deux événements dramatiques dans l’histoire du peuple juif. Le premier a été la destruction par Nabuchodonosor du Temple construit par le roi Salomon sur le mont Moriah, la montagne ou l’esplanade du Temple pour les Juifs. C’était en 586 avant notre ère, soit 586 ans avant la date de la naissance de Jésus et 1.200 avant l’apparition de l’islam.
Le second, la destruction du second temple par les Romains en l’an 70. (Le Christianisme vient de naître mais cinq cents ans vont encore s’écouler avant la naissance du prophète Mahomet). On peut donc comprendre l’importance de cette date qui est d’ailleurs jour de deuil officiel en Israël. Si ce rappel historique est nécessaire, c’est que l’islam, c’est bien connu, est une religion aussi pacifique que généreuse et que le Coran a intégré une grande partie de l’ancien et du nouveau testament qu’il a fait sienne.
Mont du Temple

C’est sur le site de ces deux temples qu’a été édifié le Dôme du Rocher et à l’extrémité de l’esplanade se dresse la mosquée Al Aqsa.  Une brochure publiée en 1935 par le Conseil Suprême Musulman et imprimée à Jérusalem le reconnaît : «Ce site est l’un des plus anciens du monde. Sa sainteté date des temps les plus reculés (peut-être même de la préhistoire.) Son identité avec le site du Temple de Salomon ne fait pas de doute». [1]
Ce qui n’empêche pas les Musulmans de déclarer aujourd’hui sans rire et avec le soutien tacite de l’UNESCO que l’un et l’autre temple n’ont jamais existé et que ce qu’ils appellent le Saint Sanctuaire ou l’esplanade des mosquées n’a absolument rien à voir avec l’histoire juive, le judaïsme ou les Juifs.  D’ailleurs, pendant les longs siècles de domination islamique à Jérusalem, l’accès du lieu était interdit aux Juifs. Dans un souci d’apaisement, Israël, qui contrôle l’endroit depuis 1967, en a laissé le libre accès aux Musulmans. Les Juifs ont le droit de s’y rendre mais il leur est interdit d’y prier.  Une politique qui est loin de faire l’unanimité.
Visiteurs juifs du Mont du Temple

Ce qui nous amène à l’incident diplomatique. La semaine dernière, c’est près de mille cinq cents juifs qui sont allés se recueillir sur l’esplanade en ce jour solennel. Le soir même le gouvernement jordanien a condamné avec la plus grande fermeté «les incursions d’extrémistes et de colons intervenus ce jour dans la cour du lieu saint», les qualifiant de «prise d’assaut» et précisant : «la visite des Juifs   est une violation de la sainteté de ce lieu saint et provoque les sentiments des fidèles et des Musulmans du monde entier».  

Plus grave encore pour les Jordaniens, certains de ces Juifs auraient eu l’audace de prier ! L’Autorité palestinienne, pour laquelle «les Juifs souillent de leurs pieds la sainte esplanade» comme l’a si bien dit le président Mahmoud Abbas, a fait chorus. Les Musulmans, c’est bien connu, ont une notion de liberté religieuse à géométrie variable. On notera encore que les Chrétiens, pour lesquels le temple a bel et bien existé comme en témoignent les Évangiles, se taisent. Gageons tout de même que «l’incident diplomatique» sera bientôt clos...



[1]   Dans l’anglais original , page 3 « The site is one of the oldest in the world. Its sanctity dates from the earliest (perhaps from prehistoric) times. Its identity with the site of Solomon’s Temple is beyond dispute

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Je partage votre amertume, Madame.
En France aussi, il en est qui osent exprimer leur désespoir !

https://brunolafourcade.wordpress.com/2018/07/17/vous-avez-gagne/

Très cordialement vôtre.