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dimanche 29 juillet 2018

De l'affaire Benalla à une affaire d'Etat par Marianne ARNAUD



DE L'AFFAIRE BENALLA À UNE AFFAIRE D' ÉTAT

Par Marianne ARNAUD



Depuis le 18 juillet où l'affaire Benalla a éclaté au grand jour, j'essaie de raison garder. Mais maintenant que la presse étrangère s'est emparée de cette «tempête dans un verre d'eau» ainsi que la définit le président Macron, il me devient plus difficile de me taire. 


Maxime Tandonnet

Voici donc comment j'avais essayé de résumer l'affaire pour Maxime Tandonnet, haut-fonctionnaire et ancien conseiller du Président Sarkozy :
« ...Ces événements quels sont-ils ? Le 2 mai, une vidéo montrant des actes «inqualifiables» perpétrés sur la voie publique, était mise en ligne, sans qu’on puisse savoir par qui, et qui est le coupable de ces actes. Ce n’est que deux mois et demi plus tard, que le journal Le Monde révèle qu’il s’agit de Alexandre Benalla, garde du corps du Président Macron. Et ce qui aurait dû n’être que «la petite histoire d’un garde du corps ayant disjoncté» devient une affaire d’Etat qui mobilise tous les corps républicains pour auditionner les plus hautes personnalités de la «Présidence de la République». A chaque audition, et encore ce matin avec celle du secrétaire général de l’Elysée, loin de se dissiper, le scandale s’installe plus profondément...»
Il va sans dire que pour moi et pour tous ceux qui sont familiers de la Vème République, de ses pompes et de ses œuvres, cette affaire aurait dû rester une non-affaire. Mais déjà, et plus vite qu'il n'en a fallu pour le dire, les Commissions à l'Assemblée Nationale et au Sénat ont organisé des auditions de personnages tels que le ministre de l'Intérieur, ainsi que des plus hauts responsables de «la présidence». 
D'autre part, des mises en examen ont été prononcées à l'encontre d'Alexandre Benalla mais aussi de trois hauts-gradés de la police ou de la gendarmerie dont on a bien compris qu'on aimerait bien qu'ils puissent porter le chapeau. Pour ce qui est des auditions parlementaires que j'ai essayé de suivre du mieux que j'ai pu, je préfère laisser la parole à «Pangloss encore lui» dont je ne suis pas loin de partager la vision :
« ...Et ça se poursuit par des commissions d’enquête où on ne convoque pas ceux qu’on voudrait entendre, où on entend ceux qui ne sont pas au courant, ceux qui se défaussent sur d’autres qui les contredisent, ceux qui « causent bien » mais pour ne rien dire,  ceux qui ignorent tout de tout, ceux qui donnent des réponses tellement précises qu’on ne se souvient plus de la question (comme l’avait déjà remarqué Coluche) et ceux qui se font une telle joie de répondre à certaines questions qu’on se demande quelle question on a oublié de leur poser... »


Et maintenant, où en sommes-nous ?
Le président Macron qui, dans un premier temps, s'était enfermé dans un silence obstiné, est apparu à une réunion de ses affidés – qualifiée de pince-fesses par Marine Le Pen – et a multiplié les bravades en déclarant : «Celui qui a fait confiance à Alexandre Benalla, c’est moi, le président de la République. Celui qui a été au courant et a validé l’ordre, la sanction de mes subordonnées, c’est moi et personne d’autre […] On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile» et il a conclu sous les applaudissements des ministres et députés LREM qui certainement n'en attendaient pas tant : «S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher». Dès le lendemain les bureaux de l'Élysée étaient perquisitionnés.
Une question, cependant continue de me tarauder : pourquoi la vidéo montrant des «exactions» somme toute mineures, pour qui connaît l'histoire de la Vème République, qui circulait sur le Web depuis le 2 mai, n'a été exploitée par le journal Le Monde que le 18 juillet ? Les supputations vont bon train ! Pour les uns il s'agirait d'un règlement de comptes entre les services de police et de gendarmerie officiels contre les services occultes de «la Présidence». Pour d'autres, on serait face à une opération de déstabilisation de grande envergure du président Macron dont la politique ne satisferait plus les oligarques de la finance et de la presse qui sont à l'origine de son élection. 

Aux dernières nouvelles, la Commission d'enquête de l'Assemblée Nationale a «volé en éclats» ! Les oppositions LR, PS, FI et RN ont claqué la porte et préparent des motions de censure contre le gouvernement. Les travaux concernant les lois de modification de la Constitution, qui prétendaient diminuer les pouvoirs des Assemblées et augmenter ceux du Président ont été remis sine die. Comme on le voit l'affaire Benalla qui est devenue une «Affaire d'État» pourrait n'en être encore qu'à ses prémices.

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